ZIG

ZIGジグ – Japon – 2017
Genre : Action, Thriller
Scénariste : Takashi Nagasaki
Illustrateur : Tetsuya Saruwatari
Nombre de pages : 272
Éditeur : Delcourt / Tonkam
Date de Sortie : 01 juillet 2020
LE PITCH
Le CV de Kiryû Jingo fait mention de ses états de service dans la section spéciale des Forces japonaises d’autodéfense. Mais depuis, il est devenu agent de sécurité dans une banque de Hong Kong. Lors d’un hold-up, il découvre très vite que les voleurs sont en réalité sous contrat avec le département de l’information chinois. Kiryû se trouve alors embarqué dans une guerre entre États.
Grosse puce
Le collaborateur de Naoki Urasawa sur Monster et Pluto s’associe à l’illustrateur de Free Fight pour un actionner pétaradant et méchamment viril. Mais dans Zig, La Terreur est inacceptable, les gros muscles et les grosses pétoires ne sont pas toujours la meilleure réponse.
Artiste en activité depuis la fin des années 80, Tetsuya Saruwatari cultive surtout un intérêt certain pour les séries seinen franchement viriles et peuplées de masses de muscles plus portées sur l’action que sur les grands sentiments. De Tought à Freefight, ses deux séries les plus populaires, il a imposé avec ce petit quelque-chose de Tetsuo Hara (Ken le survivant) un monde de vrais mecs aux mâchoires aussi carrées que leurs épaules. De ces gros bras rompus à la castagne, il en est naturellement question dans le one shot Zig (un seul volume, c’est suffisamment rare pour être signalé) où le courageux Zig (ex-soldat de paix japonais, ex-légionnaire, ex-victime d’une exécution jihadiste) se retrouve confronté quasiment seul à une troupe de mercenaires sans âmes ayant participer à toutes les pires guerres de ces dernières années. Seul, avec sa bite et son couteaux comme dirait l’autre. Une touche aussi bien visuelle que contextuelle qui se voit plongée cette fois-ci dans un contexte des plus contemporains où le trait fin et précis du dessinateur, sa fabrique réaliste, donne une dureté rare aux décors urbain tout de béton.
Dégoupillé
La jungle de Rambo est désormais bien loin, mais il est tout de même question de cette notion de militaire brisée, quettant la paix et la reconstruction identitaire, dans le manga, et on reconnaît là l’apport indéniable du scénariste Takashi Nagasaki, ancien assistant du célèbre Naoki Urasawa avec qui il prend pour un temps ses distances, qui ne diminue pas les contours Expandables, mais les teinte d’une réflexion morale, voir philosophique, beaucoup plus sensible et humaine. Surtout, par l’entremise d’un simple casse dans une banque hongkongaise, il entraîne le lecteur dans les coulisses de la diplomatie honteuse, dans les tractations politiques opaques et les opérations blackops. Les discussions un peu manichéennes entre Zig et l’homme qu’il doit surveiller coûte que coûte tombent certes parfois un peu dans les grands élans rédempteurs, mais ces brèves pauses ne font que s’entrevoir alors que des pans entiers d’un bâtiment délabré s’effondre derrières eux… pas longtemps d’ailleurs après qu’un brave vigile se soit fait littéralement exploser le bide.
Comment ne pas penser à la grande époque des Schwarzy et Stallone ? Et le manga repose sur une montée en pression parfaitement maintenu et une déflagration finale particulièrement efficace. Musclé mais pas bodybuildé.




