DISTRICT 9

Afrique du Sud, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, Canada – 2009
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Science-Fiction
Réalisateur : Neill Blomkamp
Acteurs : Sharlto Copley, David James, Jason Cope, William Allen Young, Robert Hobbs, Kenneth Nkosi, Nathalie Boltt, Nick Blake…
Musique : Clinton Shorter
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 112 minutes
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 11 septembre 2026
LE PITCH
Des extraterrestres réfugiés sur la Terre depuis près de 30 ans deviennent un problème international explosif. Parqués dans le District 9, leur destin est entre les mains d’une multinationale, le MNU, qui s’intéresse à leur extraordinaire armement qui ne fonctionne qu’avec de l’ADN extraterrestre. Wikus, un agent de terrain du MNU, contracte un mystérieux virus qui se met à modifier son ADN. Cet homme qui permettrait de déchiffrer la technologie alien devient l’individu le plus recherché. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9…
Loving The Alien
Adoubé par un Peter Jackson producteur placé en très gros sur l’affiche originale, District 9 marquait les débuts sur grand écran du jeune réalisateur Neil Blomkamp dont on parle finalement, et assez injustement, depuis nettement plus pour son Aliens avorté que pour ses autres propositions achevée : Elysium, Chappie où le plutôt fun Gran Turismo. Il faut reconnaitre qu’effectivement ce premier long reste aussi son film le plus réussi.
District 9 est un film né par accident. Repéré pour ses divers courts-métrages, Neil Blomkamp avait en effet été embauché par Peter Jackson pour plancher sur une adaptation cinéma du jeu culte Halo. Malheureusement (ou heureusement), à cause de questions de droits et diverses tensions entre les studios engagés dans l’entreprise, le projet capote et toute l’équipe se retrouve désœuvrée. Mais plutôt que de plier les gaules, Peter Jackson a la bonne idée de demander au jeune homme s’il n’aurait pas une autre idée sous le coude. Ce sera donc District 9, plus ou moins basé sur l’un de ses courts métrages (Alive in Joburg) et en partie toujours habité par quelques traces du titre de Bungie (bestiaire, mécha, esthétique…) passant ainsi d’un blockbuster sous licence à un film de SF nettement plus personnel. Ici le District 9 fait directement écho au District 6, quartier résidentiel cosmopolite d’Afrique du Sud qui fut rasé après que sa population, essentiellement noire, ait été chassée brutalement pour être relocalisé dans des bidons villes plus loin afin de faire place à une population plus huppée, et blanche bien entendu. Mais comme dans les grands classiques de la science-fiction littéraire des années 70, l’extraterrestre remplace désormais l’homme de couleur, et devient à son tour la différence repoussée, chassée et dénigrée, bouc émissaire de tous les maux et de toutes les haines
Ségrégation futuriste ordinaire
Présenté dans la première partie comme un documentaire vif, presque satirique à la The Office, District 9 profite du savoir-faire des équipes de Wetta, pour crédibiliser cette présence venue d’ailleurs dans un décor de ghetto sordide, monde remplis d’ordures, de maisons en tôles, traversé de créature insectoïdes marginalisées depuis leur atterrissage accidentel à Johannesburg… comme des réfugiés regroupés à Calais. Face à eux, ou juste à côté, Wikus, caricature du fonctionnaire béat qui par suite d’une contamination de son ADN va se transformer peu à peu lui-même en alien… Désormais poursuivi par des représentants d’un gouvernement peu préoccupé par la déontologie et la morale, une horde de mercenaires et un gang nigérian particulièrement allumé, plus il avance dans sa monstruosité, plus il devient conscient du monde qui l’entoure et donc humain. Un film malin qui sait justement se transformer à l’instar de son personnage principal, délaissant progressivement la forme du documenteur pour s’inscrire dans un cinéma d’action nettement plus nerveux et spectaculaire, à la limite du buddy-movie parfois avec le copain E.T. Christopher, soulignant la référence absolue du cinéma de Neil Blomkamp : James Cameron. L’un n’annule cependant jamais totalement l’autre et divers inserts télévisés, de témoignages, autant que des détails particulièrement scabreux (le labo de recherche sur les « crevettes » qui renvoient aux expérimentations nazies), viennent constamment crédibiliser ce récit de sauvetage impossible, donnant du corps au simple divertissement bourrin, voire gore, qui culmine dans une dernière bobine aussi électrisante que désespérée. On pensera même lors que quelques scènes au sublime et terrible Les Fils de l’homme d’Alfonso Cuarón dans sa propension aux plans séquences comme un moyen d’encrage d’une dystopie effrayante de véracité.
C’est ce mariage réussi entre l’efficacité « à l’américaine » et la pertinence du message anti-xénophobie qui donne à District 9 toute son importance et sa singularité. Un décollage mémorable (et on ne parle pas que de celui du vaisseau) dont Neil Blomkamp n’a pour l’instant jamais totalement retrouvé l’évidence et la fougue.
Image
Voilà un retour 4K de plus particuliers. A priori District 9 n’était effectivement pas le film qui s’y prêtait le plus aisément, mélangeant diverses sources numériques à la définition changeante, jouant d’une esthétique documentaire assez brute, de teintes désaturées ou baveuses et de contrastes entre les différentes définitions de captation finalement toute ramenées à de la 2K pour la cohabitation avec les images de synthèse. Cette nouvelle copie 4K a donc tout de l’upgrade et pourtant le résultat est franchement réussi, préservant justement ces natures variables d’images, tout en leur offrant une précision inédite, poussée, profonde et naturelle. Les textures sont parfaitement rendues, et l’aspect crasseux du film y est encore plus probant grâce à un traitement très riche des couleurs (plus vives et mieux dégradées mais toujours légèrement crados). Surprenant mais réussi.
Son
On ne retrouve pas ici malheureusement la nouvelle piste Dolby Atmos proposée par Sony aux USA, cette édition française restant accrochée à ses DTS HD Master Audio 5.1 déjà présent sur le Bluray. Si forcément ces dernières n’ont pas l’amplitude et la minutie de l’Atmos, la dynamique en reste particulièrement solide. Dialogues clairs et nerveux, ambiances bien disposées, enveloppement plus que satisfaisant : le spectacle sonore reste des plus efficaces.
Interactivité
Le steelbook du Bluray laisse place à un digipack quatre volets comportant le Bluray et le nouveau disque UHD. Sur ce dernier on retrouve tous les bonus déjà connus avec divers segments qui mis bout à bout proposent un véritable making of revenant sur les origines chaotiques du film, l’implication de Peter Jackson, le développement de l’idée, le travail de Sharlto Copley, le tournage, les effets spéciaux, la reconstitution du ghetto ou les thématiques SF. Classique mais assez complet à l’instar du commentaire audio où Neill Blomkamp aborde sérieusement (un peu trop) tous les sujets attendus. L’autre gros morceau reste la longue série de scènes coupées, parfois très courtes, dont l’essentiel provient surtout de la première partie du film avec de nombreuses petites scénettes « documentaires » ajoutant quelques détails supplémentaires sur la vie dans le camp ou la mission des envoyés du gouvernement.
Finalement pour cette édition le véritable ajout reste le segment Comic-Con Extravaganza qui est cependant un montage d’archives de l’arrivée du réalisateur, son acteur et son producteur lors du Comic-Con de 2009. Présentation du film, conférences de presse, interviews diverses… On y observe un Peter Jackson très présent et protecteur et deux jeunes australiens manifestement un peu dépassés par les évènements.
Liste des bonus
Comic-Con Extravaganza (17’), Commentaire audio de Neill Blomkamp, « The Alien Agenda » : journal d’un réalisateur (33′), « Créer l’univers de District 9 » (12′), « Métamorphose : la transformation de Wikus » (9′), « Innovation : le jeu et l’improvisation dans Distric 9 » (12′), « Génération Alien » (9′), Scènes coupées (26′), Bande-annonce et teaser.







