RÈGLEMENTS DE COMPTES A O.K. CORRAL

Gunfight at the O.K. Corral – Etats-Unis – 1957
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Western
Réalisateur : John Sturges
Acteurs : Burt Lancaster, Kirk Douglas, Rhonda Fleming, Jo Van Fleet, John Ireland, Dennis Hopper, DeForest Kelley, Lee Van Cleef…
Musique : Dimitri Tiomkin
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 121 minutes
Editeur : Sidonis Calysta
Date de sortie : 19 juin 2026
LE PITCH
À l’issue d’une longue carrière au service de la loi, satisfait de faire régner l’ordre à Dodge City, Wyatt Earp entreprend de se ranger. Mais ses plans de retraite sont remis à plus tard, le jour où son frère Virgil, shérif comme lui, l’appelle à l’aide, ne pouvant plus contrôler les activités criminelles de la famille Clanton et de ses hommes de main dans sa ville. Il fait route vers Tombstone où, en Doc Holliday, un ancien dentiste devenu joueur professionnel, il trouve le plus précieux des alliés…
La loi et l’honneur
Certainement l’un des westerns les plus célèbres des années 50 et énorme succès populaire en son temps, Règlements de comptes à OK Corral redonna alors un second souffle au mythologique western en explorant ses décors les plus sombres. Une nouvelle illustration d’un très fameux épisode historique fortement teinté de film noir.
Du coté des western John Sturges (La Grande évasion) est forcément le plus souvent attaché au mythique Les Sept mercenaires, film à grand spectacle annonçant la dernière grande phase du genre aux USA et premier opus involontaire d’une saga bien moins mémorables. Mais le cinéaste a déjà livré une belle poignée de western solides (Fort Bravo, Coup de fouet en retour…) et même une transposition moderne avec Un Homme est passé, dont bien entendu le plus grand succès commercial du genre avant Les Sept mercenaires : Règlements de comptes à OK Corral. Cette idée de revisiter à nouveau l’affrontement meurtrier entre les familles Earp et Clanton vient du célèbre producteur Hal Wallis (Casablanca, 100 Dollars pour un shérif…) qui veut profiter des nouveaux écrits sur le sujet pour prendre des distances avec les précédentes itérations dont La Poursuite infernale de John Ford, mettant fortement l’accent sur l’aspect presque romantique. Le récit se recentre profondément alors sur la relation tendue, houleuse puis progressivement amicale et profonde entre le shériff droit dans ses bottes Wyatt Earp et l’acolyte Doc Holliday, ancien dentiste, tuberculeux, joueurs au cartes, alcoolique et as de la gâchette. Deux portraits d’autant plus réussis et charismatiques qu’ils sont interprétés par un impressionnant Burt Lancaster et surtout un Kirk Douglas tour à tour pathétique, inquiétant et séducteur amusé, tous deux créant un duo tout en contrastes et en oppositions.
Deux hommes, deux colts
Plus qu’un film d’action, ce Règlements de comptes à OK Corral se donne alors des grands airs de mélodrame, récit d’une lente rencontre entre deux hommes taiseux, en particulier sur les sentiments, dont l’équilibre est constamment remis en balance par les villes traversées, les amours contrariés (la compagne de Wyatt attend qu’il se range pour accepter de se marier avec lui, celle du Doc est d’une infidélité maladive) et les escarmouches de plus en plus violentes avec le gang rival. La construction est assez exemplaire, reposant sur une longue montée en pression, et le film profite des grandes largesses des studios Paramount, affichant de superbes paysages iconiques mais aussi et surtout des intérieurs en studios particulièrement riches, fouillés et habités. En très bon artisan, John Sturges n’entend pas réinventer la forme, mais la sublime par des cadres toujours précis, une gestion habile des personnages dans l’espace et une constante mise en valeur des acteurs parmi lesquels on reconnaitra quelques gueules supplémentaires du calibre de John Ireland (La rivière rouge, Spartacus…), DeForest Kelly (futur Dr McCoy dans Star Trek), Lee Van Cleef déjà idéal en pistolero et ou même un tout jeune Dennis Hopper. Un camarade de James Dean qui comme ce dernier fait partie active d’une nouvelle génération montante et porte une nouvelle forme d’interprétation plus instinctive et fragile, qui souligne cette volonté du film de prendre un peu de distance avec la série B pour explorer le western sur un mode nettement plus sérieux, sombre et voir même psychologique.
Une opération tout à fait réussie, qui emprunte au film noir ses figures torturées, ses destins brisés, ses héros au lourd poids reposant sur les épaules, mais sait parfaitement offrir au spectateur ce qu’on lui a promis : un long gunfight définitif entre les « gentils » et les « méchants » dans une ville presque désertique. De long traveling, des corps qui tombent, un silence de plomb et un montage on ne peut plus efficace inscrivent définitivement la légende dans l’histoire du cinéma. C’est ce qu’on appelle un classique.
Image
Sidonis nous propose ici la remasterisation 4K produite par Kino Lorber en 2024. Un travail assez impressionnant de nettoyage, de stabilisation et de re-délimitation qui donne un évident coup de jeune à l’ensemble. Les cadres sont intensément creusés, les matières retrouvées, les tableaux renouant avec la grandiloquence du VistaVision d’autrefois. Le Bluray est d’excellente facture, mais clairement l’UHD avec l’apporte Dolby Vision / HDR10 décuple le relief et le piqué du spectacle, imposant des contrastes plus fermes et des teintes plus puissantes. Reste quelques plans en nuits américaines aplaties et pour les plus pointus des bleus qui bizarrement ont tendance à glisser vers le turquoise occasionnant quelques variations de températures avec la photographie du film tel qu’on la connaissait. Discret mais certains tiqueront forcément.
Son
La version originale est proposée dans un DTS HD Master Audio 2.0 qui reste plutôt fidèle aux sensations initiales avec une dynamique claire et frontale. La restauration sonore est appréciable aussi en 5.1, le mixage ajoutant quelques ambiances discrètes et un soupçon de spatialisation plutôt cool lors du gunfight final ou quelques scènes amples.
La version doublée français est appréciable en premier lieu pour sa qualité d’interprétation, toujours convaincante et bien caractérisée, et le mono proposé en DTS HD Master Audio 2.0 est franchement propre et stable.
Interactivité
Jusque-là distribué par Paramont, Règlements de comptes à O.K. Corral avait toujours étonné par le vide de ses diverses éditions. Malgré la stature du métrage, et son casting, aucune making of n’a été produit, aucunes archives regroupées. Sidonis Calysta compense cet écueil en proposant au sein de sa grande collection des Classiques du Western un boitier comprenant un livret sur la production signé Jean-François Giré, mais aussi deux documents vidéo sur le disque Bluray (uniquement). En premier lieu une présentation du film par l’érudit Noël Simsolo qui retrace les origines du projet, le choix du casting, mais qui scrute surtout la singularité du film et une modernité dont on peut percevoir une filiation du coté de la renaissance du genre en Italie.
Plus curieux, le disque contient aussi un long documentaire diffusé à la télé américaine en 1972 qui entre interventions d’historiens, reconstitutions et interviews face caméra des personnages historiques, tente de reconstituer les véritables évènements qui auraient mené à ce grand chapitre, souvent largement réécrit, de l’Ouest sauvage. L’image SD est très abimée, mais le document est plutôt amusant.
Liste des bonus
Un livret rédigé par Jean-François Giré (52 pages), Présentation du film par Noël Simsolo (19’), « Rendez-vous avec le destin : Fusillade à O.K. Corral » : Documentaire présenté par Lorne Greene (1972, 51’).






