LE PETIT DERRIÈRE DE L’HISTOIRE : INTÉGRALE

Tomes 1 à 4 – France – 2020 / 2024
Genre : Érotique, Humour, Fantastique
Dessinateur : Katia Even
Scénariste : Katia Even
Nombre de pages : 240 pages
Éditeur : Tabou BD
Date de sortie : 6 novembre 2025
LE PITCH
On dit souvent que derrière chaque grand homme, il y a une femme. Et si c’était la même qui voyageait depuis notre époque dans le lit des grands inventeurs pour leur souffler sur l’oreiller l’idée qui les rendra célèbres. Brinquebalée dans l’espace-temps, soumise aux caprices d’une télécommande qu’elle ne possède pas, Marie ne contrôle pas ses voyages et son destin semble d’être parsemé d’érotisme qui nourrit l’histoire des inventions universelles.
Le plus simple appareil
Après avoir fait ses débuts dans l’autoédition puis être passé du côté des Éditions du chat pour l’ensemble de ses quatre tomes et quelques bonus collectors en période de confinement, la création gentiment lubrique et légèrement éducative de Katia Even revient en intégrale chez Tabou BD. De quoi réchauffer les dessous du sapin.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore Marie, il s’agit d’une ingénieure en physique quantique qui après une soirée arrosée qui s’est transformée en partie de jambes en l’air avec un inventeur un peu étourdi, enclenche sans le vouloir une étrange machine à voyager dans le temps. Si elle revient de temps en temps aux cotés du fameux Ben, perdu quelques-part hors du temps, elle se retrouve surtout baladée d’une époque à une autre, aux cotés de grands découvreurs et scientifiques de notre histoire… et le plus souvent en mode naturiste. De Edison à Einstein, de Léonard de Vinci à Mr Nobel en passant par le peuple viking ou nos ancêtres de Cro-Magnon sans oublier la belle Hedy Lamar ou le couple Curie, la demoiselle plutôt gironde affole les sens de tout ce beau monde qui ne peut s’empêcher de lui sauter dessus. Ça tombe bien, en plus d’en connaitre un rayon coté science, Marie est aussi une grande libertine qui assume autant ses envies que ses sentiments. Il serait donc dommage de repousser ces rencontres interculturelles et intertemporelles, en particulier quand au détour de quelques mots doux ou lubriques échanges, la miss délivre la clef pour les plus grandes avancées de notre espèce : le feu, la roue, la dynamo, le bateau, l’ADN, les ondes radio, le moteur à vapeur, les rayons X… Une manière plutôt espiègle pour rappeler que derrière, devant ou dessous, chaque grand homme canonisé dans les livres d’histoire, il y avait souvent une femme qui œuvrait dans l’ombre.
88 miles à l’heure… et sans culotte !
Débutant comme une petite série de gags se résumant le plus souvent à une ou deux pages rapides, Le Petit derrière de l’histoire s’est épris de quelques ambitions narratives au cours des albums, s’attardant de plus en plus sur les périodes explorées, développant une passion sentimentale de l’héroïne pour le torturé Nikola Tesla et entrainant la demoiselle et le pauvre Ben dans des zones de dangers quantiques plus préoccupantes. La dernière phase plonge même à pied joint dans le cadre des paradoxes temporels prenant en grande partie pour décors un présent transformé en délire steampunk… mais où le bon vieux machisme des institutions est toujours d’actualité. On peut parfois avoir un peu la sensation que la série se disperse, part dans toutes les situations et surtout n’arrive pas vraiment à garder un rythme et une tonalité parfaitement cohérente, mais le mélange de réalité scientifique et historiques et le regard parfaitement frivole, tout en second degré, de la courageuse et volontaire Marie assure toujours une lecture joyeuse et coquine. Même lorsque la demoiselle revient dans les dernières pages de chapitre, avec cette fois-ci une robe d’académicienne (il était temps !) afin de préciser quelques informations sur les diverses découvertes évoquées. Un peu de sérieux mais pas trop, pour une BD qui de toute façon dès le départ avait fait le pari de jouer sur une partition distanciée préférant l’érotisme grivois à la pornographie trop démonstrative, et surtout d’imposer un style rondouillard et naïf plutôt qu’un semblant de réalisme trop sérieux. Autrice de Le Plastique c’est fantastique ou scénariste du beaucoup plus sérieux et brutal Inguinis, Katia Even offre à ses personnages des petits airs d’icônes SD échappées de mangas humoristiques, se donnant une petite familiarité avec la série des Péchés mignons signée Arthur de pins.
De la BD érotique amusante et pleine d’infos qui serait dès lors accessibles à tous, presque pour toute la famille, où s’affirme autant une héroïne féminine totalement libérée (pour ne pas dire désinhibée) qu’une jolie soif de connaissance.



