BARBARELLA

France, Italie – 1968
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Space Opera, Comédie, Erotique
Réalisateur : Roger Vadim
Acteurs : Jane Fonda, John Phillip Law, Anita Pallenberg, Milo O’Shea, Marcel Marceau, David Hemmings, Ugo Tognazzi
Musique : Charles Fox
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Néerlandais, Japonais…
Durée : 98 minutes
Editeur : Paramount Pictures France
Date de sortie : 10 décembre 2026
LE PITCH
En l’an 4000, le monde vit dans une ère de paix où les armes sont devenues obsolètes. l’astronaute Barbarella, alors en vacances, se voit confier par le président de la Terre une mission spéciale. Elle doit retrouver Durand-Durand, un savant disparu il y a quelques années, inventeur de l’arme absolue, qu’il veut vendre à une planète ennemie…
SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !
Célébré dans le CQ de Roman Coppola comme l’un des plus grands phantasmes cinématographiques, Barbarella est régulièrement remis sur l’étable des futurs remakes abandonnés. Comme si cette excroissance pop, entre légèreté et vulgarité était intouchable. Et pourtant avec un corps pareil…
Et en courbes avantageuse, le réalisateur Roger Vadim en connait un rayon. Lui qui livrait sa passion pour le corps de Brigitte Bardot dans son premier Et l’Homme créa la femme… n’aura eu de cesse tout le long de sa carrière d’être quasiment motivé que par le désir que provoque en lui ses actrices, et a plus juste titre ses concubines du moment. Et si l’auteur de la BD Jean-Claude Forest s’était largement inspiré de la plantureuse B.B. en 1968, Vadim est au moment du tournage avec l’athlétique et fascinante Jane Fonda, américaine encore en attente d’un démarrage de sa carrière, considéré encore dans le métier comme une nymphette pas franchement mémorable. On peut dire que grâce à Barbarella, la demoiselle va fracasser l’écran, et en particulier grâce à un générique d’un érotisme aussi naïf que puissant : en apesanteur un cosmonaute retire un à un les éléments de sa combinaison, dévoilant ici une jambe galbée, là un sein ferme ou en retirant son casque l’une des cascades de cheveux les plus orgasmiques de l’histoire du cinéma. Comme une blague, comme une légère ritournelle grivoise, ce strip-tease cosmique est accompagné d’une chanson fabuleusement sixties signée Charles Fox (Happy Days, La Croisière s’amuse) faisant littéralement danser les lettres du générique à l’écran. Ces dernières en profitant au passage pour caresser le corps offert de Jane Fonda et dissimuler les zones critiques. Un programme prometteur que le film dans son intégralité ne tiendra pas forcément sur la longueur, se contentant le plus souvent de naviguer jovialement sur le flot d’un scénario (écrit à 14 mains !) épisodique où le moindre dialogue, la moindre péripétie consiste surtout à pousser l’héroïne spatiale dans les bras d’un nouvel obsédé sexuel.
Ça fait SPLATCH !
Découvrant pour la première fois le véritable amour physique (sans pilule donc) avec un Ugo Tognazzi recouvert de beau de bête, celle qui pensait que le monde n’était qu’amour va transmettre ses connaissances à un ange aveugle, a un dictateur pirate ou au responsable de la rébellion locale (le David Hemmings de Blow Up), sans oublier un petit passage sur une machine à orgasme pianoté par ce sadique de Milo O’Shea. Des situations rocambolesques, mais répétitives, qui donnent finalement l’occasion à l’illuminé Paco Rabanne d’exposer son mauvais goût vestimentaire au travers de jupettes en fourrure et en écailles. Entre la SF de bon marché directement issues des vieux serials à la Flash Gordon et les purs rebondissements d’un film érotique plat, Barbarella amuse, peut réjouir, mais a toujours peine à dépasser son postulat, son réalisateur étant sans doute trop occupée à souligner la moindre mimique de son actrice, la moindre pause lascive (et il y en a) comme si le jeu érotique n’incluait jamais vraiment le spectateur, mais bien le ‘maitre’ et son égérie. Un spectacle assez déroutant donc, parfois à la limite de l’indécence non pas dans les images présentées (finalement bien plus soft que l’ouverture), mais par leur charge intime qui transparait sur chaque photogramme. Et si l’œuvre de Jean-Claude Forrest préfigurait à ses début l’arrivée de la libération sexuelle et de caractères féminins aux désirs affirmées, Barbarella devient sous les doigts moites de Vadim un objets branquignole, bardé d’idées déviantes (la masse vivantes qui « coule » sous la surface de la planète), de designs terriblement kitchs, d’effets spéciaux aussi datés que poétique, mais aussi et encore de cette liberté créatrice totalement unique qui explosait dans ce cher cinéma psychédélique des 60’s, comme l’atteste la production suivante de cher Dino De Laurentis : Danger : Diabolik !. Vadim n’étant pas Mario Bava, son film s’en sort avec moins de fulgurances, avec une image bien moins maitrisée, mais Jane Fonda qui se fait mordiller par des poupées dentées ou est attaquée par des piafs en furies, c’est tellement sexy !
Image
Nouvelle restauration d’envergure pour Barbarella ! Celle-ci a été effectuée à partir d’un scan 4K des négatifs 35mm, ainsi que de quelques segments interpositifs 4K pour combler les passages trop abimés. Un travail pointu et détaillé, qui permet de faire rejaillir à nouveau toutes les couleurs chatoyantes et contrastées de Claude Renoir (L’Espion qui m’aimait). La copie désormais virginale (c’est bien la seule) en met clairement plein la vue, étalant sans vergognes ses teintes chaudes (voir moites) exposées en Dolby Vision et un piqué particulièrement précis et limpide. Un régal pur et simple, à peine entaché par les habituels plans d’effets spéciaux optiques qui se perdent sous un voile légèrement neigeux, qui s’offre d’ailleurs le luxe d’exposer son grain de pellicule tout en creusant sa profondeur et en redessinant délicatement la moindre plume de ce cher Pygar. Difficile de faire mieux.
Son
Nouveauté du support 4K, le film s’offre pour la première fois un mixage 5.1. Du True HD 5.1 pour être précis qui retrouve la pureté du mono restauré du Bluray mais avec cette fois-ci quelques ambiances sonores plus profondes et dynamiques. Des petits « swigg, zap et zing » qui habillent les enceintes arrières et creusent les sensations spatiales de l’aventure tout en préservant son petit côté old fashion. Très appréciable, en particulier comparée à la version française Dolby Digital 1.0 pas forcément des plus mirobolantes.
Interactivité
Même si le film a été un superbe flop lors de sa sortie, il est devenu au cours des années un vrai petit film culte, souvent regardé avec indulgence (et quelques substance illicites) qui aurait dû motiver l’éditeur pour fournir au moins un making of rétrospectif. Il n’y a pourtant toujours rien à se mettre sous la dent, même pas une bande-annonce ou une galerie de photos.
Liste des bonus
Aucun.






