RUNNING MAN

The Running Mann – Etats-Unis– 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Action, Science-Fiction
Réalisateur : Edgar Wright
Acteurs : Glen Powell, Josh Brolin, Michael Cera, Emilia Jones, Lee Pace, William H. Macy…
Musique : Steven Price
Durée : 133 minutes
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais et Français, Dolby Digital 5.1 Espagnol, Japonais, Québécois
Sous-titres : Français, Anglais, Cantonais, Danois, Espagnol…
Editeur : Paramount Pictures France
Date de sortie : 25 mars 2026
LE PITCH
Dans un futur proche, The Running Man est l’émission numéro un à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l’œil avide d’un public captivé.
Cours toujours
Stephen King n’en a pas fini d’inonder nos écrans. Cinquante ans que l’auteur s’impose sur le devant de la scène : une longévité exceptionnelle pour un écrivain reconnu de son vivant. Mais après l’adaptation de Marche ou crève, l’année 2025 met à l’honneur sa Némésis : Richard Bachman.
Son pseudo lui permet de fuir la pression de la célébrité et de contourner les standards de publication de l’époque, qui n’autorisent la publication que d’un seul roman par auteur et par année. Si le livre ne sort qu’en 1982, Stephen King en écrit la première version en une petite semaine dès le début des années soixante-dix. Visionnaire sur l’état du monde, et plus particulièrement sur la suprématie des médias, il peut être considéré comme précurseur de nombreux romans et films dystopiques sortis depuis. Et oui, les jeunots, Hunger Games n’a rien inventé, bien au contraire.
Dans ce monde où la télé-réalité hypnotise les foules, Ben Richards doit tenir face à un mois de traque mortelle pour empocher le pactole qui permettra à sa famille de survivre. Pas moyen de se cacher, seule la fuite est possible si l’on ne veut pas se faire trahir ni dénoncer par ses concitoyens. Les jeux du cirque version Fox News. À l’instar du célèbre roman 1984 de George Orwell, rédigé en 1949, la dénonciation du pouvoir tout-puissant et les restrictions des libertés restent des préoccupations anxiogènes qui traversent les époques.
Le spectacle au discours
Edgar Wright, enfant des années 80, a eu le temps de digérer le cinéma de sa génération pour nous en offrir, à plusieurs reprises, sa relecture personnelle (Shaun of the Dead pour les zombies, Hot Fuzz pour le buddy movie, Baby Driver pour les braquages…). Adoubé par Stephen King lui-même ici producteur, il fait table rase de la version de 1987 avec Arnold Schwarzenegger pour jurer plus de fidélité à l’œuvre originale. L’athlétique Glen Powell prend la place de la star autrichienne pour le rôle-titre (qui a droit à son caméo sur des billets de banque). Le choix fonctionne parfaitement : il a cette gueule carrée et le physique qui s’intègrent idéalement à la reconstitution 90’s proposée par le réalisateur. Si l’histoire se déroule dans un monde futuriste, Wright conserve certains codes propres à cette décennie riche en punchlines de cour de récré. Il donne à son image une texture organique et des séquences aux allures de studio. Son cadrage privilégie les plans serrés sur les visages et les grands angles. Il insuffle à son Running Man un sentiment d’urgence, rendant ses personnages étriqués dans l’espace, étouffés par le monde qui les entoure, figés dans un univers qui tourne en rond.
Mais l’auteur de Last Night in Soho en reste là : s’il y a dénonciation, elle demeure pour le moins maladroite et facile. Étant donnés les énormes enjeux financiers du film et ses 110 millions de budget (hors promotion), Edgar Wright a sans doute eu les mains liées pour aller au bout de ses intentions. Sur le même sujet, il faut se tourner vers l’engagé Yves Boisset qui dégoupillait la grenade avec Le Prix du danger en 1983 (longtemps en procès avec Stephen King pour plagiat). Ici, Wright privilégie le spectacle au pamphlet. Le film va vite et joue l’efficacité à plein régime, en s’entourant de seconds couteaux savoureux : William H. Macy, Josh Brolin et Michael Cera, qui retrouve son réalisateur de Scott Pilgrim.
Running Man n’est donc pas la bombe espérée. Si le côté politique reste en toile de fond, il s’agit avant tout d’un blockbuster fait avec passion, une déclaration d’amour aux films d’action qui ont vu émerger les Sly et autres Schwarzy. Espérons la même carrière à Glen Powell.
Image
Si l’on est dans l’ère numérique, Edgar Wright et son équipe ont tenu à proposer un rendu pellicule. Ajouté numériquement, il s’intègre parfaitement à l’imagerie du film. Celle-ci utilise de nombreuses options visuelles : entre le monde « réel » où évolue le personnage, les captures de caméra ou les séquences télévisuelles, chacune possède sa propre identité. La luminosité des néons est parfaitement gérée dans l’ambiance générale, donnant au film un fourmillement de nuances visuelles d’une grande stabilité.
Son
Le film déploie une immersion sonore constante. L’action est aussi présente à l’image que sur la bande-son : impacts de balles, bris de verre, mais pas seulement. L’ambiance urbaine est omniprésente — foule, drones et autres éléments technologiques remplissent l’espace sonore en permanence.
Interactivité
L’édition en présence annonce un sacré défilé de bonus en tous genres. Il s’agit pour beaucoup de versions longues des programmes télévisés entraperçus durant le film, ainsi que de divers détours par les coulisses (cascades, décors…). Tout est résumé dans le titre : Les chasseurs et les proies. Le bonus propose un rapide tour d’horizon des différents personnages du film, au point de ressembler à un résumé tant il en reprend les images. Le monde dystopique de Running Man méritait un module dédié à sa conception : c’est chose faite. Quant au making-of, qui revient sur les moments clés du tournage, il reste assez consensuel, mêlant images de plateau et interviews rapides. Pour un peu plus de caractère il faut certainement se tourner vers le commentaire audio plutôt généreux en anecdote.
Liste des bonus
Commentaire audio de Edgar Wright, Glen Powell et Michael Bacall, « La Traque commence » : Plongez au coeur de la poursuite avec Glen Powell, Edgar Wright et l’équipe (11’), « Les chasseurs et les proies » : Rencontrez le casting et les personnages (16’), « Bienvenue dans Running Man : Concevoir l’univers » : La création de l’esthétique rétro‑futuriste du film (17’), « Survivre au jeu : Tourner Running Man » : Immersion sur le plateau (28’), Les pubs Running Man (2’), « L’Émission Running Man » : Moments marquants de l’émission (4’), « The Runners – Cassettes » : Vidéos de présentation des candidats (14’), Autres émissions de Network (9’), « L’Apôtre » : Extraits de la série qui étend l’univers télévisuel de The Running Man (4’), Compilation de cascades (2’), Tests de coiffure, maquillage et costume (25’), 12 scènes coupées et versions longues (11’), Bandes-annonces et pubs numériques (8’).







