BOYZ N THE HOOD

Etats-Unis – 1991
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : John Singleton
Acteurs : Cuba Gooding Jr., Ice Cube, Morris Chestnut, Angela Bassett, Laurence Fishburne, Nia Long, Ceal, Darneicea Corley, Lexie Bigham, Kenneth A. Brown…
Musique : Stanley Clarke
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos, DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0 Anglais, Dolby Digital 5.1 Français, Italien, Allemand, Portugais…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Italien…
Durée : 112 minutes
Editeur : Sony Pictures
Date de sortie : 1 juillet 2026
LE PITCH
Le passage de l’adolescence à l’âge d’homme pour trois amis du ghetto South Central à Los Angeles : Tre, un brillant élève qui s’est fait renvoyer de son école pour avoir déclenché une bagarre ; Ricky, un athlète qui cherche à décrocher une bourse d’études pour une grande université ; et son demi-frère Doughboy, plongé dans l’alcoolisme et la délinquance.
How To Survive in South Central
Annonçant sans le vouloir, mais avec une acuité évidente, les grandes émeutes de Los Angeles qui adviendront quelques mois plus tard, Boyz N The Hood frappait par la justesse de son portrait d’une population, et surtout d’une jeunesse, ghettoïsée et constamment poussée à une auto-violence désastreuse. Sur ce point là malheureusement, le film semble toujours aussi important.
Scénariste et réalisateur de Boyz N The Hood, John Singleton (Poetic Justice, Fièvre à Columbus High…) n’est pourtant en ce début des années 90 qu’un jeune débutant, fraichement émoulu du programme d’écriture filmique de l’USC visant justement à favoriser l’entrée dans Hollywood d’auteurs complets. Animé par les souvenirs de sa jeunesse dans les quartiers noirs de Los Angeles, mais aussi habité par sa découverte des œuvres de Martin Scorsese (Mean Streets) et de manière plus évidente encore de Spike Lee (Do The Right Thing), il réussit à convaincre la Columbia d’investir dans ce qui va rapidement devenir le manifeste de la « hoodploitation ». Un descendant de le blacksploitation, mais où le sens du cool et le glam des années 70 a laissé place à une plus grande dureté et sans doute aussi une recherche plus marquée de véracité. Tout dans Boyz N The Hood respire justement la sincérité, le témoignage, que ce soit dans le parler extrêmement typé des personnages (plus encore en vo), que dans la musique (rap, sool, funk, groove… la playlist est culte) qui redessine chaque séquence, les looks ou la description de ruelles pauvres, habitées par une population noire vivant en circuit fermé, semblant ne pouvoir renvoyer sa violence, sa rébellion et ses sentiments d’injustice que vers leur propre communauté.
Too Young
Il y a tout cela ou presque dans le regard du rappeur Ice Cube, personnage secondaire mais central, délinquant brutal, misogyne dans le texte, mais terriblement touchant par sa fierté mal placée, les mauvais regards de sa mère et une douleur affleurante à chaque scène. Singleton est un cinéphile averti et si sa mise en scènes s’avère nettement plus sage que certains de ses modèles, plus académique, il préserve à sa manière cette vision communautaire, cette agitation revendicatrice qui par l’humanité de ses personnages se trouve une authentique universalité. Le plus joli pont de Boyz N The Hood étant sans doute dans ces quelques séquences de jeunesses, montrant l’amitié déjà très présente entre Tre et ses potes, gamins baignant dans un monde déjà brutal et inquiétant, et dont la trajectoire semble croiser directement celle des petits héros du superbe Stand By Me de Rob Reiner, jusqu’à ses destins brisés. Là le personnage dépeint par le tout jeune Cuba Gooding Jr incarne de la même façon à la fois la figure du témoin et de l’anomalie, sauvé de la chute par son éducation, le soutien de ses parents et une bonne dose de chance. Un film poignant, même dans ses grands moments presque trop sentencieux amenés par la parole du père dur mais juste interprété par Laurence Fishburne, qui a permis de révéler tout une réalité et un monde à des millions de spectateur à travers le globe.
Un succès sans doute permis aussi par la volonté de Singleton de mettre constamment en avant la notion d’éducation, de fraternité, d’entraide et, malgré la dureté de certains passages, une vraie note d’espoir, là où les frères Hugues opteront deux ans plus tard pour un ton nettement plus désespéré et agité avec leur Menace II Society justement marqué par les affrontements urbains de 1992 que Boyz N The Hood avait tenté de faire éviter.
Image
Passage réussi à la 4K pour Boyz N The Hood et ce même s’il n’est pas sûr que cette nouvelle copie ait été véritablement accompagnée d’un retour à la source. Plus certainement travaillé à partir de la copie HD déjà croisée sur l’ancien Bluray (très perfectible), mais largement améliorée, nettoyée et peaufinée. L’opération est visible dans quelques plans aux bords plus sombres ou lors de certains intérieurs où le grain organique laisse place à un effet bruité sur les bords. Rien de vraiment gênant puisque dans l’ensemble les cadres affichent une précision intense, un relief très marqué et surtout une palette de couleurs admirablement rehaussée par le duo Dolby Vision / HDR. Sans jamais dénaturer les intentions initiales, le nouveau traitement des couleurs et des noirs fait enfin pleinement honneur aux teintes vives et contrastées qui habillent les quartiers du Los Angeles de ce début des années 90.
Son
Le film se dote d’une toute nouvelle piste originale Dolby Atmos qui fait largement oublier les prestations précédentes. Outre des dialogues clairs, frontaux et constamment énergiques, le mixage développe avec une générosité folle les atmosphères musicales (les tubes s’enchainent inlassablement) et les ambiances urbaines avec un équilibre parfaitement naturel. Les amateurs peuvent s’amuser à jouer les comparatifs avec la déjà très performantes piste DTS HD Master Audio 5.1 et les puristes opteront peut-être pour le DTS HD Master Audio 2.0 fidèle à la frontalité première. Dommage pour le doublage français, loin d’être honteux, mais qui doit se contenter d’un Dolby Digital 5.1 qui commence à être un peu à la traine.
Interactivité
Si Sony se contente glisser dans le boitier l’ancien Bluray de 2011 et sa copie trop plate, cela permet tout de même à l’amateur de profiter à nouveau des excellents suppléments de l’édition avec principalement un commentaire audio très impliqué et bourré d’informations du réalisateur et deux documentaires rétrospectifs assez long revenant sur la genèse du projet, son tournage et son héritage avec les interventions d’une bonne partie de l’équipe.
Mais l’éditeur a aussi ajouté trois items « inédits » sur la galette UHD. Un retour trop rapide sur la filmographie et le style Singleton, une featurette d’époque moins longue encore, et enfin l’intégralité d’une conférence de presse donnée par le réalisateur à la sortie du film. Un vrai document qui montre un jeune Singleton s’efforcer de parler cinéma, d’amour de sa communauté, de fraternité, tandis que les journalistes reviennent inlassablement sur les événements se déroulant à la même époque, renvoyant le film à une violence et un communautarisme qui ne sont pas les siens.
Liste des bonus
Hommage à John Singleton (6’), Conférence de presse (25’), Dans les coulisses du film (5’), Commentaire audio de John Singleton, The Enduring Significance of Boyz N The Hood (28’), « Tir ami : La création d’une légende urbaine » (43’), Clips (8’), Scènes coupées (4’), Auditions (2’).







