UNE BATAILLE APRÈS L’AUTRE

One Battle After Another – Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K
Genre : Drame, Thriller
Réalisateur : Paul Thomas Anderson
Acteurs : Leonardo DiCaprio, Sean Penn, Benicio Del Toro, Teyana Taylor, Wood Harris, Regina Hall, Alana Haim, Chase Infiniti…
Musique : Jonny Greenwood
Image : 1.78 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Français et Espagnol, DTS HD Master Audio 5.1 Français, Castillan, Polonais
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Néerlandais, Japonais…
Durée : 171 minutes
Éditeur : Warner Bros. Entertainment France
Date de sortie : 4 février 2026
LE PITCH
Ancien révolutionnaire désabusé et paranoïaque, Bob vit en marge de la société, avec sa fille Willa, indépendante et pleine de ressources. Quand son ennemi juré refait surface après 16 ans et que Willa disparaît, Bob remue ciel et terre pour la retrouver, affrontant pour la première fois les conséquences de son passé…
War at Home
Grand gagnant de la cérémonie des Oscars 2026 avec en première ligne les prix pour le Meilleur film, le Meilleur réalisateur mais aussi celui du Meilleur Casting, Une Bataille après l’autre n’est-il qu’un nouveau faux évènement hollywoodien gonflé à l’égo et à la posture ? Que nenni, doté d’une équipe de rêve et d’un esprit plus frondeur que jamais Paul Thomas Anderson (Boogie Nights, There Will Be Blood, Magnolia…) signe son film le plus fun, et certainement l’un des plus maitrisé.
Très librement adapté du roman Vineland de Thomas Pynchon (déjà à l’origine de Inherent Vice), Une Bataille après l’autre était au départ le récit de la désillusion des activistes de gauche des années 80. Et même si le film s’ouvre sur ce début de millénaire, il est frappant de voir comment en quelques images il capture frontalement, presque froidement, la réalité de l’Amérique, et du monde, d’aujourd’hui. Travaillant un montage alterné ultra nerveux mais incroyablement pointu, l’ouverture suit aux basques une opération de sauvetage par une organisation « terroriste » les french 75 d’immigrés incarcérés dans un camp militaire. Le rythme s’impose en même temps que les personnages, introduits à des places qu’ils ne quitteront jamais tout à fait : Perfidia l’électron libre et source du chaos, Bob le brave gauchiste toujours un peu dépassé et l’antagoniste Steven J. Lockjaw, suprémaciste blanc, pervers et ambiguë, incarné par un monstrueux Sean Penn jamais aussi bon que dans ces portraits de figures inquiétantes et malades. Les pièces sont posées et après une ellipse d’une quinzaine d’années, les évènements sont prêts à s’emballer. Un interminable jeu de chat et les souris à travers une Amérique plus polarisée que jamais, déchirée par des puissants à l’agenda totalitaire bien marqué auxquels s’efforce de résister un monde presque souterrain de résistants aussi préparés qu’improbablement blasés (le sensei Benicio Del Toro est hilarent), qui menacerait presque de tourner à la guerre civile.
« Viva la revolution ! »
Un sujet qui aurait pu être intensément dramatique, sombre et violent, mais que Paul Thomas Anderson aborde avec un humour en contre-point et surtout un sens de l’absurde, qui parfois ne fait qu’accentuer légèrement celui du monde réel, qui entraine régulièrement le métrage vers la fable contemporaine. Il y a dans Une Bataille après l’autre de fortes proximités, thématiques et stylistiques, avec le génial Eddington de Ari Aster qui aboutit plus au moins au même constat terrifiant sur l’effondrement civilisationnel, mais l’auteur de Licorice Pizza préfère à la distance froide et baroque, une implication nettement plus émotionnelle, sous la forme d’une opération de sauvetage ubuesque d’une adolescente par un père totalement largué. Incroyable acteur comme toujours, Leonardo DiCaprio est impayable en vieux gaucho écolo tendance toxico et parano traversant tout le film en trébuchant dans un vieux peignoir déchiré, un fusil à lunette dans une main et une pipe à cannabis dans l’autre. Un jouet du hasard, ou tout comme, qui fait ce qu’il peut malgré sa tête enfumée, mais qui cache sous ses élucubrations et ses escapades catastrophes une œuvre incroyablement précise et rigoureuse dans sa construction. Le format vertical VistaVision, la rythme du montage, le tempo martelé par les musiques de l’habituel Johnny Greenwood, la fluidité des plans séquences, le jeu sur les profondeurs de champs, tout concours à donner la sensation de visionner une odyssée américaine moderne, burlesque mais incroyablement intense.
L’ultime poursuite en voiture, jouant plus que jamais sur les faux coups de la chance, l’implacabilité du destin et une visualisation inédite, géographique, du suspens, apparait comme un point final absolument génial à ce divertissement politique des plus virtuoses.
Image
Proposé au format très ample 1.78 (là où certaines salles entre le 1.43 et le 1.85) la copie 4K d’Une Bataille après l’autre impose de manière frappante à la fois son cadre volontairement plein et une intensité constante et profonde permise par le tournage en VistaVision 35mm. La richesse du numérique moderne 4K native et le traitement colorimétrique HDR10 et Dolby Vision, associés avec la richesse de la pellicule et le naturel de ses textures, ne peut aboutir qu’à une perfection technique imparable. Tout est parfaitement défini, précis, creusé, habité tout en préservant un léger grain organique et des accents argentiques pleins de noblesses. Pas un moment de faiblesse à l’horizon.
Son
Belle intention, Warner distribue généreusement les prestations Dolby Atmos avec une piste doublée française à l’ouverture presque aussi intense que la version originale. Les ambiances enveloppantes, souvent discrètes, mais toujours naturelles facilitent l’immersion, et les segments plus musclés (poursuites éreintantes, gunfights, chaos urbains…) y trouvent une force décuplée. Des prestations puissantes, nettes et dynamiques.
Interactivité
Les éditions séparées 4K et Bluray n’offrent aucun supplément, même promo. Triste. Pour les plus patients l’éditeur a cependant déjà annoncé un steelbook combo à venir qui lui devrait proposer quelques bonus… du moins on l’espère.
Liste des bonus
Aucun.







