POMPÉI T.2 : VICTORIUS

France – 2026
Genre : Histoire, Drame
Dessinateur : Paolo Grella
Scénariste : Rudi Miel, Fabienne Pigière
Nombre de pages : 56
Éditeur : Anspach
Date de sortie : 21 août 2026
LE PITCH
À Pompéi, le gladiateur Victorius, invaincu et adulé, incarne la réussite spectaculaire qu’offre la violence des jeux. Luna, jeune fabricante d’huile de massage, l’admire en silence depuis les gradins. Mais derrière le héros se cache un homme en proie à un secret pesant. À mesure que sa renommée grandit, Victorius devient plus brutal, poussé par la foule et par ceux qui profitent de la violence de l’arène.
L’arène en cendre
Entamée l’année dernière avec l’album Assa, la série Pompéi ne se consacre pas à la destinée d’un seul personnage mais bien à celui d’une cité, quelques jours, quelques heures, avant l’anéantissement par le Vésuve. Chaque album se focalise alors sur un de ces visages anonymes, perdus dans le temps… même s’ils ont été un gladiateur adulé par tous.
Après l’esclave trahi par ses maitres, c’est au tour de Victorius de s’incarner dans les rues antiques de la grande Pompéi. Un héros de son temps, adulé par les spectateurs, qui louent son sens de la compassion, et surtout admiré par les femmes qui tombent toutes sous son charme. Mais Victorius est une âme sérieuse, solitaire et qui peine effectivement à se laisser aller dans les bras des femmes. L’argument d’une histoire d’amour difficile entre lui et la jolie et douce Luna, dont le coup de foudre rapide va cependant connaitre quelques aléas compliqués une fois que les corps vont se rapprocher et entrainer le protagoniste vers une violence que subiront ses adversaires. Les auteurs Rudi Miel et Fabienne Pigière (Libertalia) reviennent aux commandes et semblent ici encore manquer de quelques pages pour véritablement développer leur trame, l’étendre plus largement sur le temps et clarifier quelques arguments. On se prend cependant rapidement de tendresse pour les deux amants et une passion qui culminera de la plus belle des façon, tragique mais poétique, sur la dernière planche.
Morituri te salutant
A nouveau ce qui fait vraiment la différence dans cet album est la manière qu’à la ville de Pompéi d’habiter littéralement chaque évènement, chaque scène, chaque figure, comme un personnage à part entière. Une superbe ville romaine, florissante, grandiose que les auteurs s’efforcent constamment de crédibiliser et d’incarner en multipliant les détails culturels et architecturaux, et en approchant une narration parfois digne du documentaire qui illustre la réalité des combats dans les arènes, mais aussi les mouvements dans les gradins, le temps de repos entre les confrontations, les virées dans les auberges, les passages au bordel, le métier de fabricant d’huile pour le corps… Tout respire la reconstitution soignée et poussée, mais avec une profondeur toujours au service de l’histoire, petite ou grande. On ressent le même prévenance chez le talentueux Paolo Grella (Galkiddek, Bob Morane…) dont les peintures en couleurs directes retrouvent bien souvent les effluves des fresques murales et des mosaïques de l’époque, tandis que son trait, réaliste mais délicat et plein d’émotion, dépasse aisément la simple ligne du péplum pour vraiment aborder un drame historique et romanesque dont l’échelle est régulièrement remise en question par quelques inserts sur l’imposante montagne qui les surplombe et les soubresauts d’une éruption inéluctable.
Ce deuxième tome de la série concept consacrée à la mythique ville de Pompéi, et ses habitants, confirme aisément ses nombreuses qualités et l’aura de fascination que provoque encore et toujours cette cité disparue mais éternellement conservé dans la lave.



