PUPPET MASTER III : LA REVANCHE DE TOULON

Puppet Master III : Toulon’s Revenge – États-Unis – 1991
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : David DeCoteau
Acteurs : Guy Rolfe, Richard Lynch, Ian Abercrombie, Sarah Douglas, Kristopher Logan, Aaron Eisenberg…
Musique : Richard Band
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 81 minutes
Editeur : Vidéo Popcorn
Date de sortie : 14 août 2026
LE PITCH
Dans l’Allemagne nazie, André Toulon détient le secret de la vie éternelle grâce à ses marionnettes. Lorsque les autorités découvrent son pouvoir, une course contre la mort s’engage…
Les fils bien tendus
Produit dans la foulée des deux premiers opus, Puppet Master III est considéré par les connaisseurs comme le meilleur épisode de toute la série. C’est aussi le plus ambitieux avec son casting de trognes relativement connues, son budget vaguement confortable et son démarquage historique en pleine Allemagne nazi qui offre aux fameuses marionnettes tueuses un petit supplément d’âme, et de niak, bienvenus.
A l’école Charles Band on ne laisse jamais refroidir la tambouille et à peine achevé le plus faible Puppet Master II, Full Moon lance immédiatement la gestation d’un troisième… et quatrième chapitre. Quand le quatrième restera dans un décorum plutôt contemporain et oubliera un peu les sensations fortes sur la route, le troisième quant à lui revient dans le passé d’André Toulon, le créateur des marionnettes, dans une Allemagne aux mains d’Adolphe Hitler et ses sbires aux bras tendus. Un antépisode qui ne revient pas sur la découverte par ce dernier du sérum pour rendre vie à ses poupées (voir le flashback de Puppet Master II), mais plutôt sur ce qui l’aura amené à transformer son charmant spectacle pour enfant en outil de mort. Quelques accents tragiques inattendus qui offrent une légère ambiguïté au personnage, mais aussi aux iconiques pantins qui, on le découvre, sont animés par l’esprit d’anciennes victimes du nazisme, dont l’épouse de Mr Toulon qui deviendra ainsi la fameuse tueuse aux sangsues. Au passage, le petit nouveau de la troupe s’appelle Six-Shooter, cowboy doté de six bras et donc six colts, reflétant l’imagerie américaine et venant faire échos aux bandes de propagande dans une petite mise en scène où il élimine devant des enfants hilares un petit Adolphe de papier mâché. Tout est donc une histoire de vengeance (bien trouvé le titre du film !) alors qu’un Général Nazi et son savant (un peu fou cela va de soi) s’efforcent de trouver un moyen de redonner vie aux morts et s’intéressent fortement au sérum de Toulon. Mine de rien le scénario est nettement plus construit que les deux précédents, ce donnant des petits airs de thriller, voir de film noir parfois, mâtiné de slasher sanglant.
Guignol en a gros
Un mélange des genres qui semble inspirer le réalisateur David DeCoteau (Creepozoïds, la saga Brotherhood…), grand habitué de la firme et réputé pour ses trips homo-érotiques, qui réussit à tirer le meilleur de son tout petit budget et qui par-dessous tout réussit à dégotter quelques heures dans les studios Universal pour profiter de leur quartier « européen ». Si les rues sont assez vides, les décors sont bien crédibles, tandis que les cadrages et la photographie font relativement bien illusion. Puppet Master III affiche un certain standing, s’offrant même quelques tronches plutôt sympathiques comme le vétéran british Guy Rolfe (Les Étrangleurs de Bombay, Mr Sardonicus) déjà créateur des poupées dans Dolls et qui reprend ici le rôle de Toulon, Sarah Douglas (Superman II, Conan le Destructeur, V…) dans celui de sa femme ou Walter Gotell (le Général Gogol dans une bonne poignée de James Bond) en Général nazi libidineux. Mais c’est sans doute une fois encore l’inquiétant Richard Lynch qui marque le plus, autant par son interprétation froide et intense que par sa proximité physique avec la poupée Blade (au départ inspirée de Klaus Kinski).
Mais tout cela n’empêche certainement pas Puppet Master III d’être aussi l’épisode le plus généreux en érotisme gratuit et en effets sanglants, avec toujours ce traitement très réussi des marionnettes par un mélange de techniques, dont la stop-motion, qui leur donne un aspect délicieusement rétro contrastant avec le sadisme des exécutions.
Un chapitre tout à fait réussi et effectivement l’un des plus mémorables de la série très bis des Puppet Master qui restera pour beaucoup le pic avant la lente descente vers les tréfonds du nanar fauché.
Image
Vidéo Popcorn passe à la vitesse supérieure avec la sortie de leur première édition combo Bluray / UHD. L’occasion pour les amateurs français de découvrir la toute nouvelle copie produite par Full Moon pour Puppet Master III. Pas sûr que ces derniers soient retournés à la source, mais il n’empêche que le bond en avant est frappant avec cette images étonnement propre et stable (même si on peut voir quelques silhouettes d’anciennes taches ou fluctuation en transparences), et surtout une gestion du grain plus fluide et harmonieuse que jamais. Le rendu est excellent sur le disque Bluray, mais plus encore bien entendu sur le disque 4K qui assure de meilleures transitions avec les plans à effets optiques ou animés, un peu moins précis et pointus au départ. Le master est forcément limité par la nature même et les origines finalement toujours modestes du film, mais l’apport du Dolby Vision vient lustrer tout cela avec des teintes chaudes (les rouges sont éclatants), des contrastes fermes et des noirs bien profonds.
Son
Le film est proposé en version originale et en version doublée avec pour les deux un DTS HD Master Audio 2.0 toujours clair et solide. La prestation française est parfois un peu plate avec quelques effets distants ou métalliques (c’était un DTV et ça se sent), là ou la piste anglaise est nettement plus naturelle et, sobrement, dynamique.
Interactivité
Vidéo Popcorn poursuit la saga des Puppet Master avec un troisième opus très attendu, ne serait-ce que pour cette fameuse copie 4K. Le packaging est à l’identique de celui des deux premiers films avec un boitier scanavo classique, une jaquette réversible, et un fourreau cartonné pour faire plus classe. Coté bonus on retrouve un programme qui reprend le matériel de Full Moon avec l’attendu making of promotionnel de la firme, qui montre les coulisses du tournage mais aussi les méthodes de confection des fameuses marionnettes (moulage et tout ça) mais embraye aussi avec des bandes annonces d’autres productions à venir (Dollman…) et une présentation des dernières trouvailles du merchandising maison dont les reproductions à l’échelle des créatures du film. Ils avaient déjà tout compris les bougres !
Pour plus de véritables informations sur la confection du métrage, on ne saurait trop vous conseiller le commentaire audio réunissant David DeCoteau avec son scénariste, qui brasse les questions de la franchise Puppet Master, des productions Full Moon, du tournage dans les studios Universal, le casting de têtes connues, la reconstitution historiques, les effets spéciaux et de nombreuses anecdotes… le tout avec les sous-titres français.
Enfin en exclusivité Vidéo Popcorn propose pour la première fois sur support physique (uniquement sur le Bluray) la version noir et blanc du film qui faisait autrefois partie du programme Full Moon Noir qui s’amusait à donner à certaines productions une patine à l’ancienne. Il faut reconnaitre que le résultat est plutôt étonnant, atténuant le coté fauché de certaines séquences, adoucissant les ruptures avec les plans à effets spéciaux et donnant une petite atmosphère rétro très agréable.
Liste des bonus
Version Noir & Blanc (81’), FULL MOON VIDÉO ZONE : Les coulisses de Puppet Master 3 (25’), Commentaire audio du réalisateur David DeCoteau et du scénariste C. Courtney Joyner.







