WICKED : PARTIE II

WICKED : FOR GOOD – Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Fantastique, Comédie musicale
Réalisateur : Jon M. Chu
Acteurs : Ariana Grande, Cynthia Erivo, Jonathan Bailey, Peter Dinklage, Jeff Goldblum, Michelle Yeoh, Ethan Slater, Adam James…
Musique : John Powell, Stephen Schwartz
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital Plus 7.1 Français et espagnol
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Espagnol…
Durée : 137 minutes
Editeur : Universal Pictures Home Entertainment
Date de sortie : 1 avril 2026
LE PITCH
Depuis qu’elle s’est opposée au Magicien d’Oz, Elphaba est surnommée la Méchante sorcière de l’Ouest par la population du Pays d’Oz, qui pense qu’elle est maléfique. De son côté, Glinda est devenue la figure populaire du régime du Magicien et est surnommée la Bonne Glinda, tandis que Fiyero devient le capitaine de la garde du Magicien, bien qu’il doute encore de la culpabilité d’Elphaba.
Les Magiciennes d’Oz
Deuxième et dernière partie de la grande opération de réécriture du grand classique hollywoodien et de la réhabilitation de l’ancienne antagoniste : La méchant sorcière de l’Ouest. Un retour en fanfare aussi pour le grand spectacle habité par l’esprit de Broadway et ses grands morceaux chantés. Mais sous la mélodie il y a une conscience qui vibre.
Comme prévu le premier épisode à été un gros succès aux Etats-Unis, nation qui depuis la découverte des romans de Lyman Frank Baum est totalement habitée par cet univers de conte chatoyant. Un engouement qui avait largement été relancé avec la comédie musicale de Broadway Wicked dont le carton ne faiblit pas depuis vingt ans et qui est donc ici porté à l’écran en deux films tournés en simultané mais sortis en salles à un an d’écart. Il faut dire que les deux chapitres du récit se suivent mais ne se ressemblent pas forcément. Le premier était véritablement un origin story contant la rencontre et l’amitié naissante entre la « gentille » Glinda et la « méchante » Elphaba et surtout leurs découvertes de la réalité cachées derrières les illusions du royaume d’Oz, culminant dans une fracture douloureuse mais spectaculaire. Le second délaisse définitivement les instants de lumières et de légèreté juvénile du premier film (le fameux « Popular ») s’engouffrant dans des évènements nettement plus dramatiques où même le ton des chansons se fait plus amer (« I Couldn’t Be Happier ») alors que l’ancienne vilaine se retrouve quasiment seule contre tous à tenter de contrer les mensonges du Magicien et sa conseillère.
Wonderful ?
For Good est ainsi moins flamboyant, moins emporté, plus adulte serions nous tentés de dire, se permettant dès lors de se confronter plus ouvertement encore à des notions politiques certes universelles (la persécution de la différence, l’instrumentalisation du règne animal…) mais qui par le biais d’un duel de storytelling (fake news, réécriture de l’Histoire, création d’un « méchant » pour lier le peuple…) dépasse aisément la simple morale charmante des contes d’antan. Bienvenue au wokistan mes pauvres messieurs tout blancs et tristes, Wicked affirmant plus que jamais ses orientations féministes, libertaires, son amour de la différence et son rejet de la dictature ordinaire, cachée sous les effets de manche d’un magicien (Jeff Goldblum) falot, pleutre, rien de moins lui-même qu’une pauvre illusion.
A ce titre For Good se confronte désormais directement aux films de Victor Fleming lui-même, rejouant à distance les évènements archiconnus du classique, délivrant les origines surprenantes de certains personnages (l’homme de fer et l’épouvantail), mais toujours comme observé des coulisses. Pas question de remplacer Judy Garland, Dorothée n’est vu que comme une silhouette, une gentille fillette elle aussi utilisée par les pouvoirs d’Oz, dont finalement la grande aventure est plus ou moins réduite à une quasi-anecdote, à une vitrine trop gentillette pour la propagande. Osé mais parfaitement logique dans la dimension même de ce double film moderne dont la déférence s’incarne surtout toujours autant dans la démesure des décors, l’abondance de couleurs et l’enchantement des chansons, dont deux ont été composées exclusivement pour le film. L’occasion à nouveau pour Ariana Grande (« The Girl in the Bubble ») et Cynthia Erivo (« No Place Like Home ») de démontrer leur qualité de show girls, performances vocales et scéniques à l’appui.
Une seconde partie certainement moins simple et moins directe et qui par son ton plus douloureux et sombre ne peut totalement provoquer le même enthousiasme que la première, mais qui creuse plus loin encore une conscience politique qui offre beaucoup de relief à cette vision étonnante du Monde d’Oz et d’une histoire que l’on croyait connaitre par cœur. La trahison peut-être un projet dramatique des plus intéressants.
Image
On continue dans l’excellente lancée du premier film avec un nouveau Master toujours aussi démonstratif et impressionnant. Capturé avec des cameras Alexa 65 (soit une source 6.5K) et retravaillé pour ajouter un soupçon de grain et de rendu filmique, le métrage déploie cette même richesse visuelle éprouvée par une définition ultra ciselée, ultra creusée, ultra précise, mais sans que cela ne fasse sortir le spectateur du film. Il faut dire que la palette de couleurs est toujours simplement merveilleuse renvoyant forcément au Technicolor explosif du grand classique de 1939 tout en délivrant un traitement plus moderne, plus ancré. Impossible de trouver le moindre défaut ici, même les nombreuses images de synthèse s’intègrent toujours impeccablement au dispositif, sans adoucissement du cadre. Idéal.
Son
L’excellence se poursuit avec la piste Dolby Atmos qui se déploie avec force dès les premières secondes du film et son générique d’ouverture. Les séquences musicales imposent une rare amplitude et emportent tout sur leur passage, mais le reste assurent tout autant le spectacle avec un enveloppement constant, une dynamique particulièrement soutenue et une fluidité des effets où tout est parfaitement perceptible, riche et fluide. Les dialogues sont clairs et fermes, présents sur toutes les enceintes.
En termes techniques le Dolby Digital + 7.1 de la version française ne démérité pas et tient plutôt bien la barre tout du long avec une énergie impeccable. Le problème vient surtout de la traduction des chansons, bien maladroite, et de quelques faiblesses des interprètes locaux, bien moins performants que le cast US.
Interactivité
La partie bonus de ce second chapitre reprend à l’identique cette de l’édition du premier film. Avec dès l’ouverture la possibilité de voir l’intégralité du film (mais uniquement en vo) en version karaoké pour les chansons avec les paroles qui apparaissent en rythme comme par magie. Le commentaire audio du film est cette fois-ci enregistré uniquement par Jon M. Chu mais le propos ne faiblit pas, le réalisateur mettant toujours la même passion à décrire l’origine de la moindre image, rivalisant d’anecdotes et d’informations techniques, soulignant les références utilisées, la force des interprétations et les diverses difficultés du tournage. Le propos fait souvent écho aux sujets évoqués dans le Making of de près d’une heure, enchainant les coulisses du tournage, montrant une Ariana Grande particulièrement enthousiaste pour la scène du duel contre Cynthia Erivo. On y observe la construction de certains des magnifiques décors, on y discute la mise en place et l’enregistrement des deux chansons totalement inédites, et plus généralement les différentes cascades, les chorégraphies, les effets spéciaux, les transformations des personnages ou l’arrivée de « Dorothée ». Très classique et sage dans le propos, mais intéressant néanmoins. Le reste permet de découvrir quelques instants écartés du montage final et quatre petites featurettes supplémentaires sur les deux figures / actrices principales, le tournage de « There’s no Place Like Home » et les talents du metteur en scène.
Liste des bonus
Version Karaoké, Commentaire audio avec le réalisateur, Scènes coupées (6’), Le Making of : Partie II (51’), Le véritable magicien (6’), Bien plus qu’un décor (6’), Cette fille dans sa bulle (6’), Kiamo Ko (6’).







