UNE CRÉATURE DE RÊVE

Weird Science – Etats-Unis – 1985
Support : Bluray
Genre : Comédie, Science-fiction,
Réalisateur : John Hughes
Acteurs : Anthony Michael Hall, Kelly LeBrock, Ilan Mitchell-Smith, Bill Paxton, Suzanne Snyder, Judie Aronson, Robert Downey Jr…
Musique : Ira Newborn
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 91 minutes
Éditeur : ESC Éditions
Date de sortie : 01 juillet 2020
LE PITCH
Deux lycéens pas populaires ne parviennent pas à être acceptés par leurs camarades (et surtout pas les filles) malgré tous leurs efforts. Ils créent alors un programme informatique qui donne naissance à la femme parfaite. Grâce à cette invention, ils retrouvent confiance en eux.
Lisa, c’est plus fort que toi !
Une Créature de rêve est le troisième film écrit et réalisé par John Hughes en 1985, véritable triomphe au box office, et surtout film culte de toute une génération.
John Hughes a marqué le cinéma américain des années 80, par ses comédies adolescentes aussi drôles, décalées que sensibles et tapant droit dans le mille. Le cinéaste et scénariste américain, qui a toujours su conserver sa vision, bouclant des projets aux budgets peu conséquents, est même parvenu à développer une véritable signature cinématographique, ce qui n’est pas donné à tous les réalisateurs, infusant encore aujourd’hui, près de quarante ans après ses premières oeuvres, la comédie américaine. La carrière de John Hughes semble avoir été conçue pour correspondre au terme “culte”, avec des films aussi marquants que The Breakfast Club (1985), La Folle Journée de Ferris Bueller (1986) ou Un Ticket pour deux (1987) qui ont littéralement traversé les générations. Avec Une Créature de rêve en 1985, John Hughes ne se désavoue pas, au contraire, mais passe son univers au tamis de la science-fiction, avec l’idée forte de se servir de l’argument fantastique, pour continuer à disserter sur les joies (et les petits tracas) de l’adolescence. Avec Lisa, sa femme virtuelle conçue à la carte et dans leur chambre par Gary et Wyatt, deux adolescents méchamment travaillés par leurs hormones, un peu geeks et surtout très impopulaires, Une Créature de rêve part d’un pur concept de science-fiction, empruntant à La Fiancée de Frankenstein de James Whale, implicitement cité. Le concept du film se veut un véritable fantasme de geek, avec ses écrans d’ordinateurs, ses effets en 3D Filaire, ses scanners magiques… la technologie présentée dans le film, prêtant aujourd’hui à sourire, devait, à l’époque, relever d’un émerveillement sans appel. Après le carton au box office de The Breakfast Club, Hughes peut se permettre toutes les folies visuelles en matière d’effets spéciaux, sans pour autant dénaturer le sujet de son film.
Mary Poppins Trash
Dans Une Créature de Rêve, John Hughes déploie parallèlement ses obsessions et son regard aiguisé sur l’adolescence, ses questionnements inhérents sur la jeunesse, les relations délicates avec les filles, qui ne le sont pas moins avec la famille (le jeunot Bill Paxton en grand frère militaire et abruti), et met surtout en évidence le rapport à la popularité, ainsi que l’image renvoyée aux autres, thématiques partagées autant par les ados opprimés, que par les grandes gueules du lycée (dont un Robert Downey Jr en période pré-addictions). On retrouve également une féroce critique du système américain de l’époque (guerre du Vietnam, Guerre froide, société de consommation… tout y passe), avec une véritable liberté de ton, qui aujourd’hui fait rêver, que l’on retrouve dans le langage fleuri de ses jeunes héros, les situations dans lesquelles ils se retrouvent plongés : gallocher une femme plus âgé, fréquenter un club pour adultes en tirant sur de gros barreaux de chaises… et surtout une grande fête intervenant à la moitié du film, sorte de revanche des deux héros, qui se transforme en épisode de grand n’importe quoi version XXL. Faisant surgir un missile nucléaire du sol de la maison, créant une tempête envoyant valdinguer filles en sous-vêtements et mobilier à travers la cheminée (!), faisant intervenir des mutants à moto (!!) dans le salon, ou transformant Bill Paxton en espèce d’étron géant, Une Créature de Rêve ne recule devant aucun défi, ni aucun délire, preuve de sa folie douce. Une liberté de ton et de contenu pourtant jamais gratuit, convergeant vers la conclusion que John Hughes souhaite donner à son film : permettre à ses héros de s’émanciper, trouver la confiance en eux, se prendre en main pour, au final, devenir de jeunes adultes.
Deux ados interprétés par le duo Ilan Mitchell-Smith et Anthony Michael Hall, ce-dernier, fidèle des films de Hughes, bouffant littéralement l’écran. C’est le mannequin Kelly LeBrock qui donne brillamment corps (!!!) à Lisa, avant de repartir, telle une Mary Poppins trash, satisfaite du travail accompli. Elle reviendra néanmoins dans les années 90, tout comme Wyatt et Gary, mais dans une série télévisée cette fois, Code Lisa, sans que les comédiens, ni John Hughes ne soient impliqués dans le show. Qu’importe, Une Créature de rêve se suffit à lui-même, il a fait souffler un vent d’indépendance débridée sur le cinéma américain et n’a rien perdu de son statut de film culte…
Image
Même si l’éditeur ESC a noté « Nouveau Master » sur sa jolie jaquette, on peine ici à voir les grandes différences avec le précédent disque d’Universal. Certes l’image est propre, les couleurs pimpantes, les cadres stables, mais entre les noirs qui flagellent et la définition qui semble somnolente ont peu être un peu déçu. Surtout qu’en Angleterre la petite bande d’Arrow Video a lâché une restauration 4K pour les trois montages du film…
Son
Deux pistes sonores en anglais, deux en français, à chaque fois, le choix du 5.1 ou 2.0 est proposé. Il n’y a qu’à piocher. Évidemment, le DTS HD Master 5.1 anglais se montre un peu plus énergique et dispose de quelques effets dynamiques en arrières et latérales, mais cela reste relativement discret et entraine quelques reliefs un peu bizarroïdes, la où la stéréo d’origine, parfaitement limpide, tient le choc jusqu’au bout.
Interactivité
Là encore on reste un peu sur notre faim lorsque l’on compare le programme avec l’homologue british, mais on y trouve tout de même quelques petites choses intéressantes. Le journaliste et scénariste Christophe Foltzer (Écran Large) revient dans un premier temps sur la carrière de John Hughes, décrivant l’indéniable importance de son œuvre, avant de se pencher plus précisément sur Une Créature de rêve, avec anecdotes et analyses pertinentes à l’appui. De quoi découvrir le travail et l’univers de John Hughes de la plus parfaite des manières. Passionnant. A cela s’ajoute un petit documentaire rétrospectif qui commence à dater (tout le monde y réclame le retour de Hugues à la mise en scène…) mais qui permet en sus de quelques scénaristes et critiques fans de retrouver Michael C Hall ou John Kapelos revenir sur cette troisième collaboration avec le metteur en scène. Deux petites scènes coupées, dont une pour ravir les petits cinéphiles, délivrent un peu d’inédit tandis que les nostalgiques ne pourront s’empêcher de comparer avec le pilote de la fameuse série tv Code Lisa. Pas aussi raffiné c’est sûr mais Vanessa Angel fait toujours autant son petit effet.
Liste des bonus
“JOHN HUGHES” – Entretien autour de la carrière du réalisateur (25’), « It’s Alive : Ressusciter Une Créature de Rêve » (16’), Scènes coupées (2’), Episode pilote Code Lisa (22’), Bandes annonces et spot radios de l’époque.







