COMMANDO

Who Dares Wins – Royaume-Uni – 1982
Support : Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Ian Sharp
Acteurs : Edward Woodward, Lewis Collins, Judy Davis, Richard Widmark, Robert Webber…
Musique : Roy Budd
Durée : 125 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français 2.0 DTS HD Dual mono
Sous-titres : Français
Editeur : BQHL Editions
Date de sortie : 26 mai 2026
LE PITCH
Un groupuscule terroriste d’extrême gauche, la Voix du Peuple, organise des mobilisations contre les armes nucléaires. Malgré l’assassinat d’un agent infiltré lors d’une manifestation pour la paix, les autorités prennent le risque de renouveler l’expérience avec Peter Skellen, un officier des Forces spéciales officiellement révoqué de l’armée.
SOS chez les SAS
Vous ne saviez sans doute pas qu’il existait un Commando sorti en 1982, et c’est bien normal. Sorti sous le titre Who Dares Wins dans la langue de Shakespeare, le film en question ne joue pas dans la démesure décomplexée de son homologue avec Schwarzy. Cette version britannique, manichéenne à souhait, s’aventure davantage du côté de la caricature involontaire.
Commando se veut un film à la gloire des forces spéciales du SAS, appelées en cas de crise. Le film nous montre un agent officiellement renvoyé de ce corps d’élite infiltrer un groupuscule d’écologistes opposés au nucléaire. Lorsque ces derniers prennent en otage toute une ambassade, les SAS viennent à la rescousse… mais seulement au bout de 90 minutes sur les 120 que dure le film.
Ian Sharp, le réalisateur, fait son travail comme il se doit. Il s’est renseigné sur le mode opératoire des SAS auprès des intéressé en agrémente son film de nombreuses séquences d’entraînement. Filmé sans le moindre recul et avec un sérieux déconcertant, Commando pousse le spectateur à s’interroger sur sa véritable nature, tant il semble parfois frôler la parodie. L’esprit de Top Secret! des ZAZ nous revient alors en mémoire avant que le ton très premier degré ne nous ramène à la réalité. Malheureusement, le film n’ira pas beaucoup mieux par la suite. Le rythme s’étire avec une exposition qui prend tout son temps. Cela ne serait pas gênant si les personnages possédaient un minimum de charisme pour nous convaincre de leurs motivations. Difficile, dans ces conditions, de croire à l’implication du dramaturge Reginald Rose, l’auteur de 12 Hommes en colère, crédité au scénario.
Y a-t-il un pilote dans l’avion ?
Ian Sharp a débuté dans le documentaire pour la BBC en se spécialisant dans les productions consacrées à la musique. Son passé transparaît clairement ici. Deux longues séquences musicales viennent ainsi alourdir le récit : l’une montre un concert de rock organisé au profit de la cause antinucléaire, l’autre plus original représente un spectacle expressionniste qui vaut son pesant de cacahuètes en matière de comique involontaire. Le réalisateur essaie de faire ce qu’il peut avec les moyens qui lui sont alloués. Le budget limité oblige l’équipe technique à multiplier les plans rapprochés afin de masquer le manque d’ampleur de la production. Manifestement peu à l’aise, Sharp se retrouve à l’étroit sur un sujet qui ambitionne pourtant d’aborder plusieurs aspects de la politique impérialiste de l’époque.
Clopin-clopant, le réalisateur parvient tant bien que mal à son climax. Celui-ci promet enfin l’action attendue avec l’assaut de l’ambassade et la libération des otages. Parmi eux, l’immense Richard Widmark, en guest-star vieillissante, semble surtout être venu cachetonner pour financer sa retraite. Ce dernier acte militaire voit ainsi disparaître la moitié du casting dans l’indifférence la plus totale. Pourtant, le metteur en scène essaie sincèrement de bien faire, mais la bonne volonté ne fait pas tout. Il sera davantage reconnu pour deux films qui ne sont pas de son fait en tant qu’assistant réalisateur et de metteur en scène de seconde équipe sur Qui veut la peau de Roger Rabbit ? et GoldenEye.
Son Commando est un spectacle daté, à la facture proche du téléfilm, mais qui a au moins le mérite de mettre les SAS à l’honneur. Pas certain, en revanche, qu’à l’instar de Top Gun, qui avait suscité un afflux massif de jeunes recrues dans l’armée après sa sortie, il ait produit le même effet sur les forces spéciales britanniques.
Image
On est bien en présence d’une édition HD, mais la copie paraît, elle aussi, datée. Un tantinet trop sombre, l’image peine à convaincre. Le master alterne entre des plans parfaitement nettoyés et d’autres encore envahis par du fourmillement visuel. Reste une bonne stabilité générale qui aurait gagnée à être accompagnée d’une luminosité plus généreuse.
Son
La piste originale offre une dynamique convenable, même s’il faut pousser le volume pour profiter pleinement des effets sonores. La musique prend souvent le dessus au détriment des dialogues. La version française d’époque se révèle encore plus frontale et étouffée.
Interactivité
La parole est laissée à Vincent Nicolet de Culturopoing. Plein de bonne volonté, il revient sur chaque personne ayant participé au film dans l’espoir de nous convaincre de ses qualités. Peine perdue, on a du mal à le rejoindre.
Liste des bonus
Entretien avec Vincent Nicolet, journaliste (20’).





