TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LE SEXE… SANS JAMAIS OSER LE DEMANDER & GUERRE ET AMOUR

Everything You Always Wanted To Know About Sex* But Were Afraid To Ask, Love & Death – États-Unis – 1972, 1975
Support : Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Woody Allen
Acteurs : Woody Allen, Gene Wilder, Burt Reynolds, John Carradine, Diane Keaton, James Tolkan, Feodor Atkine, Jessica Harper…
Musique : Mundell Lowe, Sergueï Prokofiev
Durée : 84 et 85 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais & Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Éditeur : BQHL Editions
Date de sortie : 26 mai 2026
LE PITCH
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir… : S’inspirant du best-seller de David Reuben, Woody Allen répond à 7 questions essentielles sur la sexualité en autant de vignettes humoristiques.
Guerre et amour : Russie, 19ème siècle. Boris Grouchenko n’a qu’une seule envie : faire la cour à Sonia, sa belle cousine, et éviter l’enrôlement dans l’Armée Russe, qui part combattre un envahisseur du nom de Napoléon. Il ne sait pas encore que non seulement la guerre va faire de lui bien involontairement un héros, mais qu’il va se retrouver uni à Sonia dans un complot dont la victime n’est autre que… Napoléon en personne !
Woody dans tous ses états !
Parfaitement représentatifs du cinéma de Woody Allen avant que le doublé mythique Annie Hall / Manhattan, à la fin des années 70 ne viennent rebattre les cartes, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir … et Guerre et Amour offrent un harmonieux mélange entre un humour absurde qui vise en dessous de la ceinture et des références littéraires et cinématographiques particulièrement exigeantes. Et si le premier ne dépasse guère le statut de la grosse farce très inégale, le second est une hilarante relecture des épopées maousses de ce bon vieux Tolstoï. Fantasmes inavouables et turpitudes de l’âme slave, un double programme qui ne se refuse pas
Woody Allen, de son vrai nom Allan Stewart Konigsberg, n’a pas toujours été un « auteur new-yorkais », cette image forcément réductrice d’intellectuel juif et névrosé à lunettes cherchant à glisser quelques bons mots entre un hommage à Ingmar Bergman et un morceau de jazz, cette image qui lui colle à la peau depuis le génial Annie Hall sorti en 1977. Avant de disserter avec ironie sur la vie, sur la mort, sur l’amour lors de longues balades dans Central Park, à Long Island ou à l’ombre du Brooklyn Bridge, Woody était surtout l’héritier de Groucho Marx, s’amusait de sa silhouette chétive et de son physique de rat de bibliothèque vivant toujours chez sa maman et ne reculait devant aucune blague. Sur grand écran, il impose le personnage qu’il s’est lui-même créé dans des comédies qui empruntent au pastiche, au burlesque, à la satire et où chaque scène fonctionne comme une vignette, un sketch ou un comic-strip de journal.
S’appuyant sur l’ouvrage du docteur David Reuben, un psychiatre fasciné par les névroses sexuels, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe … sans jamais oser le demander se présente donc comme un film à sketches, chaque histoire répondant à une question sur (je vous le donne en mille!) le sexe. Un fou du roi qui, dans une Angleterre ressemblant à celle d’Henry VIII, se heurte à la ceinture de chasteté de la reine, un médecin (Gene Wilder, sous-employé) qui tombe amoureux d’une brebis, un italien (Woody Allen imitant Marcello Mastroianni) qui découvre que sa femme ne peut jouir que dans des lieux publics, un quinquagénaire qui aime se travestir, un jeu télévisé où l’on doit deviner les perversions des participants, un savant fou qui laisse échapper un nichon géant dans la nature et le corps humain vu de l’intérieur lors d’un coït, de l’érection à l’éjaculation.
Ni aussi drôle, ni aussi transgressif qu’il s’imagine, Woody Allen ne fait mouche hélas qu’une fois sur deux avec une comédie somme toute mineure. Exception faîte du premier, du deuxième et du troisième segment, le reste semble avoir été griffonné sur un coin de table. Pourtant, lorsque le cinéaste et comédien y met du sien, le résultat est franchement mémorable, qu’il ironise sur sa condition de pitre incompris par un public rustre ou qu’il entreprenne un hilarant détournement du Voyage Fantastique, se gardant au passage la meilleure réplique du film (« Dieu merci ! Il est juif ! »).
Tout le monde dit I love you
Dernière grande farce avant un nouveau bond en avant, Guerre & Amour s’efforce déjà de tisser des liens avec Annie Hall. Davantage qu’une parodie du roman Guerre & Paix de Léon Tolstoï (avec, au passage, des références aux Frères Karamazov de Dostoïevski), bardée de gags préfigurant les films des ZAZ avec une bonne décennie d’avance, le sixième long-métrage de Woody Allen s’impose comme une fantaisie introspective et douce-amer où Diane Keaton interprète avec la simplicité de l’évidence une muse insaisissable, frivole et intello. Au passage, et puisque l’on cause casting, c’est avec un grand plaisir que les cinéphiles retrouveront le regretté James Tolkan (le proviseur de Retour vers le Futur) dans le double rôle de Napoléon et de son sosie ainsi que l’immortelle Jessica Harper (Phantom of the Paradise, Suspiria) pour un clin d’œil savoureux au plan le plus célèbre du Persona d’Ingmar Bergman.
Moteur comique de l’écriture de Woody Allen, l’absurde n’est plus seulement un moyen mais désormais une fin. Tout en se moquant de ses propres envolées philosophiques et métaphysiques (les monologues enflammés de Diane Keaton !), Guerre & Amour est un film qui vise à répondre, à sa façon toute particulière, au mystère du sens de la vie. Ainsi, tout le parcours du personnage de Boris Grouchenko, pacifiste et lâche revendiqué, obsédé par les femmes et la mort, se résume à une série d’accidents, de coïncidences, de hasards bienheureux ou malheureux dans un monde parfois littéralement peuplés d’idiots (du village). Volontairement absurde, le fond de l’affaire reste passionnant et s’offre la plus belle des conclusions dans une danse bucolique avec la mort.
Comédie ou pas, Woody Allen s’efforce de soigner la forme, ne serait-ce que par ses références à Bergman mais aussi à Sergeï Einsenstein. Et même s’il n’est vraiment pas à l’aise dans les scènes de bataille (que l’on devine en partie composées de stock-shots d’autres films), la direction artistique, la superbe photographie automnale du français Ghislain Cloquet ou l’emploi très à propos de la musique de Sergeï Prokofiev aboutissent à une fort belle évocation de l’âme russe, dans tous ses glorieux paradoxes. Quant au montage et au rythme, malgré une durée qui n’excède pas les 90 minutes, l’ensemble se révèle étonnamment fidèle au lyrisme et à la dimension épique de la prose de Tolstoï.
Comédie miraculeuse et ciselée, capable de nous faire rire avec le même entrain d’une obscure private joke littéraire ou d’une comtesse insatiable en tenue sexy à dentelle et du pire duel au pistolet, Guerre & Amour résiste en fin de compte bien mieux à l’épreuve du temps que Tout ce que vous avez toujours voulu savoir … et demeure le sommet de la première partie de carrière de son auteur. Ou peut-être pas. Allez savoir ! Rien n’a de sens !
Image
Les DVD édités au début du siècle par MGM ne proposaient déjà rien de bien folichon pour le vénérable format et ces Blurays signés BQHL les enterrent d’autant plus facilement avec, dans les deux cas, des copies globalement propres et lumineuses. La qualité de la définition est au rendez-vous du support malgré quelques tâches et un fourmillement parasite heureusement bien éphémère.
Son
En dépit d’un doublage tout à fait méritoire, les versions françaises sont trop en retrait, trop éteintes, pour s’imposer. Les puristes de Woody et les audiophiles iront donc se réfugier vers les pistes originales. Les mixages Mono DTS-HD ont été nettoyés et font le job mais ces pistes accusent tout de même leur âge avec une dynamique limitée et une saturation qui pointe épisodiquement le bout de son nez. Bon, on attendait pas non plus l’expérience acoustique du siècle, question de mise en perspective.
Interactivité
L’éditeur accompagne chaque film d’un livret (auquel nous n’avons pas eu accès) et qui fait office d’unique valeur ajoutée. On aurait forcément apprécié un entretien ou une analyse en bonus vidéo mais il faut se faire une raison : Woody Allen est allergique à l’interactivité !
Liste des bonus
Aucun.








