UNE SOURIS CHEZ LES HOMMES

France – 1964
Support : Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Jacques Pitrenaud
Acteurs : Dany Saval, Louis de Funes, Maurice Biraud, Robert Manuel, Dora Doll, Dany Carrel, Maria Pacome, Claude Pieplu, Jean Lefebre…
Musique : Guy Béart, Michel Colombier
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 91 minutes
Editeur : Coin de Mire Cinéma
Date de sortie : 3 mars 2026
LE PITCH
Marcel et Francis, unis par une solide amitié et une association ancienne, pratiquent les petits cambriolages discrets. Mais les temps deviennent durs : il n’y a plus de monnaie chez le client ! Marcel rêve d’attaques de banques, tandis que Francis veut préserver sa tranquillité bourgeoise. C’est Lucile, fille de bonne famille un peu dévergondée, qui les surprend en plein fric-frac et s’impose dans l’association. À nous trois, déclare-t-elle, finie la tranquillité, l’aventure commence…
Un dernier coup avant la gloire
Ressorti dans les salles en 1972 sous le titre trompeur Un Drôle de Caïd question de profiter pleinement de la position d’incontournable du box-office de Louis de Funès (avec une nouvelle affiche tout à sa gloire en prime), Une souris chez les hommes n’avait effectivement pas créé d’étincelles lors de sa première diffusion quelques mois seulement avant qu’un certain Le Gendarme de Saint Tropez ne change totalement la donne.
Rarement cité dans les grandes prouesses de Louis de Funes, Une Souris chez les hommes, restera le film d’avant. Celui sorti timidement à l’été 1964 juste avant que l’acteur ne deviennent le chouchou des Français (et des studios) avec les cartons successifs de Le Gendarme de Saint-Tropez, Fantômas et Le Corniaud. Silhouette et petit rôle plus ou moins remarqué dans des dizaines de films, De Funès avait certes déjà connu un petit succès avec Pouic-Pouic (1963), mais comme pour le précédent Des pissenlits par la racine, il était encore considéré comme un second rôle à grand potentiel. Dans le film en question ici il se rapproche clairement des figures attachante à venir tout en partageant donc à nouveau l’espace avec le toujours sympathique Maurice Biraud, pour incarner un petit duo de braqueurs / cambrioleurs, professionnels mais sans trop d’ambitions, qui par un mauvais tour du destin va devoir se coltiner une jeune femme frivole mais se rêvant voleuse de feuilleton incarnée par la mignonette Dany Saval. C’est sur elle que mise d’ailleurs les distributeurs pour la première sortie du métrage en salle, et c’est elle qui officie bien souvent comme poil à gratter dans ce petit film qui se suit sans déplaisir.
La main dans le sac
Les deux voleurs préparent leurs coups, plus ou moins complexes et fignolés, la miss y met son grain de sel, fait trébucher l’entreprise mais c’est souvent in fine elle qui sauve les meubles au dernier moment au grand désespoir de ses partenaires forcés. Le scénario ne demande pas grand-chose d’autres que de de divertir, mais les quelques dialogues peaufinés par Michel Audiard ajoutent une petite dose de caractère à l’ensemble. Une souris chez les hommes délivre quelques jolis petits moment théâtraux comme cette revisite d’un appartement cambriolé où Marcel et Francis se font passer pour des policiers, bouscule parfois le De Funes avec une séance de séduction un peu trop efficace avec Dora Doll et s’achève dans un chaos de screwball comedy avec bagarre générale contre quelques jeunes gangsters pour une poignée de faux billets… mais il ne manque cependant pas totalement de petites finesses. Les adieux temporaires entre De Funes et Biraud, lassé des mensonges et de l’instabilité du métier, ne manquent pas d’émotion non plus. On notera aussi quelques excellents seconds rôles comme Jean Levebre en vigile à la masse, la très charmante Dany Carrel en épouse très compréhensive (et moins naïve qu’il n’y parait) et une nouvelle apparition mémorable de la toujours formidable Maria Pacôme en bourgeoise farfelue et collectionneuse intarissable.
Difficile de ne pas trouver son compte dans cette charmante comédie, pas mémorable mais très plaisante, où même les rigidités de la mise en scène de Jacques Poitrenaud (L’Inconnue de Hong Kong, Qu’est-ce qui fait courir les crocodiles ?…) est habilement rattrapée par les petites touches de la photographie signée Marcel Grignon (Paris brûle-t-il ?, Le Bossu, Fantômas) passant d’éclairages de films noirs pour les mauvais coups, à des lumières plus vives et nettes dès que les plans capotent comme il se doit.
Image
Une nouvelle très grande restauration pour Coin de Mire, ici associé à TF1 Vidéo, effectuée comme il se doit à partir d’un scan 4K des négatifs originaux. On est très loin du triste DVD vaguement bazardé par René Château Vidéo il y a quelques dizaines d’années, les cadres retrouvant une nouvelle jeunesse, nettoyés de fond en comble, stabilisés, tout en préservant grain et argentique comme il se doit. Le noir et blanc est éclatant et l’image délivre une profondeur et une finesse de détails souvent surprenantes. Très très solide.
Son
Rafraichie, la piste mono d’origine est transmise ici par un DTS HD Master Audio parfaitement clair et équilibré. Les dialogues sont fluides et bien posés, sans aucune faiblesse notable, et les petites musiques signées Guy Béart et Michel Colombier viennent joliment englober le tout.
Interactivité
Les habitués connaissent parfaitement le concept de « La séance » qui permet de revivre chez soi les grandes soirées cinéma d’autrefois. Proposée en option avant le démarrage du film, elle permet donc d’accéder à une présentation des actualités de la 29eme semaine de l’année 1963 qui s’intéresse, entre autres, à la grande mode du tatouage, aux transformations de la fameuse rue Mouffetard ou à l’entrainement pour les jeux Olympique de Tokyo de la nageuse française Kiki Caron. Moins joyeux, un reportage suit aussi l’hommage rendu aux disparus de l’avalanche à l’Aiguille Verte parmi lesquels on compte le skieur alpin Charles Bozon. Une petite bande annonce de Échappement libre (prochainement dans la collection sans doute) et on peut se délecter de quelques réclames de l’époque, des pneus Michelin au dentifrice Macleans en passant par la gelée Maggi (beurk) et un joli spot en animation pour les bonbons Pschit.
Pour l’après film, l’éditeur propose aussi une petite présentation signée Julien Comelli qui se consacre surtout à replacer le métrage dans la filmographie de Louis de Funès, avant de se tourner plus brièvement vers ses collègues devant et derrière la caméra.
Liste des bonus
La séance complète (22’), « Du mouron pour les Pieds Nickelés » par Julien Comelli.





