LES MONSTRES DE LA PREHISTOIRE

恐竜・怪鳥の伝説 – Japon – 1977
Support : Bluray
Genre : Fantastique, Kaiju
Réalisateur : Junji Kurata
Acteurs : Tsunehiko, Watase, Nobiko Sawa, Shotaro Hayashi, Tomoko Kiyoshima, Fuyukichi Maki…
Musique : Masao Yagi
Image : 2.35 16/9
Son : Japonais DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 92 minutes
Editeur : Roboto Films
Date de sortie : 16 juin 2026
LE PITCH
Suite à la récente activité volcanique du Mont Fuji, des dinosaures se réveillent d’un long sommeil et sèment la terreur près d’un lac peuplé de nombreux touristes.
Les dinos contre-attaquent
Sortie fièrement dans quelques salles françaises en son temps, Les Monstres de la préhistoire est un film de monstre japonais dont les amateurs cajolent le souvenir avec un petit sourire en coins. Une erreur industrielle, assez mal fichue et relativement déviante qui est, parait-il culte en Russie… c’est tout dire.
Cette curieuse production de la Toei apparait à la fin des années 70 alors que justement les fameux films de monstres géants semblent passés de mode. Le dernier Godzilla date d’il y a deux ans et il faudra attendra 1984 pour que la créature retrouve ses accents sérieux dans le futur, et bien nommé chez nous, Le Retour de Godzilla. Mais entretemps est sorti sur tous les écrans du monde le phénomènes Les Dents de la mer qui a relancé l’intérêt pour les films d’attaques animales et un certains King Kong s’apprête à être remaké à grands frais par la Universal. Qu’à cela ne tienne, le studio nippon flaire le bon filon, survend son film à l’étranger grâce à une affiche affriolante, et accouche de cet étrange métrage, à la croisée des chemins et ne semblant jamais vraiment savoir sur quel pied danser. Celui du rip-off tout d’abord avec l’apparition de deux créatures venues du fond des âges qui provoquent exactement les mêmes réactions que dans le film Spielberg. Il ne s’agit pas ici d’une ile mais d’un grand lac extrêmement touristique au pied du Mont Fuji, d’un scientifique éclairé (mais aux théories parfois bien étranges) qui veut stopper les festivités, d’autorités qui pensent qu’à l’argent et de gamins qui miment l’attaque du monstre avec une fausse crète dorsale…
Vieux fossiles
Les copies de plans et de situations sont légions mais bien entendu avec une mise en scène bien moins inventive et surtout des créatures carrément moins effrayantes que le squale. Trahissant la tradition du « man in the suit », le plésiosaure et le drôle de ptérodactyle qui se chamaillent le territoire et le garde-manger humain sont des sortes de grandes marionnettes en latex, vaguement animatroniques, mais aux airs surtout excessivement naïfs. Les mouvements sont lourds, les apparitions pataudes, le combat final ressemble surtout à deux figurines en plastiques agitées dans tous les sens, mais le réalisateur Junji Kurata, qui avait livré jusque-là que quelques rares films de ninja à effets spéciaux, espère vraiment en faire des monstres terrifiants pour spectateur adultes. Le film baigne alors régulièrement dans quelques effets gores assez déroutants (cheval décapité, femme coupée en deux, tête qui flotte, charnier découvert dans le nid…) qui tranchent avec l’air benêt des deux bestioles, et s’essaye même à une curieuse scène en caméra subjective façon slasher où le monstre à long cou (symbolique freudienne ?) s’attaque à une jeune femme nue qui sortait de sa douche.
Un soupçon d’érotisme n’a jamais fait de mal à personne, surtout dans un spectacle qui plutôt que de soutenir ses aspects horrifiques par une musique tendue et atmosphérique, balance continuellement des morceaux chantés improbables (oui y a de la country), des petits élans jazzy à la cool et scrute même le massacre sur la plage avec un bon air de disco endiablé. Des scènes sidérantes qui tranchent là encore avec quelques visions plus éthérées faisant apparaitre une brume presque mystique autour de la plus célèbre montagne du Japon, venant titiller quelques vagues légendes d’autrefois et le folklore local. Les scènes les plus classiques certes, mais aussi les plus évocatrices.
Constamment improbable, bourré de scènes de remplissage pour faire patienter le spectateur médusé avant l’arrivée, forcément décevante, des deux dinos de pacotille, Les Monstres de la préhistoire est un authentique, mais sympathique, petit nanar qui ne peut que ravir les adeptes de curiosités bis et kitchs.
Image
On n’en attendait pas tant. Ceux qui se souviennent encore de l’antique VHS vont véritablement pouvoir redécouvrir le film dans des conditions optimales. La copie a connu une restauration très soignée marquée par un nettoyage très poussé des cadres et une stabilisation des bords des plus appréciables. Quelques plans semblent un poil plus fatigués que le reste mais dans l’ensemble c’est très stable et dopé par des couleurs bien contrastées et vives. Le tout garde une jolie petite patine cinéma avec un grain délicat et toujours présent.
Son
Toujours sympa de retrouver la version française d’époque, surtout que le doublage était plus appliqué que pour la grande majorité des films asiatiques. Le mixage semble un peu écrasé à coté de la version originale cependant, plus fluide, claire et équilibrée qui, au-delà de la nostalgie, reste à privilégier.
Interactivité
L’édition signée Roboto s’ouvre comme il se doit par une nouvelle présentation du journaliste Fabien Mauro, spécialiste des Keiju Eiga et autres films fantastiques nippons, qui revient sur la volonté du studio de donner un petit coup de fouet au genre, les parallèles avec Les Dents de la mer, les aspects les plus discutables et plus généralement un tour d’horizon des grands noms associés au projet. On découvre aussi une toute petite vidéo dans laquelle un grand collectionneur passionné de film de monstres japonais nous présente sa collection dédiée au film en présence : VHS, Laserdisc, DVD, photos d’exploitations et diverses affiches sont exposées fièrement.
Liste des bonus
Un livret, Présentation du film par Fabien Mauro (23’), Présentation de collection avec Jean-Baptiste Pujolle (6’), Bandes-annonces.







