ASSAUT ! JACK L’ÉVENTREUR

暴行切り裂きジャック – Japon – 1976
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Yasuharu Hasebe
Acteurs : Tamaki Katsura, Yuri Yamashina, Natsuko Yashiro, Yutaka Hayashi…
Musique : Hajime Kaburagi
Image : 2.35 16/9
Son : Japonais DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 98 minutes
Editeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 1 octobre 2026
LE PITCH
Yuri et Ken travaillent dans un restaurant à Tokyo, elle comme serveuse, lui en tant que pâtissier. À l’heure de la fermeture, à la nuit tombée, Ken ramène Yuri dans sa voiture. En chemin, ils prennent une auto-stoppeuse bientôt sujette à une crise d’hystérie qui la pousse à se scarifier. Agacé, Ken l’éjecte du véhicule, puis pris de remords, il s’arrête. Mais quand il retrouve la fille, celle-ci est morte. Yuri et Ken se rendent alors dans une décharge où ils se débarrassent du corps. Unis par le crime, les deux collègues se retrouvent chez Ken où, excités par cet événement, ils réalisent que le meurtre et la torture agissent sur eux comme un aphrodisiaque.
Les anges violés
Variation nippone autours de la figure des Tueurs de la Lune de miel, Assaut ! Jack l’éventreur et son titre totalement bis, fait partie des Roman Porno les plus déviants et radicaux produits par la Nikkatsu. Une romance malade pour deux prédateurs aux fantasmes on ne peut plus personnels.
Yuri est une simple serveuse dans un restaurant, pas forcément des plus attentionnées avec les clients, pas forcément des plus respectées par ceux-ci non plus. Ken est un simple pâtissier, timide, effacé et doué pour monter les gâteaux à étages dont le principal attrait est d’attirer le regard de sa collègue. Deux êtres de rien, mais qui un soir tuent par accident une auto-stoppeuse dérangée et masochiste, et déchirent son vagin en voulant déplacer le corps. Une profanation choquante, mais qui étrangement va résonner chez les deux amants, leur offrant dans une pulsion de vie, leurs plus beaux orgasmes respectifs. De victimes ils passent à bourreaux, de passifs ils deviennent actifs, et ne peuvent désormais retrouver cet état de satiété qu’en multipliant les victimes féminines, jeunes femmes kidnappées où percutées sur la route, et en les pénétrants avec un couteau à pâtisserie. Cette manière d’abimer et maltraiter les victimes sera le seul lien visible avec la légende de Jack L’éventreur, et le film ne développera jamais vraiment plus son scénario, laissant au spectateur le soin de scruter ces deux êtres dérangés et destructeurs en quête d’une humanité et, pourquoi pas, d’un début d’explication sur leurs pulsions… en vain. Ils peuvent cependant s’avérer presque touchants, elle dans son amour immodéré pour son homme, prête à tout faire et tout lui offrir pour son bonheur, lui s’efforçant de se détacher de cette partenaire envahissante et d’échapper (pas très longtemps) à ses besoins de tuerie.
L’amour en deux
Deux reflets de la folie d’un monde, d’une pathétique humanité, où même l’étreinte charnelle ne suffit plus guérir les plaies. Comme une chronique, fluide, mouvante, répétitive dans ses executions, mais toujours assez crue dans l’exploration des corps et l’étalage des sévices subits par les pauvres femmes que Yasuharu Hasebe aborde presque avec la suavité et l’élégance fétichiste du giallo. Composant, comme ses cousins italiens, avec la censure, il n’impose jamais d’images gores, mais par le symbolisme appuyé, l’élégance des compositions de plans, les effets de montages ou même cette curieuse musique faite de « chabadabada », distille une atmosphère venimeuse, mortellement chaloupée. La caméra dissimule partiellement les scènes chocs, mais les bruitages de chairs découpés et les giclées de sang ne font que peu de mystère sur l’horreur subie par les victimes de Yuri et Ken. Deux êtres en marge, asociaux, sociopathes à peine dissimulés comme les apprécie toujours le réalisateur, révélé dès son premier film Les Tueuses en collants noirs, devenu l’un des spécialistes des sagas sukeban (les Stray Cat Rock, c’est lui) et qui officia même sur la mythique saga de la Femme scorpion (pour Mélodie de la rancune, pas le meilleur en effet), excellent artisan du cinéma d’exploitation japonais de l’époque en tout cas.
Ici une nouvelle fois il compose un scope habile et généreux, souligne les explosions d’une photographie riche et pop, et multiplie les effets de style propres aux 70’s (ruptures de rythme, composition au cordeau, inserts brutaux…) pour un résultat dont la beauté tranche cruellement avec la folie de scènes mélangeant allègrement Eros et Thanatos. La dernière, renvoyant à la fameuse tuerie de Richard Speck (huit étudiantes infirmières massacrées dans la même nuit) fait culminer le chaos et l’amoralité du spectacle vers une aube où seule la folie persiste.
Image
Encore une très belle copie pour un titre de la Nikkatsu. Les informations sur la restauration ne sont pas des plus précises mais le résultat est là : les cadres sont intensément propres, précis, stables et maitrisés. Plus aucune trace (ou si peu) d’anciennes griffures ou autres sur la pellicule, mais le grain, les textures presque soyeuses et les argentiques ont été admirablement préservés. Cerise sur le gâteau (c’est de circonstance), les couleurs sont resplendissantes, vives et contrastées à souhait.
Son
La piste japonaise reste accolée à son mono d’origine, mais avec une restitution DTS HD Master Audio 2.0. C’est sobre mais équilibré, clair et bien balancé. Rien à redire.
Interactivité
Comme les précédents titres de la collection, on retrouve disque Bluray dans son boitier scanavo full frame avec fourreau, accompagné d’un petit livret composé uniquement de photos du film et de ses coulisses issues des archives du studio. Un petit trésor pour les amateurs.
Sur le disque bluray, c’est à nouveau Clément Rauger, qu’on ne présente plus, qui propose une présentation très complète du film avec un détour par la filmographie de Yasuharu Hasebe puis un regard sur les motifs particuliers de ce métrage qui ne l’est pas moins.
Liste des bonus
Un livret de photos rares issues des coffres de la Nikkatsu (8 pages), Tueurs en série » par Clément Rauger (14’), Bandes-annonces de la collection Nikkatsu.






