PARFUM D’UN SORTILÈGE

魔性の香り– Japon – 1985
Support : Bluray
Genre : Thriller, Erotique
Réalisateur : Toshiharu Ikeda
Acteurs : Mari Amachi, Johnny Okura, Yuki Kazamatsuri, Choei Takahashi, Haruko Wanibuchi, Yoshiro Aoki…
Musique :
Image : 2.00 16/9
Son : Japonais DTS Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Durée : 90 minutes
Editeur : Carlotta Films
Date de sortie : 20 janvier 2026
LE PITCH
Alors qu’un jeune homme rentre chez lui, sous une pluie torrentielle, après avoir passé la soirée dans un bar, il tombe sur une femme qui tente de se suicider en sautant d’un pont. Sans réfléchir, il plonge pour la sauver de la noyade. Après l’avoir emmenée chez lui, il apprend qu’elle s’est enfuie pour échapper à un mari violent et décide de la protéger. Il commence à tomber amoureux d’elle, mais découvre que son histoire est plus complexe qu’elle ne veut bien le dire au premier abord…
Mort un jour de pluie
Longtemps presque exclusivement connu en occident pour le délirant et bien gore Evil Dead Trap, le cinéaste Toshiharu Ikeda s’extirpe d’un certain anonymat. Tourné un an après le superbe La Vengeance d’une sirène, voici Parfum d’un sortilège, récit troublant et troublé d’une passion gangrénée par la paranoïa et la culpabilité.
Après avoir fait ses débuts au sein de la Nikkatsu et de la célèbre collection Roman Porno, Toshiharu Ikeda (Angel Guts : Red Porno) pense comme beaucoup de ses collègues trouver un terrain bien plus permissif du côté de la toute nouvelle Director’s Company. Celle-ci propose finalement un approfondissement du cadre du cinéma érotique, permettant des scènes beaucoup plus explicites encore (mais toujours avec les fameuses zones de flous sur les parties intimes) mais aussi une plus grande liberté créative. La proximité entre les deux sociétés est d’ailleurs telle qu’il s’agit ici à nouveau d’une adaptation d’un manga de Takashi Ishii, justement à l’origine des Angle Guts. Le sexe est de la même façon absolument central dans Parfum d’un sortilège, avec trois scènes particulièrement longues et torrides entre les deux protagonistes, mais certainement encore une fois loin d’être totalement gratuit. Elles reflètent ici intelligemment des sentiments et leurs évolutions que son incapable d’exprimer de vive voix Tetsuro et Akiko, passant d’une déclaration enflammée d’un amour naissant à une relation plus ambiguë marquée par le secret et la défiance puis finalement un dernier acte désespéré comme un adieu.
Les amants sans retour
Un film érotique qui assume totalement son cadre mais y appose un drame complexe et psychologique suivant la lente dégradation d’un couple éphémère composé par deux personnages marqués par leurs échecs sentimentaux précédents. Lui peine à redonner confiance à l’autre après son divorce, elle se dit harcelée par son mari violent qui n’a pas hésité à installer dans leur maison sa propre maitresse. A bout et au bord de la folie, Akiko ne sera sauvé du suicide un soir de pluie qu’in extremis par Tetsuro qui passait par là. Les nombreux non-dits qui existent entre eux prennent de plus en plus de place au fur et à mesure des jours, et Parfum d’un sortilège tourne même au thriller parano lorsque les journaux font état d’un homme tué dans la salle de bain d’un hôtel par une femme dont la description fait étrangement penser à Akiko. A pas feutrés, privilégiant toujours les scènes intimes mais avec un travail particulièrement élégant et inventif sur des ambiances de plus en plus lourdes et suintantes, Toshiharu Ikeda entraine le drame vers des révélations et une issue des plus tragiques. Pas de grande explosion de violence finale comme dans La Vengeance de la sirène, mais une forme de fatalité toute aussi douloureuse et qui trouve une nouvelle fois son incarnation dans l’omniprésence de l’eau. Une simple pluie pour signifier une tristesse latente, une tempête pour accompagner le désespoir, un bruit de gouttes en arrière-plan qui souligne l’importance de certaines révélations… Toshiharu Ikeda donnerait presque une nouvelle fois une aura fantastique à son film, pourtant au départ simple drame charnel et déchirant.
Une œuvre qui malgré les scènes de sexe n’a rien de vraiment commercial, mais qui fera pourtant sensation dans les salles. Sans doute grâce à la présence de la star de la chanson Mari Amachi, pour la première fois dans un rôle très dénudé, et qui se livre corps et âmes à son personnage et ses nombreuses failles psychiques. Une nouvelle preuve de la richesse du cinéma érotique japonais et de la justesse de la caméra de Toshiharu Ikeda.
Image
Peu ou pas d’information sur la source de cette copie HD du film, elle est cependant particulièrement récente et a manifestement été produite avec un nouveau scan 2K ou 4K à la source. Bien dommage de ne pas le spécifier surtout qu’en dehors d’un ou deux plans moins creusés et moins nets, l’ensemble du film est tout simplement magnifique : grande finesse du grain, propreté impeccable, profondeur bien marquée, piqué bien costaud, colorimétrie rigoureuse… Très beau.
Son
Seule la piste japonaise est proposée. Celle-ci a elle aussi été restaurée et profite de clarté bien marquée et d’un équilibre général bien dosé. Les dialogues sont souvent au centre du film mais le DTS HD Master Audio 1.0 donne aussi une belle présence aux quelques ambiances et aux morceaux de musique classique qui servent de bande originale.
Interactivité
Carlotta poursuit son partenariat avec l’éditeur anglais Third Window Film en reprenant les suppléments produits par ce dernier. La partie bonus est donc composée de deux segments. En premier lieu Shozo Ichiyama, ancien producteur et désormais Directeur de programmation pour des festival, revient sur le statut du réalisateur Toshiharu Ikeda, la réception salle de ses différents films (Parfum d’un sortilège sera son plus gros succès là où La Vengeance de la sirène disparaitra rapidement des écrans) et le passage entre le cadre de la Nikkatsu et celui de la Directors Company, avec au passage un petit historique de la firme. Le second est un essai vidéo signé par le critique anglais Matthew E. Carter qui, accompagné d’extraits du film, scrute la structure du film, son utilisation de la sexualité, sa sophistication tout en revenant bien entendu sur les thèmes développés dans les scénarios et mangas de Takashi Ishii. Instructif.
Liste des bonus
Entretien avec Shozo Ichiyama (23’), « Parfum de sortilège » : le lien entre le roman porno et la Directors Company, essai vidéo de Matthew E. Carter, maître de conférences en cinéma (16’), Bande-annonce originale.







