CROWS ZERO I & II

クローズZERO – Japon – 2007, 2009
Support : Bluray
Genre : Action
Réalisateur : Takashi Miike
Acteurs : Shun Oguri, Kyôsuke Yabe, Meisa Kuroki, Takayuki Yamada, Sansei Shiomi, Kenichi Endo…
Musique : Naoki Otsubo
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 130 et 133 minutes
Editeur : Roboto Films
Date de sortie : 21 mai 2026
LE PITCH
Crows Zero : Lieu : territoire des Crows. Contexte : guerre entre bandes rivales. Objectif : conquérir le pouvoir suprême…
Crows Zero II : Genji s’est imposé comme le maître de son lycée. Mais il devra bientôt faire face aux ambitions guerrières du lycée rival et montrer le plus grand courage pour défendre son territoire et les siens…
La jeunesse aux poings
Simples titres parmi les plus de 120 films réalisés par le stakhanoviste Takashi Miike, les deux opus de Crows Zero font cependant parti de ses plus populaires et surtout de ses plus concluants au box-office japonais. Une célébration de la jeunesse furieuse et vindicative, où l’énergie du cinéaste et ses débordements mangas trouvaient effectivement un terrain des plus fertiles.
Découvert en occident par le biais de films aussi frapadingues que Ichi The Killer, Visitor Q ou The Audition, le cinéma de Takashi Miike s’est cependant construit au départ sur une approche novatrice du film de yakuza. Des films fauchés, souvent pour le marché vidéo, mais où clairement le regard ironique, la violence toujours marquée, le mélange d’humour et de tragédie et surtout un accent très particulier porté sur la reprise en main des codes moraux par la jeunesse, firent le succès de propositions comme Agitator ou Graines de Yakuza. Si comme bien souvent les Crows Zero furent des commandes livrées plus ou moins clefs en main au cinéaste mercenaire, ils font effectivement directement échos à ses réalisations des années 90. Ici aussi d’ailleurs, les héros sont incarnés par la nouvelle génération (entre autres joués par les charismatiques Shun OguriKyôsuke Yabe et Kenta Kiritani et la charmante Meisa Kuroki) et remplacent la hiérarchisation imposée (et donc injuste) des adultes yakuzas par une forme de fraternité, certes toujours viriles, mais nettement plus naturelle et égalitaire.
Mauvaise graine
Le regard toujours portés vers l’horizon, s’efforçant de profiter avec fougue de leurs meilleures années et surtout convaincus de pouvoir démontrer leur force à leurs parents ou futurs parrains, les héros de Crows Zero n’hésitent pas parfois à se livrer avec candeur et exubérance. Il faut dire qu’il s’agit à l’origine de prequelles assez libres du manga culte Crows d’Hiroshi Takahashi lui-même une réactualisation de la mythologie des « furyos », figures délinquantes et récits de gangs s’étripant pour quelques territoires et autres questions d’honneurs. Dans le premier film, l’enjeu pour le nouvel élève Genji est donc tout simplement de prendre les commandes du lycée de la dernière chance Suzuran, en mettant à terre les chefs de chaque section puis de les rassembler sous sa coupe. Pas question de profs ici (à peine croisés dans la première séquence), de cours ou de devoirs, l’établissement scolaire n’est qu’une aire de jeu réinvesti par ces héros hargneux toujours prêt à se mettre sur la tronche à chaque occasion. On pense beaucoup au jeu de baston culte de Capcom Rival Schools, et Takashi Miike illustre cette quête du pouvoir et cette confrontation presque shakespearienne au sommet entre Genji, le nerveux, et Ken, la force tranquille, avec une énergie incroyable, emportée par une BO très rock et des rixes qui ne font pas l’erreur de mettre en avant des chorégraphies trop sophistiquées. Les personnages sont increvables et capables de coups de poings sautés de manga, mais les combats restent toujours très bruts, sauvages et volontairement chaotiques. Miike ne se perd pas trop en route (comme il peut souvent le faire) et impressionne même dans grand final spectaculaire en forme de bataille rangée qui s’achève sur un couché de soleil de western, qu’il entrelace avec deux trames plus secondaires (le sacrifice du conseiller maladroit de Genji et l’opération au cerveau de Kenta) insufflant à l’ensemble une émotion inattendue. Un film poseur, outré et énervé, mais qui du coup parle parfaitement à son cœur de cible : les adolescents et les jeunes adultes masculins.
En retenue !
Sorti sur les écrans deux ans plus tard, Crows Zero II pose la question plutôt pertinente de l’après. Soit que faire du pouvoir une fois qu’il est entre nos mains. Genji découvre que les choses sont toujours moins simples qu’on l’espérait et outre la difficulté de convaincre les derniers récalcitrants, une maladresse de sa part ravive une ancienne guerre avec un établissement voisin. Le scénario tente de mettre plus en avant les tourments psychologiques des protagonistes et d’aborder quelques réflexions sur la violence et le crime, mais il se perd dans la volonté d’ajouter quelques nouveaux personnages (amis ou ennemis), ou d’en faire revenir d’autres pour la forme, dont les trajectoires ne font que disperser le récit. Moins direct et décoiffant que son prédécesseur, le second opus le prolonge tout de même avec une certaine efficacité et logique, transformant les anciennes rancunes en amitié durables et augmentant considérablement l’échelle des bastons collégiales. En l’occurrence le film s’achève sur un affrontement de plus de trente minutes passant de la vaste cour aux airs de terrain vague pour remonter dans les classes, les couloirs, les escaliers et s’achever par un double duel sur les toits. Des petits airs de Dead or Alive (le film) parfois dans le jusqu’au-boutisme surréaliste des bagarreurs notables, même si effectivement dans celui-ci Miike calme encore plus ses ardeurs déconnantes et cartoonesques au profit d’un spectacle teen accessible à toute la génération anime.
Pas les œuvres les plus folles de la longue filmographie de l’insatiable Takeshi Miike, mais le diptyque Crows Zero en reste un versant extrêmement distrayant. Même si les films sont longs, le cinéaste réussit (ce qui n’est pas toujours le cas) à en préserver assez efficacement le rythme, emporté par la fougue punk de ces loubards aux coiffures et postures de beaux gosses, livrant deux films d’action qui donne toujours autant la patate.
Image
L’éditeur annonce de nouveaux master HD pour Crows Zero par rapport aux premières éditions proposées il y a quelques années par Wild Side Video. On note effectivement une amélioration au niveau de la propreté et de la stabilité générale, et une colorimétrie légèrement plus intense. On reste cependant manifestement toujours sur une source vidéo un peu plus daté qui n’exclue par quelques noirs un peu laiteux et des matières légèrement bruitées. Cependant, le visionnage reste très agréable grâce à des cadres bien propres et stables et une définition qui s’efforce constamment de tirer le meilleur de l’image.
Son
Les deux pistes françaises rappellent que fut un temps ce type de film sortait encore sur nos écrans avec un doublage accessible. VF et VO sont disposés dans des prestations DTS HD Master Audio 5.1 tout à fait efficaces qui sans en faire trop accompagnent parfaitement l’énergie débordante des métrages, l’action impactante et les morceaux de rock japonais.
Interactivité
Les deux Crows Zero s’offrent donc une nouvelle édition française chez Roboto Films, avec au passage un packaging nettement plus aguichant. Du coté des suppléments, le nouvel éditeur reprend en premier lieu l’intégralité des bonus déjà connus avec une courte interview de présentation du second film par Miike, mais aussi et surtout les deux making of officiels. Le premier en particulier qui dépasse l’heure complète, plonge généreusement dans les coulisses du tournage capturant de nombreux instantanés, montrant toutes les équipes au travail, la direction d’acteur ou la mise en place des nombreuses scènes d’action. Un peu brut mais tout à fait intéressant.
Mais Roboto en profite aussi pour ajouter à l’ensemble deux interventions de youtubeurs, Azz L’épouvantail et Babilonya, l’un célébrant le style de Miike en brassant les meilleurs moments des deux films, l’autre redonnant la définition du genre Furyo. Pour peu d’apprécier ce type de vidéo, ça peut être informatif pour les néophytes.
Liste des bonus
Making of « Crows Zero » (75’), Making of « Crows Zero 2 » (26’), Interview de Takashi Miike (6’), Avant-première du film au Japon (16’), « Crows Zéro : la jeunesse selon Miike » par Azz l’épouvantail (17’), « Le furyo » par Babilonya (6’), 8 bandes annonces et teasers TV (6’), Bandes-annonces Roboto films.







