SHELBY OAKS

Etats-Unis, Belgique – 2024
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Chris Stuckmann
Acteurs : Camille Sullivan, Sarah Durn, Brendan Sexton III, C.L. Simpson, Sloane Burkett…
Musique : James Burkholder, The Newton Brothers
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 99 minutes
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 10 avril 2026
LE PITCH
Obsédée par la disparition de sa sœur, une femme s’engage dans une quête désespérée qui la conduit au cœur d’un mystère terrifiant, orchestré par un mal insaisissable.
La malédiction des youtubeurs
Les petits films d’horreur tendances se chassent les uns après les autres. Précédé d’une petite réputation grâce à la belle campagne Kickstarter puis la présentation de l’objet dans divers festivals, Shelby Oaks a même été adoubé par le soutien inattendu de Mike Flanagan (Dr Sleep, The Haunting of Hill House) qui a permis quelques reshoots dans la foulé. Alors nouveau petit bijou du genre, simple bon moment à passer ou petit film malin survendu ?
Véritable fan-boy de la première heure, critique vidéo passionné de cinéma de genre et réalisateur amateur depuis sa prime jeunesse, Chris Stuckmann s’est effectivement montré plutôt malin dans la mise en place de son projet de financement en tournant et en diffusant de longs mois avant le début de la campagne officielles ses vidéos Paranormal Paranoids sur le net. On y voit à chaque fois quelques jeunes gens se lancer dans l’exploration de lieux abandonnés dit hantés, suivant les longs remplissages d’espace et les rares apparitions avec une camera tremblotante et mal réglée jusqu’à l’ultime épisode tourné en mode found footage et s’achevant sur la disparition de l’équipe. Qu’est-il arrivé à ces personnes et en particulier à la jeune Riley dont le corps n’a jamais été retrouvé ? C’est tout l’enjeu du long métrage qui justement reprend cette grammaire en proposant un documentaire sur l’enquête de sa sœur, Mia, construit à grand renfort de montages d’archives, d’images télévisées et d’interviews de proches. On se croirait dans un nouvel épisode de Grave Encounters jusqu’à qu’au bout d’un petit quart d’heure et une apparition choc, le film ne bifurque totalement et entre de plein pied dans la pure fiction. Une fracture intelligemment amenée et une proposition plutôt alléchante qui malheureusement va rester la meilleure idée du film.
Sacrements
La suite en effet va essentiellement se contenter de marier film enquête un peu laborieux, nouvelles explorations de décors vides et hantés, tout entier dirigés vers un grand final en mode survival et compilation de folk horror. Le réalisateur connait ses classiques et ça se voit, mais n’arrive jamais vraiment à dépasser l’effet de citation ou à distiller un peu de poison dans son petit film d’horreur finalement assez sage. On ne sait d’ailleurs pas à quoi ressemblait Shelby Oaks avant que le distributeur / producteur Neon (Longlegs, Immaculée) et Mike Flanagan (crédité ici comme producteur exécutif) ne s’y intéressent et permettent de gonfler encore le budget du film. L’occasion de repartir en tournage pour ajouter quelques scènes du scénario qui avait été abandonné, ajouter quelques effets spéciaux plus sanglants et surtout revoir le final en mode plus spectaculaire. Des ajouts et des remontages qui sont parfois très visibles à l’écran et surtout une orientation bien plus démonstrative qui joue contre l’ambiance et le principe même du récit, plus porté initialement par son atmosphère, ses mystères et justement de faibles moyens qui poussaient à la suggestion. Les apparitions à répétition d’une silhouette plus ou moins dessinée d’une sorte de démon massif semblent tout droit sortis d’une énième production Blumhouse et le traitement de la sorcellerie post-Blair Witch Project façon Harry Potter, n’aide pas vraiment à la crédibilité de l’ensemble. Il y avait pourtant quelques choses de bien ambivalent à explorer ici dans cette relation pervertie entre les deux sœurs, dans cette variation sordide de Rosemary’s Baby, mais l’ensemble n’arrive jamais à retomber vraiment sur ses pieds.
En l’état Shelby Oaks se visionne comme trop de films d’horreur actuels et passé la surprise initiale manque finalement de cette personnalité que ses origines auraient du lui garantir. Dommage.
Image
Le film a connu quelques bouleversements dans sa production et ça se voit. Les scènes de found footage avec leurs effets numériques dropés et leur bruit numérique constant sont forcément à part mais les scènes « classiques » alternent elles aussi des cadres ultra précis et pointus (source 4K boostée) avec des passages nettement plus compliqués où la source affiche une résolution plus basse et quelques effets de paquets dans les noirs, des contours légèrement brillants ou une patine lissée à cause de l’apparition de quelques effets spéciaux numériques (très visibles). Film fragile mais l’éditeur fait au mieux.
Son
Les pistes DTS HD Master Audio 5.1 n’atteindront forcément jamais la démesure d’une grosse franchise blindée de moyens, mais il faut leur reconnaitre quelques tentatives plutôt efficaces lors d’explorations de lieux interdits aux sonorités enveloppantes ou des apparitions aux effets plus musclés. On reste cependant surtout attachés aux dialogues et à une restitution volontairement frontale.
Interactivité
Shelby Oaks profite d’une édition plutôt généreuse et intéressante, à commencer par son long making of chapitré qui passe du projet kickstarter initial au tournage principal, la construction particulière du script, les difficultés d’une production à tout petit budget et le stress de la deadline. Pas d’évocation ici des changements opérés suite à l’arrivée de Neon et des reshoots. La suite vient légèrement étendre la portée du film. Après une brève vision de la version complète de la fausse VHS des souvenirs d’enfance, on peut plonger dans les cinq épisodes de Paranormal Paranoids en version intégrale. Des faux plutôt bien foutus (donc trop long, pas très bien filmés et aux effets très appuyés) qui firent leur petit effet lors de leurs premières diffusions sur les réseaux sociaux.
Liste des bonus
Commentaire audio de Chris Stuckmann, Making of (26’), 4 épisodes de « Paranormal Paranoids » (40’), Vidéo complète de la disparition de Riley (13’), VHS souvenir (4’).






