DOSSIER 137

France – 2025
Support : Bluray
Genre : Policier
Réalisateur : Dominik Moll
Acteurs : Léa Drucker, Guslagie Malanda, Mathilde Roehrich, Jonathan Turnbull, Stanislas Merhar, Pascal Sangla…
Musique : Olivier Marguerit
Image : 1.85 16/9
Son : Français DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Aucun
Durée : 111 minutes
Editeur : Blaq Out
Date de sortie : 25 mars 2026
LE PITCH
Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité. Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.
Jaune sang
Trois ans après le formidable La Nuit du 12, Dominik Molle (Harry un ami qui vous veut du bien) poursuit son exploration des arcanes de la police avec Dossier 137, où le féminicide sordide laisse la place à la répression du mouvement des Gilets jaunes. Une nouvelle étude froide de la violence contemporaine.
Le réalisateur pousse d’une certaine façon la logique économe et ultra réaliste de La Nuit du 12 encore plus loin. Très peu de traces de la légère romantisation du personnage d’enquêteur, obsédé par son affaire, puisqu’ici Stéphanie fait justement tout pour constamment garder l’affect à distance. Enquêtrice pour l’IGPN, elle aborde uniquement les faits, les observe avec une attention méticuleuse, ne discute avec ses collègues que de l’affaire qui les intéresse et ne réagit quasiment jamais aux larmes des accusateurs ou aux provocations des suspects. Comme elle sait si bien le faire, Léa Drucker incarne ici quasiment une fonction, la femme derrière ne se laissant entrevoir que très rarement dans quelques scènes avec son fils, une engueulade avec sa propre mère ou une confrontation avec une collègues flic syndiquée qui n’apprécie pas vraiment la fameuse « police des polices ». Sans fioriture le cinéaste se calque directement sur cette posture, cette nature, et construit un film dans la forme très posée et calculée n’approche jamais véritablement celle plus instantanée du documentaire, mais cherche à sa manière à capturer une même réalité, proche, crédible, basée sur les faits. Il n’hésite pas d’ailleurs à accompagner les logorrhées administratives envoyées inlassablement par mails pour la moindre demande de témoignage, de rencontre ou d’accès à une vidéo surveillance, et filme tous les interrogatoires de la même façon : le sujet cadré au centre, sans mouvement de caméra, permettant un montage qui joue constamment sur les parallèles entre les témoignages.
Les ripoux
Pas de poursuite, pas de cascade, pas de suspens ou d’ultimes révélations, ce dispositif normatif habité par des dialogues constamment crédibles et justes, est entièrement au service du sujet, celui, compliqué et houleux, des violences policières. La plainte portée par la mère d’un jeune homme blessé par un tir de flashball en pleine tête lors d’une des grandes manifestations parisiennes, vient ainsi éclairer le comportement parfois plus que discutable de certains membres des forces de l’ordre pendant ces évènements, et en particulier de la BRI. Vu de l’intérieur, l’enquête permet ainsi d’écarter les élans politiques et de confronter la trajectoire des victimes avec celle de ces fonctionnaires, au passage parfaitement instrumentalisés par les politiques, les ministères et couverts par la hiérarchie. Stéphanie fait un peu office de dernière conscience du corps de métier, persuadée que l’IGPN assure de la droiture morale de la Police, là où les autres affirment que ce type d’enquête sape la confiance de la population. Dossier 137 est clairement un film dossier, qui scrute cette nouvelle violence qui transforme depuis quelques années la moindre manifestation en guérilla urbaine (comme disent les journaleux), et s’il cherche à en trouver la cause, voire les « coupables », il ne soulignera certainement pas ses conclusions laissant le film s’achever sur une note amère, lucide, mais qui n’empêche pas une certaine idée de résistance au monde qui s’effondre.
Un film solide, bien pensé, qui n’est pas un polar particulièrement excitant et nerveux, mais naturellement c’est totalement voulu et logique.
Image
Un film comme Dossier 137 avec sa photographie réaliste, directe et sans fioriture, ne va pas forcément exploser la rétine en HD. Ce n’est pas le but. Le transfert numérique n’en reste pas moins extrêmement solide avec ses cadres limpides, ses contrastes bien appuyés, ses noirs incarnés et une définition toujours au top. La profondeur n’est pas absente et l’ensemble atteste admirablement de la démarche « vérité » de Dominik Moll.
Son
La piste originale française est proposée sobrement dans un mixage DTS HD Master Audio 2.0 pour les installations les plus simple. Le son y est clair, ferme et bien équilibré. Le film est aussi visible avec un DTS HD Master Audio 5.1 travaillant un peu plus les ambiances. Pas de grande dynamique mais une restitution pointue et délicate des ambiances urbaines (rue, bureaux…).
Interactivité
Sur le disque on découvre un entretient inédit et assez long avec le réalisateur Dominik Moll. La durée permet de creuser en profondeur, moins les anecdotes de tournages et les petits secrets de la production, que la démarche profonde du film, son cheminement dramatique, la collaboration avec Léa Drucker ou l’utilisation des images fixes en ouvertures et des vidéos internet. Le monsieur est toujours aussi intéressant.
Liste des bonus
Entretien avec Dominik Moll (45’), Bande-annonce.




