PREDATOR : BADLANDS

Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Action, Science-Fiction
Réalisateur : Dan Trachtenberg
Acteurs : Elle Fanning, Dimitrius Schuster-Koloamatangi, Ravi Narayan, Alison Wright, Cameron Brown…
Musique : Benjamin Wallfisch, Sarah Schachner
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais et Dolby Audio + 7.1 Français et Allemand
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Néerlandais…
Durée : 108 minutes
Editeur : 20th Century Studios
Date de sortie : 11 mars 2026
LE PITCH
Dans le futur sur une planète lointaine, un jeune Predator, exclu de son clan, trouve une alliée improbable en la personne de Thia et entreprend un voyage en territoire hostile, à la recherche de l’adversaire ultime.
L’âme du chasseur
Après avoir refait ses armes en streaming avec le très réussi Prey (où le terme « Predator » n’apparaissait même pas) et le film d’animation Killer of Killers, Predator est enfin devenue pour Disney, sous l’impulsion de Dan Trachtenberg (10th Cloverfield Lane), une licence lucrative et marketable. La preuve ? Le nouvel opus Badlands a finalement à nouveau eu les honneurs d’une sortie salles et se dote des atours d’un blockbuster moderne. Pour le pire et le meilleur.
Mine de rien Trachtenberg avait vraiment fait fort avec Prey, ramenant sur le devant de la scène une créature ultra connue de la culture pop (films, BDs, jeux vidéo…) mais souvent assez maltraitée il faut bien le dire. Difficile de survivre au crétin The Predator et au diptyque navrant Alien Vs Predator. Le film opérait alors presque en sous-marin, réinvestissant l’aspect survival seul contre tous du premier film de McTiernan mais dans un nouveau cadre historique, plus primal et tribal. Retour en force, mais après un film d’animation qui dans les grandes lignes ne faisait que rejouer quatre fois de suite le même dispositif (l’humain traqué par le predateur impitoyable), il fallait que le réalisateur prenne un nouveau risque. Plus proche que jamais de l’univers étendu déployé depuis des décennies dans le petit monde des comics, Predator Badlands place donc le monstre yautja (c’est leur nom) au premier plan, désormais véritable héros de sa propre quête initiatique, de sa première chasse à l’autre bout du cosmos. En quête d’un monstre légendaire et increvable afin de venger la mort de son frère, Dek devient dès lors très souvent lui-même l’animal traqué, tentant de survivre difficilement sur une planète à la faune et la flore particulièrement dangereuse, avant que la Wayland-Yutani de la franchise Alien ne vienne à son tour s’en mêler… mettant en évidence un mariage de plus en plus fusionnelle entre les deux grosses licences SF de la 20th Century.
Wolf Pack
Un film Predator n’a jamais autant ressemblé à un authentique Space Opera, Trachtenberg explorant avec générosité autant quelques plaines désertiques de la planète d’origine des predators que les forêts, les plaines aux feuilles tranchantes comme des rasoirs et les multiples bestioles improbables de Genna à grand renforts de scènes d’action efficaces et haletantes et de paysages amples et spectaculaires. Plus de trace ici des contours horrifiques d’autrefois, voir même d’une violence véritablement viscérale, Badlands se donne même ouvertement des airs de buddymovie de l’espace puisque très rapidement Dek se doit de faire alliance, subie, avec Thia (Elle Fanning réjouissante), androïde sensible et bavarde mais dont les jambes ont été coupées lors d’une précédente rencontre avec le fameux monstre Kalisk. Trimbalée sur son dos, officiant comme une relation plus du tout symbolique du fameux « la tête et les jambes », le duo à ce petit quelques choses des divertissements popcorns des années 80 dans l’achoppement de leurs personnalités de prime abord opposées, mais dont les parallèles ne cessent effectivement revenir à la surface. Le Yautja en deviendrait presque humain, créatures humanoïde qui se dote désormais d’une trajectoire de reconstruction on ne peut plus classique, voir sentimentale où la reconstitution d’un clan disparate (ici avec Thia mais aussi une bestiole mignonne trop gagesque appelée Bud) ferait presque parfois penser aux bras cassés des Gardiens de la Galaxie.
Cela peut faire grincer les dents des fans de la première heure, qui rêvent encore de biceps musculeux, de gros cigares ou de virées urbaines ultra sanglantes, et effectivement Predator Badlands ne s’avère à l’arrivé qu’un blockbuster presque grand public, lui aussi plombé par quelques bons sentiments et de grosses ficelles (la scène autour du feu… quelle finesse !). Du grand spectacle soit, mais effectivement particulièrement opulent et terriblement efficace, assurant par son esprit d’aventure, la personnalité attachante des deux protagonistes, sa réalisation tout à fait soignée et un rythme des plus soutenus, qu’on y prennent un certain plaisir. Un épisode bien sympa à défaut d’être à son tour un incontournable.
Image
Disney fait encore très fort avec ce nouveau Predator en UHD. Directement issue de la source numérique 4K, la copie est tout simplement resplendissante, retranscrivant avec force toutes les subtilités de la photographie et la profondeur des plans. Le dépaysement spatial est total avec une cohésion constante entre les prises réelles et les nombreuses images de synthèses et retouches numériques, sans jamais laisser observer la moindre baisse de précision dans la définition et la restitution des détails. Impressionnant et spectaculaire, la copie l’est aussi grâce à l’excellente maitrise des teintes et des contrastes, constamment sublimée par un Dolby Vision ici parfaitement adapté dans ses intensités et ses excès colorimétriques. Excellent.
Son
C’est une fois encore la version originale qui se taille la meilleure part avec un Dolby Atmos du feu de dieu. Tout à fait dans la continuité de ceux pour Prey ou Alien Romulus, il déploie une immersion puissante, constante et terriblement enveloppante dont la prestation correspond tout à fait à l’énergie d’un blockbuster tout en distillant délicatement de nombreuses ambiances environnementales. Les dialogues, anglais et aliens, sont parfaitement clairs cela va de soi. Proposé en Dolby Audio + 7.1 la version française n’en est pas loin dans sa dynamique avec seulement quelques voix qui sonnent, c’est logiquement, un peu moins naturelles.
Interactivité
De prime abord la section bonus de Badlands n’a vraiment rien d’exceptionnelle avec ses courtes featurettes coutumières et thématiques revenant sur les deux interprètes principaux, les effets spéciaux et autres trucages qui les entourent ou le tournage en Nouvelles Zélande, dans une bonne humeur constante et parfaitement corporate. L’édition comprend cependant un commentaire audio assez complet regroupant le réalisateur, son producteur, le directeur photo et les responsables des cascades et combats afin de plonger en prodondeur dans les coulisses de la production et évoquer quelques anecdotes et réflexions autour du lore, mais aussi et surtout d’aborder de nombreuses questions techniques. L’enregistrement se poursuit d’ailleurs pour accompagner les diverses scènes coupées présentées à différentes étapes d’avancement. Certaines ne viennent que développer des scènes déjà connues (l’attaque des sangsues dans le ravin), d’autres sont des prévisions rudimentaires mais qui attestent de diverses pistes narratives abandonnées (la première rencontre dans les sables mouvants). Très intéressant.
Liste des bonus
Commentaire audio de l’équipe du film, « Incarner le Predator » (6’), « Des synthétiques authentiques » (7’), « Création des Badlands » (7’), « Dek le yautja » (6’), Scènes coupées et prévisualisations avec commentaire audio optionnel (27’).







