WEEK-END DE TERREUR

April Fool’s Day – Etats-Unis – 1986
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : Fred Walton
Acteurs : Jay Baker, Pat Barlow, Lloyd Berry, Deborah Foreman, Deborah Goodrich, Tom Wilson, Leah Pinsent, Mike Nomad, Amy Steel…
Musique : Charles Bernstein
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 89 minutes
Éditeur : Rimini Editions
Date de sortie : 16 janvier 2026
LE PITCH
Un groupe d’amis d’école se retrouvent pour passer le week-end du 1er avril dans un luxueux manoir, sur une île privée que possède l’une d’entre eux. L’un après l’autre, les invités disparaissent.
Petits meurtres entre amis
Slasher de fin de cycle, doté d’une bonne petite réputation, Week-End de Terreur invite quelques visages, un peu, connus à fêter le 1 avril de manière un poil sanglante. Aux commandes, le réalisateur de Terreur sur la ligne oscille entre ambiances tendues et second degré potache jusqu’à une révélation finale toujours source de débat chez les amateurs du genre.
Après avoir nourri l’industrie du cinéma d’exploitation pendant un peu moins de dix ans, le slasher commence à tourner en rond et même les plus grandes licences multiplies les notes d’humour et d’ironie pour raviver la flamme. Déjà producteur de quatre des cinq premiers Vendredi 13 pour la Paramount, Frank Mancuso Jr. (La Mutante, I Know Who Kill Me…) se tourne vers le petit script malin de Danilo Bach (Le Flic de Beverly Hills) pour un projet qui d’une certaine manière semble vouloir éteindre la vague à sa manière. Pour cela, il faut naturellement s’emparer de tous les codes du slasher et les illustrer avec docilité. C’est donc reparti pour une réunion de jeunes gens totalement animés par leurs hormones, souvent franchement crétins et aux amitiés aussi houleuses que leurs amours, ici coincés sur une île privée où les petites blagues (souvent grasses) des premiers instants vont peu à peu se muer en mises à mort. Une bascule directement annoncée dans la scène d’ouverture où à une fausse mort accidentelle qui rend hilare toute la bande, succède immédiatement une autre plus réelle et choquante avec d’ailleurs le seul effet de maquillage passablement gore du métrage.
La Bonne Blague !
Variation évidente autour du fameux Ils étaient dix d’Agatha Christie, Week-end de terreur reste finalement plutôt économe sur les effusions de sang, préférant surtout mettre en place un véritable jeu avec le spectateur reposant sur ses connaissances du genre et une utilisation assez ludique du vaste décor. Réalisateur du séminal Terreur sur la ligne dont l’ouverture sera reprise dans Scream, Fred Walton se montre une nouvelle fois tout à fait capable dans sa mise en scène, travaillant des ambiances plutôt pesantes et mystérieuses, scrutant la nuit alentours ou une lente plongée dans un puits oublié avec un savoir-faire indéniable. Il dissémine surtout de nombreux petits indices quant à la nature profonde du métrage, plus amusé que véritablement horrifique, jusqu’à ces derniers instants qui effectivement remettent en question l’entièreté du film d’horreur qui vient de se jouer devant nos yeux. Un twist que certains qualifieront d’assez pertinent au vu de l’époque de sortie du film mais aussi de son titre anglais, mais que d’autre trouveront définitivement agaçant et gratuit. Pourtant la révélation est plutôt bien amenée et correspond finalement assez bien à l’esprit « forain » du slasher. Du coté des figures connues, on notera aussi bien entendu la participation à l’écran de quelques visages bien connus du cinéma fantastique comme Deborah Foreman (Valley Girl, Waxwork), Deborah Goodrich (Meurtres en VHS), la final girl du premier Vendredi 13 Amy Steel et même Tom Wilson, l’inoubliable Biff Tannen de Retour vers le futur.
Pas de quoi faire de Week-End de terreur un grand classique certes, mais en tout cas un essai plutôt original et loin d’être désagréable doté au passage d’une partition musicale presque giallo signée par le Charles Bernstein des Griffes de la nuit.
Image
Même si Rimini ne propose pas le film sur support UHD, il semble assez évident que la copie proposée correspond bien à la récente restauration 4K du film effectué par Kino Lorber. Le rendu est donc sur tous les points particulièrement impressionnant avec une propreté tout bonnement inédite et une définition aussi pointue que creusée qui redonne un sacré coup de fouet au film. Les teintes sont joliment contrastées et ravivées. On notera quelques légères variations de grain d’une scène à l’autre, mais cela est clairement dû à la source film.
Son
Les pistes DTS HD Master Audio 2.0 sont naturellement très proches des intentions initiales avec une mise en avant des dialogues et quelques effets frontaux, mais aussi de légères dynamiques à l’ancienne. Le doublage français reste bien dans son jus 80’s et cela devrait réjouir les amateurs. L’édition propose aussi une piste DTS HD Master Audio 5.1 inédite qui est loin d’être un gadget puisqu’elle ajoute avec un naturel étonnant des ambiances bien placées et souligne l’énergie des scènes de tensions ou des jaillissement horrifiques avec une efficacité certaine.
Interactivité
Intégré dans la collection Horreur de Rimini Editions, Week-End de terreur en reprend l’habillage avec un digipack / fourreau comprenant le traditionnel livret making of signé Marc Toullec. Sur les disques Bluray et DVD pas de trace malheureusement des nombreux documents américains mais une présentation enthousiaste du film par l’animatrice de la chaine Welcome to primetime BITCH !. Si on est loin d’être d’accord avec tous les partis-pris de cette dernière, ses travellings assez complets sur le casting, la filmo de Fred Walton et les attributs de ce slasher pas tout à fait comme les autres, devraient intéresser les néophytes.
Liste des bonus
Le livret « Farces et attrapes » écrit par Marc Toullec (24 pages), Présentation du film par Mylène Da Silva, chaîne Welcome to primetime BITCH ! (12’).






