CARRIE

États-Unis – 2002
Support : Bluray
Genre : Fantastique
Réalisateur : David Carson
Acteurs : Angela Bettis, Patricia Clarkson, Rena Sofer, Kandyse McClure, Tobias Mehler, Meghan Black, Jesse Cadotte, Emilie de Ravin…
Musique : Laura Karpman
Image : 1.78 16/9
Son : Anglais DTS Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 132 minutes
Editeur : BQHL Editions
Date de sortie : 27 juillet 2026
LE PITCH
La localité de Chamberlain, dans le Maine. Deux semaines après la tragédie du bal de fin d’année scolaire qui fait soixante-treize victimes parmi les collégiens, l’inspecteur John Mulcahey interroge Susan Snell, l’une des survivantes. Pour mieux répondre aux questions du policier, la jeune femme, toujours sous le choc, revit les événements et s’attache au cas de Carrie White, souffre-douleur de ses camarades de classe et qu’une mère bigote tourmente.
Sœur de sang
Alors qu’une série tv Carrie adaptée du roman de Stephen King par Mike Flannagan devrait rejoindre le catalogue Amazon Prime dans l’année, BQHL rappelle à notre souvenir une précédente version pour le petit écran produite en 2002. Considéré comme l’approche la plus fidèle, elle peine cependant clairement à exister à côté du chef d’œuvre de Brian de Palma.
Il y a des longs métrages qui semblent indépassables. C’est clairement le cas pour le magnifique et baroque Carrie de Brian de Palma, sortie en 1976 et ouvrant le bal de dizaines d’autres reprises de l’œuvre du romancier sur grand écran. Mais durant les années 90, c’est aussi sur le petit écran que le nom du célèbre auteur fait son trou avec des mini-séries comme ça, Le Fléau, Les Langoliers, Les Tommyknockers et un certain Shining produit sous l’aval de King par Mick Garris. Sacré pari de succéder au mastodonte de Stanley Kubrick, mais qui permet de se départir d’une vision d’auteur, d’une approche libre, pour revenir à une illustration plus longue et fidèle. Et ces succès successifs ouvrent forcément la porte justement à un nouveau regard sur Carrie, le premier grand succès littéraire du bonhomme. Oubliant la tentative malheureuse de pseudo suite, Carrie 2 : La Haine sorti en 1999, cette nouvelle proposition préserve cependant l’idée de transposer le récit dans l’Amérique contemporaine et même d’en reprendre toute l’esthétique télévisuelle de l’époque avec les séries pour ados en ligne de mire : photo plutôt directe mais légèrement veloutée, tournage en vidéo un poil baveuse, look teenage très 90’s, musique pop qui habille parfois l’arrière-plan… Le film pourrait tout à fait s’intégrer dans cette vision banlieusarde et nostalgique de la série à succès Dawson’s Creek lancée trois ans plus tôt et alors au pic de sa notoriété.
The Further Adventures of Carrie
Les producteurs et le scénariste Brian Fuller (futur créateur de Dead Lile Me, Hannibal ou Star Trek Discovery) imaginent d’ailleurs tout à fait le segment comme un pilote pour une futur série télévisée potentielle (NBC ne donnera pas suite) où Carrie, survivant ici au carnage final, traverserait le pays d’épisode en épisode en quête de rédemption et de normalité. L’épilogue très ouvert et détournant totalement le bouquin est cependant la seule vraie trahison de cette adaptation qui de par sa durée, trois heures aux USA avec les pubs, peut se permettre de beaucoup plus développer les personnages, leurs relations et en particulier celle de Carrie et sa mère, bigote enfermant sa fille dans une existence coupable. Une scène en particulier, totalement exclue des autres versions connues, permet d’illustrer le moment ou l’héroïne, toute petite, découvre pour la première fois des seins en observant la voisine bronzer dans son jardin. Un épisode qui sera suivi d’un esclandre public, de sévices et de menace sur l’enfant provoquant une chute de météorites. Réalisateur récurrent des licences Star Trek (le mou-mou Générations c’est lui), David Carson a quelques petits éclairs de talent comme celui-ci ou lorsqu’il illustre une Carrie tendue en attendant son partenaire pour le bal, faisant léviter inconsciemment tous les meubles du salon, mais pour le reste il affiche une réalisation extrêmement télévisuelle, plate et impersonnelle. Il a surtout tendance à étirer toutes les séquences au-delà du nécessaire, faisant systématiquement retomber toute tension ou toute instance dramatique, même dans le très attendu final du bal qui en plus d’être limité graphiquement par le carcan de la télévision (pas de sexe, pas de sang…) finit par être interminable. Et la construction générale en flashbacks autour de l’enquête menée par un policier qui interview les survivants n’aide certainement pas en ce sens.
Le film en lui-même n’arrive jamais à imposer son rythme ou un vrai regard sur cette terrible histoire d’émancipation féminine, sa seule vraie bonne idée restant d’avoir offert le rôle principal à la formidable Angela Bettis, révélée la même année dans dérangeant May de Lucky McKee, absolument parfaite pour incarner cette adolescente fragile, perturbée et mal dans sa peau qui s’ouvre peu à peu au monde et à sa féminité. Si elle se hisse presque au niveau de l’interprétation fébrile de Sissy Spacek, le reste est loin, très loin, de la maestria du film de De Palma.
Image
Le bluray est loin d’être impressionnant mais on ne peut clairement pas le reprocher à l’éditeur français ni au master proprement dit puisque ce Carrie fut intégralement tourné en vidéo, aux débuts des premières caméras numériques. Le rendu général manque alors forcément de profondeur, les contours scintillent légèrement, les plans flous sont nombreux, presque voilés, et ce même si on voit bien les efforts fournis pour constamment pousser le piqué dans ses retranchements et extraire le meilleur rendu possible. Certainement la meilleure image possible pour ce film.
Son
Le disque HD propose fièrement un mixage DTS HD Master Audio 5.1 qui là aussi essaye de dynamiser un peu le spectacle, lui offrir un volume et une profondeur inédite. Quelques scènes y gagnent effectivement, mais le DTS HD Master Audio 2.0 semble plus équilibré et proche de la modestie de la production. Le doublage français s’en sort honorablement avec une stéréo là aussi sobre, télévisuelle mais adéquate.
Interactivité
C’est à nouveau du côté de la rédaction de Culturopoing que BQHL est allé chercher son intervenant pour Carrie. Vincent Nicolet donc, qui se montre tout à fait enthousiaste à l’idée de venir défendre cette adaptation du célèbre roman de Stephen King. Il le compare forcément aux trois autres itérations, souligne la fidélité plus marquée au texte initial, revient sur la série espérée et brosse le portrait rapide du réalisateur, du scénariste et des actrices les plus visibles. Simple et efficace même si on n’est pas forcément d’accord avec lui sur les qualités de l’objet.
Liste des bonus
Entretien avec Vincent Nicolet, journaliste (18′).






