DEMON SLAYER KIMETSU NO YAIBA : LA FORTERESSE INFINIE FILM 1

劇場版「鬼滅の刃」無限城編 – Japon – 2025
Genre : Action, Fantastique, Animation
Réalisateur : Haruo Sotozaki, Hikaru Kondô
Acteurs : Natsuki Hanae, Akari Kito, Hiro Shimono, Kana Hanazawa, Saori Hayami, Yoshimasa Hosoya…
Musique : Yuki Kajiura, Go Shiina
Durée : 155 minutes
Distributeur : Crunchyroll
Date de sortie : 17 septembre 2025
LE PITCH
Tanjirô Kamado a rejoint une organisation dédiée à la chasse aux démons, les pourfendeurs de démons, après que sa jeune sœur Nezuko ait été transformée en démon. Alors que l’armée des pourfendeurs de démons et les piliers s’exerçaient lors d’une session d’entraînement en prévision du futur affrontement contre les démons, Muzan Kibutsuji fait son apparition au manoir Ubuyashiki. Le responsable de l’armée étant en danger, Tanjirô et les piliers se ruent vers le quartier général, mais tombent dans le piège tendu par Muzan Kibutsuji et se retrouvent coincés dans les profondeurs d’un espace mystérieux.
Plus rien ne sera comme avant
C’est d’ors et déjà l’anime de tous les records au Japon : La Forteresse infinie, premier chapitre du grand final de Demon Slayer à trusté le box-office local et entamé son ascension aux sommets historiques s’apprêtant à dépasser… Le Train de l’infini précédent long métrage de la même licence sortir en 2020 ! Ne reste plus donc aux amateurs français de s’engouffrer dans les salles afin de juger sur pièce.
Après pas loin de dix années de publications au sein du fameux Weekly Shonen Jump le manga Demon Slayer, signé Koyoharu Gotôge, a atteint les 23 tomes reliés dépassant les 220 millions d’exemplaires vendus et à surtout connu une adaptation animée produite par le studio ufotable (Fate/Zero, God Eater…), qui a remporté tous les suffrages. Autant pour sa qualité d’adaptation pure que pour sa faculté à sublimer même parfois le matériau d’origine par sa qualité d’animation, son travail sur les couleurs et les effets les plus spectaculaires. Quatre saisons hautement qualitatives, et un long métrage Le train de l’infini reprenant à lui seul un arc complet du manga, sont venu concrétiser l’engouement colossal de toute une génération pour ce shonen mêlant action, ésotérisme shinto et énormément d’accents tragiques. A ce titre, le film La Forteresse infinie, ou plutôt le premier chapitre d’une trilogie annoncée, vient parachever tout cela. C’est en effet autant la première marche vers le grand final de la série et donc l’ultime combat de Tanjirô et ses amis contre le maléfique Muzan Kibutsuji, que la concrétisation de l’explosion d’un assez jeune studio passé en quelques années du statut de challenger à un label reconnu. A ce titre, ce nouveau long métrage dépasse sur grand écran toutes les prouesses qu’ils avaient pu démontrés jusque-là, assurant une fluidité d’un niveau inédit dans la franchise et surtout réussissant à marier à la perfection les personnages en 2D avec des environnements 3D omniprésents mais dont la nature presque conceptuelle (un temple infini composé tel un labyrinthe inextricable) pousse les évènements guerriers vers un nouveau niveau d’abstraction et de fascination.
Vers l’infini et au-delà
Techniquement solide, La Forteresse infinie reprend aussi à son compte les codes attendus du genre (le shonen) et la structure désormais bien connue des grands moments de Demon Slayer avec une entrée fracassante et sans introduction au cœur des évènements (annoncés par les dernières images de la saison 4 de l’anime) et une première succession d’affrontements aux issues plus ou moins dramatiques (en particulier du coté de Shinobu, piliers de l’insecte face à la 2e lune supérieure, sorte de vampire sadique), où se croisent allègrement acolytes et ennemis dans un ballet que seul véritablement les aficionados peuvent parfaitement comprendre. Une structure narrative, affrontement délirant au premier plan, poursuites, révélations et moments émotions au second , qui, il faut bien le dire, a parfois un petit côté trop mécanique ici, le scénario pliant souvent sous le poids de la multitude d’évènements et de personnages invoqués. Mais là où le long métrage frappe très fort c’est dans sa seconde partie, la plus longue, entièrement consacrée au combat qui allie Tanjiro et Giyu Tomioka contre l’antagoniste majeur Akaza (Troisième lune supérieure). Un duel dantesque de près 90 minutes totalement délirantes, épiques et prodigieuses où les combattants repoussent sans cesse leurs limites dans des danses mortelles aux sabres. Mais l’effet ne serait sans doute pas aussi marquant, si le scénario ne s’offrait pas en plein milieu une parenthèse d’une vingtaine de minute contant le terrible récit des origines du démon, figure au destin sacrifié, à la vie de malheur déchirante, qui dès lors transforme totalement les enjeux de ce baroud d’honneur aux lourdes conséquences. Un très grand moment dans le roman de Demon Slayer.
Excitant, impressionnant mais aussi souvent touchant, Demon Slayer travaille autant à l’écran un sens de la démesure anime typique des codes du shonen (amitié, sens du sacrifice et du dépassement de soi, nouvelles techniques toujours plus puissantes…) qu’une émotion lourdement chargée qui donne une vraie aura aux personnages du récit, que ce soit le jeune héros, ses camarades d’armes ou ses ennemis, cruels, détestables, mais pas que. Premier chapitre d’une trilogie attendu en trépignant par des hordes de fans comme leur ultime Graal, passé un démarrage un peu chaotique, ce premier film de La Forteresse infinie place la barre assez haute pour une suite que l’on espère plus saisissante encore.







