SAROS

Finlande – 2026
Support : Playstation 5
Genre : Rogue Lite
Développeur : Housemarque
Musique : Sam Slater
Durée de jeu : Moyenne
Langue : Audio et textes français
Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Date de sortie : 30 avril 2026
LE PITCH
Dans l’ombre d’une sinistre éclipse qui couvre le ciel de Carcosa, une planète mystérieuse, Arjun Devraj est un protecteur à la solde de la multinationale Soltari. Sa mission : retrouver des colons disparus sur cette planète polymorphe, dangereuse et bien secrète.
La fameuse cible sur le dos
Housemarque s’est fait connaître du grand public avec l’extraordinaire Returnal, sorti sur PS5 en 2021. Avec Saros, son dernier titre, le studio finlandais revient nous montrer ce qu’il sait faire. Et c’est une évolution magistrale ! La formule est si finement réglée qu’on pourrait l’affirmer sans sourciller : Housemarque ne se contente plus de dominer le genre du bullet ballet, il le transcende.
Issus du même studio de développement, les points de comparaisons entre Saros et Returnal sont nombreux : pèle mêle, on remarquera que les deux titres évoluent autour d’une histoire de psychologie assez torturée, que les niveaux sont agencés aléatoirement ou encore que les bonus feront régulièrement l’objet d’un arbitrage de la part du joueur. Assurément, les fans du précédent titre ne seront pas dépaysés en jouant à Saros. Toutefois, ce dernier délaisse l’ambiguïté cryptique de son prédécesseur pour un récit à la mise en scène bien plus explicite. Le protagoniste est lancé dans une mission suicide pour le compte d’une multinationale interstellaire. Mais le héros n’est pas seul. Il est accompagné de plusieurs personnages aux caractères bien définis et d’une IA omniprésente. Même ceux qui n’ont jamais vu le premier Alien reconnaîtront l’odeur de la douille à venir. Cette équipe va devoir plonger dans un environnement infernal où des éclipses solaires inexplicables ont déjà plongé plusieurs membres dans une démence religieuse autodestructrice. Mais même avec un cadre plus clair, les designers narratifs ont laissé la part belle part au mystère, autant pour l’ambiance sonore que visuelle. Vous n’avez pas fini de chercher à comprendre.
La mort comme alliée
L’ambiance est certainement un élément du jeu qui a été particulièrement travaillé. Mais là où Saros frappe le plus fort, c’est sans conteste dans son équilibre ludique. La difficulté reste au cœur de l’expérience et la mort se désignera toujours au pluriel. Mais un système d’arbre de compétences apporte une structure de progression permanente particulièrement motivante. À chaque périple, désigné par le terme « cycle », le joueur récolte des points d’expérience appelés lucénite. Quand le joueur meurt, il peut réinvestir cette lucenite dans des améliorations de santé, de défense ou de dégât. Ce faisant, Housemarque atténue la frustration inhérente au rogue lite d’une manière particulièrement intelligente, dans la mesure où la mort devient une opportunité presque espérée et que l’opération se fait sans briser le sentiment d’urgence. Les améliorations de l’arbre sont permanentes mais ne peuvent être acquises qu’à la base, à la fin d’un cycle. Sur le terrain, une mécanique d’item similaire à ce qui était proposé dans Returnal permettra de bénéficier de quelques avantages provisoires au prix d’un malus plus ou moins handicapant. Par exemple, un bonus peut augmenter la puissance d’une arme mais le malus réduira l’assistance à la visée.
Tip top sur tous les fronts
Le combat est et reste le pilier central du titre, atteignant une forme de perfection cinétique d’un confort inégalé pour le genre en 3D. Comme ce fut le cas pour Returnal, le héros de Saros se déplace sans accroc, avec une maniabilité sans faille et une ergonomie qui coule de source. La mécanique ingénieuse de collecte de lucenite est particulièrement engageante. En effet, une bonne partie de ces points sont lâchés par les ennemis abattus… mais ils disparaissent assez rapidement. Cela force le joueur voulant assurer sa progression à abandonner la sécurité de la distance pour se jeter dans la mêlée. Cette prise de risque constante rend chaque affrontement particulièrement électrique, surtout que certaines attaques ne se limitent pas à faire mal mais peuvent réduire le maximum de la jauge de vie. Le vice des développeurs est réel ! Mais il ne s’agit ici que de l’aspect ludique du titre. Sur le plan technique, l’expérience confine au sans-faute. Si l’on peut noter de rares et légères baisses de fluidité, la performance globale est impeccable et les graphismes délivrent des rendus qui vont crescendo au fur et à mesure de l’avancée dans l’aventure. Beau, fluide et prenant, Saros à vraiment tout pour plaire et il plaira, assurément.
Saros est une pépite autant pour ce qu’il est que pour ce qu’il représente par rapport à Returnal. Plus juste, plus riche et techniquement éblouissant, il représente l’aboutissement d’un studio au sommet de son art. Housemarque confirme non seulement sa maîtrise du genre du bullet ballet, mais brille également du côté hardware. Saros propose des graphismes à la perfection froide et austère et exploite également la DualSense et de l’Audio 3D de la PS5 parfaitement. Ce faisant, le titre propose une expérience sensorielle particulièrement poussée. Et pour les râleurs, il est même possible de régler la difficulté (sacrilège !). Du jeu vidéo total.







