BANANA JOE

Italie, Allemagne – 1982
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Aventure, Comédie
Réalisateur : Steno
Acteurs : Bud Spencer, Marina Langner, Gianfranco Barra, Mario Scarpetta, Enzo Garinei…
Musique : Guido De Angelis, Maurizio De Angelis
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 96 minutes
Editeur : BQHL Éditions
Date de sortie : 7 janvier 2026
LE PITCH
En Amérique du Sud, Banana Joe vend des bananes pour gagner sa vie. Un beau jour, un industriel vient s’installer, menaçant la quiétude du petit village. Banana Joe n’a pas l’intention de le laisser faire !
Fort de fruits !
Quelque-part entre Salut l’ami, adieu le trésor ! et Les Super Flics de Miami, Bud Spencer délaisse son poto Terrence Hill et poursuit sa tout aussi fructueuse carrière solo. Pour un divertissement enfantin, mais peut-être un peu plus personnel que d’habitude, qui répond au nom de Banana Joe. Et des bananes, on va en bouffer…
A force de célébrer le duo stars du box-office européen de ce tournant des années 80, on oublie trop facilement que Bud Spencer connaissait presque autant de succès avec son seul nom accolé à l’affiche. L’Embrouille, Inspecteur Bulldozer, Le Shérif et les extraterrestres ou Pied-plat sur le Nil faisaient le bonheur des familles et bien souvent des petits garçons fascinés par cet imposant bonhomme tout en muscle et en gros ventre redressant les torts avec une âme d’enfant. C’est d’ailleurs Bud Spencer lui-même qui a eu l’idée de Banana Joe, dont il co-signe le scénario sous son vrai nom Carlo Pedersoli, autant afin d’assoir son personnage de grand gaillard naïf et ami des gosses que pour évoquer ses inquiétudes face aux dégâts provoqués par le capitalisme féroce. Si si ! Si la chanson (qui reste en tête des semaines durant et c’est l’horreur) et les dialogues viennent sans cesse célébrer les pouvoir nutritifs de la banane, le film décrit surtout un petit paradis isolé d’Amérique du Sud se faisant envahir par des industriels occidentaux qui ont bien l’intention d’en piller les ressources naturelles et de le transformer au passage en pôle touristique avec casino luxueux en prime.
Un régime un peu lourd
Brave type élevé avec les autochtones locaux et qui ne connait surtout rien au monde moderne, Banana Joe doit alors se lancer dans une véritable odyssée à la grande ville, et en particulier son ubuesque administration (on pense parfois à la façon maison des fous des 12 Travaux d’Astérix) pour protéger les siens. Un soupçon de profondeur inhabituel mais qui, il faut bien l’avouer, sera souvent oublié derrière la farce et une construction chapitrée comme un film à sketchs avec une longue et plutôt efficace course de camion, la découverte de la cité et de la modernité (Joe ne connait pas la télé par exemple), son job de videur dans un cabaret, son passage tonitruant dans l’armée et même en prison. Le scénario saupoudre le tout d’une vague romance avec un chanteuse un peu fadasse, multiplie les altercations avec un méchant de dessins animé qui se jette continuellement par la fenêtre par peur de s’en prendre une par notre héros, et de quelques interventions amusantes du margoulin Mario Scarpetta, mais il faut bien avouer que le spectacle, mignonnet, manque clairement de rythme… et de grosses castagnes. Grand spécialiste de la comédie ritale, mais aussi réalisateur de l’excellent et pas drôle du tout Société anonyme anti-crime, Steno fut un collaborateur régulier de Bud Spencer avec qui il signa d’ailleurs ses derniers travaux pour la série Le Professeur. Comme touché par la torpeur des pays tropicaux, il laisse bien souvent ici les séquences s’écouler toutes seules, les dialogues et les situations s’étirer mollement, sans leur imposer de tempo et de rigueur.
Un peu dommage, la balade n’est pas désagréable mais ne passionne jamais vraiment et de nombreux gags tombent alors lourdement au sol. Reste la nostalgie, pour beaucoup, d’avoir découvert ce petit film bambins en salles ou dans le canapé à coté d’un papa bon client.
Image
BQHL continue de dégotter les plus belles copies possibles pour sa « collection » de comédies Hill / Spencer avec ce Banana Joe qui rejoint pour le coup les plus chanceux avec une sortie UHD. Une restauration de très haute tenue, remasterisation manifestement effectuée à partir d’un scan 4K de la source pellicule. Tout y est excessivement propre, impeccablement dessiné, creusé et précis. On ne pourra regretter, comme beaucoup de restauration italienne de ce type, une main un peu lourde sur les teintes jaunes dans la colorimétrie.
Son
Pas de version italienne à l’horizon. Comme tous les films des deux gugusses, Banana Joe a opté pour en version originale d’une post-synchronisation anglaise plus internationale. Celle-ci n’est quand même pas bien folichonne avec son interprétation plate et ses doubleurs désincarnés. Le doublage français, même si excessif et pas toujours bien mixé, se montre nettement plus sympathique et enjoué.
Interactivité
Jean-François Giré répond toujours présent. Il défend encore et toujours le cinéma populaire italien de cette époque, ne cache pas son attachement à la figure de Bud Spencer, devant la caméra mais aussi dans la vraie vie, et s’amuse de ses multiples facéties dans le film. Quelques détours par la filmographie du réalisateur, un petit retour sur la place de Banana Joe au milieu du défilé de productions estampillées Terrence Hill & Bud Spencer, et le tour est joué.
Liste des bonus
Entretien avec le réalisateur Jean-François Giré (33’).





