PRIMATE

Etats-Unis – 2025
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Johannes Roberts
Acteurs : Troy Kotsur, Johnny Sequoyah, Kevin McNally, Jessica Alexander, Victoria Wyant…
Musique : Adrian Johnston
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 Français, Espagnol, Danois…
Sous-titres : Anglais, Français, Allemand, Italien…
Durée : 89 minutes
Editeur : Paramount Pictures France
Date de sortie : 21 mai 2026
LE PITCH
Des vacances sur une île tropicale tournent mal lorsque Ben, un chimpanzé adopté par une famille, devient soudainement violent après avoir été mordu par un animal enragé.
« Get Your Stinking Paws off Me, You Damned Dirty Ape ! »
Après son très oubliable reboot de Resident Evil, Bienvenue à Raccoon City, Johannes Roberts (47 Meters Down, Strangers : Prey at Night) revient en force avec un slasher nouvelle génération où le tueur d’ados n’est nul autre… qu’un singe !
Quelque part entre le film d’attaque animal et le pur slasher classique, Primate joue effectivement sur un concept plutôt accrocheur, mais pouvant tout aussi bien se révéler méchamment efficace que parfaitement ridicule. Il faut impérativement réussir à faire croire à la présence, et la menace, du petit chimpanzé. La vraie bonne idée du film est justement là, dans la volonté de limiter au maximum les images de synthèse pour donner corps à l’animal (quelques mouvements acrobatiques, quelques gros plans) pour s’appuyer constamment sur un costume animatronique très convaincant et le jeu d’un acteur qui apporte énormément de crédibilité à l’ensemble. Physique, présent, inquiétant, ce petit singe atteint de la rage comme le mythique Cujo de Stephen King entraine dès lors avec lui un rapport brutal et réaliste à la violence. Les scènes gores restent toujours dans la fibre douloureuse, multipliant les morsures béantes, les arrachages de scalps ou les têtes explosées à coup de pierre, et même la mâchoire arrachée à un pauvre ado débile est suffisamment réaliste pour que l’image qui suit, absurde et cauchemardesque, ne fasse pas tomber le film dans le Grand Guignol. Voila ce qui permet véritablement à Primate de tenir le spectateur en haleine durant 90 minutes, assistant à un jeu de massacre plutôt bien orchestré et essentiellement circonscrit dans une vaste demeure luxueuse censée être perchée en bord de falaise à Hawaï (en fait un studio en Angleterre et quelques collages un peu trop visibles).
De mauvais poil
Il faut bien dire qu’à coté de ça les personnages humains ne sont pas forcément des figures particulièrement passionnantes, entre le mini drama familial (mère décédée, père trop absent et grande sœur déserteuse) et la petite bande de jeunes très occupés par leurs histoires de cœurs et de cul. Des futures victimes qui peinent à exister à l’écran, trop stéréotypés certainement mais aussi quelque-peu handicapés par un film qui démarre presque trop vite, ne laissant pas le lien fraternel des deux sœurs avec le pauvre Ben se creuser un peu, où les tensions entre « copines » dépasser les accents caricaturaux. Leur calvaire, coincé au milieu d’une piscine alors que l’une d’entre elle se vide de son sang, ou les tentatives de survie pour échapper aux chimpanzés dans les différentes pièces de la maison, n’auront du coup jamais cette implication émotionnelle qui aurait ajouté une vraie dimension au film d’horreur. Accompagné d’une bande sonore qui se la joue Carpenter de la première heure et d’une mise en scène souvent très épurée et compétente, Primate est entièrement concentré sur sa mise en place d’un neo-slasher tranchant et sans pitié, rejouant comme dans un Scream primal quelques codes ou mises en place classique. Comme cette scène du placard, entre lente tension et explosion de violence, qui abat le mince mur entre la sécurité et la mort, renvoyant directement au séminal Halloween.
Le réalisateur connait ses classiques (on pense aussi au Link de Richard Franklin) et prend manifestement un malin plaisir à revisiter le genre à hauteur de singe. Primate est effectivement tout à fait divertissant, plutôt bien produit et honorablement mis en scène et délivrera quelques sensations fortes aux amateurs. Il aurait pu aussi être beaucoup plus en dépassant son simple statut de série B directe et sanglante, en proposant des personnages plus convaincants, en creusant quelques thèmes à peine effleurés (la domestication par exemple…), mais ce n’était clairement pas son intention.
Image
Pourtant tourné et projeté en 4K, Primate ne sort chez nous, et dans le reste du monde, uniquement sur support Bluray. Un peu dommage surtout au vu de l’importance des noirs dans le film et des contrastes tranchés de la photographie. Mais la copie 1080p s’en sort parfaitement bien il faut le reconnaitre avec une précision constante et une visibilité maitrisée jusque dans les recoins les plus sombres. Chaque détail est visible et la netteté générale est parfaitement accompagnée par une colorimétrie particulièrement vive.
Son
C’est une habitude chez Paramount qui une fois encore relègue les versions doublées de son film à de simples Dolby Digital 5.1. La version française parait alors forcément bien fade à coté du Dolby Atmos de l’original, très très généreux sur les divers jaillissements, les enveloppements inquiétants et les basses brutales. Le mix n’est pas là pour faire dans la dentelle et même si la spatialisation des lieux est bien rendue, l’essentiel se joue sur les moments de flippe.
Interactivité
Sortie presque standard pour Primate qui est accompagné de quatre petits segments thématiques. On commence comme il se doit par les origines du film, le concept et la ligne directrice de Johannes Roberts avant de passer au casting et aux personnages, puis enfin à la création de Ben et celle du décor principal en studio. Ce sont sans doute ces deux derniers segments qui se révèlent les plus intéressants permettant d’observer l’intérêt du fameux « guy in the suit » pour l’implication des acteurs et le réalisme des scènes, et la conception d’un environnement maitrisé plutôt bien mis en valeurs par la mise en scène. L’édition propose aussi un commentaire audio plutôt sympathique réunissant le réalisateur et le producteur Walter Hamada avec un mélange de considérations techniques et de légères anecdotes de tournage qui pourront satisfaire les plus fans.
Liste des bonus
Commentaire audio du réalisateur et du producteur, Terreur Primitive : La réalisation de Primate (9’), Nouveau sang : Les visages de Primate (10’), La Création de Ben (11’), La Conception du Paradis (7’).







