MURIEL

Muriel’s Wedding – Australie – 1994
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : P.J. Hogan
Acteurs : Toni Collette, Bill Hunter, Rachel Griffiths, Sophie Lee, Rosalind Hammond, Gennie Nevinson, Matt Day, Jeanie Drynan, Daniel Lapaine…
Musique : Peter Best
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 101 minutes
Editeur : Bubbel Pop’ Edition
Date de sortie : 23 septembre 2026
LE PITCH
Muriel, une jeune femme solitaire vivant dans une petite ville australienne étouffante, rêve d’échapper à sa vie médiocre grâce au mariage. Après une série de mensonges et de désillusions, elle part à Sydney où elle tente de se réinventer. Mais ce chemin chaotique va surtout l’amener à découvrir l’amitié et à trouver enfin sa propre place.
Dancing Queen
L’année 1994 aura été une bonne cuvée pour un cinéma australien poussée dans le dos par un vent de liberté avec coup sur coup l’odyssée trav Priscilla Folle du désert et le conte moderne enjoué Muriel. Dans les deux cas une énergie, des couleurs, un humour et une excentricité qui cachent, partiellement, les drames et les fêlures.
Dans l’esprit de beaucoup, Muriel est ainsi perçu comme l’un de ces fameux films « feel-good » bourré de bonne humeur et d’une ironie charmante emportée par une bande sonore totalement transportée par les plus grands tubes du groupe ABBA. Leur Waterloo en particulier donne naissance à l’une des séquences les plus iconiques du métrage dans laquelle Muriel et sa nouvelle amie Rhonda, habillées de lumières comme Agnetha et Anni-Frid, se lancent dans une représentation libératrice devant les autres touristes du club de vacances tandis que la caméra s’amuse à reproduite les angles et le montage de l’antique clip. Muriel est bien l’histoire d’une émancipation, celle d’une personne tout juste sortie de l’adolescence, un peu trop ronde, un peu voleuse (par ennuie et défi), carrément mythomane et franchement paumée, qui va dépasser ses rêves de midinettes, et en particulier sa fascination pour l’imagerie du mariage, afin de passer enfin à l’âge adulte. Une transformation qui ne peut avoir lieu qu’en ville, à Sidney, loin du décor provincial et étouffant qui l’a vue grandir, et au contact de cette camarade de route, nettement plus excentrique qui seule, semble à même de l’aimer pour qui elle est. Une aventure au féminin, faite de conquêtes masculines, rares pour l’une, plus frénétiques pour l’autre, de règlements de comptes avec les horribles et caricaturales fausses pin-up de Porpoise Spit et qui culminera dans un mariage blanc avec un athlète Sud-africain qui malgré une once de tendresse inattendue montre bien que la belle robe blanche ne fait pas tout.
Mazel-tov !
Muriel détourne effectivement les clichés de la comédie romantique l’entrainant vers la comédie amicale, mais en conservant cette palette de couleur acidulée, une bonne humeur souriante généralisée et les bons sentiments qui ne sont jamais bien loin. Cependant, le film de P.J. Hogan, futur réalisateur du très sympathique Le Mariage de mon meilleur ami, n’est certainement pas qu’un divertissement solaire et enjoué. Écrit à une période où sa carrière peinait à décoller, le scénario de Muriel, est surtout pour loin l’occasion de revisiter sa propre trajectoire et d’opérer un inventaire assez cruel envers sa famille et son environnement. Sous le tableau à paillette son film, bien plus personnel qu’il n’y parait, s’avère effectivement particulièrement sombre multipliant les épisodes tragiques (le cancer de Rhonda, le suicide de la mère…) et baignant constamment dans un réalisme sans fard, aux limites du sordide, lorsqu’il dépeint les proches de l’héroïne, famille totalement inculte, anesthésiée vivant tous aux crochets d’un père maltraitant et dégradant, vieux politique raté et relativement malhonnête. Derrière le sourire absolument irrésistible d’une Toni Colette (son premier grand rôle) extatique dans sa robe de mariée ou hilare face à un amant peu doué avec les fermetures éclairs, se dissimulent toujours une terrible douleur, un bagage familial oppressant et une quête d’identité déchirante. C’est dans cette dichotomie que Muriel trouve le ton juste, esquive la simple farce un peu grotesque pour aboutir à une tragédie moderne qui cerne finalement toutes les facettes d’une femme certainement trop rêveuse pour son bien mais terriblement attachante, fragile et sensible.
Finalement, l’entrain et les sonorité disco de nos suédois préférés ne sont que la cerise sur le gâteau, ou plutôt la petite silhouette kitch posée en haut de la pièce montée, d’un bien joli film, original et plus profond qu’on ne le croit.
Image
Joli coup pour Bubbel Pop’ qui nous propose ici en exclusivité une nouvelle restauration 4K particulièrement vive et colorée et surtout aux cadres limpides, stables, fermes et finement creusées. Tout a été nettoyé de fond en comble tout en préservant un léger grain, naturel et organique et surtout des accents pellicules particulièrement pimpants. Le bluray est d’excellente tenue, mais le disque UHD surtout en met plein les yeux retrouvant pleinement cette esthétique de bonbon acidulé qui nous avait tapé dans l’œil en 94.
Son
Version originale et versions doublée sont disponibles dans des prestations DTS HD Master Audio 5.1 pleines d’énergie. Les chansons d’ABBA remplissent la pièce à chaque occasion, mais les dialogues ne sont jamais oubliés tout comme la dynamique parfois presque hystérique des scènes. La spatialisation est bien gérée, enveloppante et généreuse, avec forcément un surplus de profondeur, de détails et de naturel dans un anglais à l’accent australien si reconnaissable.
Interactivité
Le film est disponible dans une édition Mediabook tout à fait charmante, mais aussi dans un coffret plus classieux limité à 1000 exemplaires. Celui-ci contient quelques polaroids souvenirs, une carte d’invitation et surtout un très joli livret d’une soixantaine de page à l’apparence d’un livre souvenir de mariage. A l’intérieur une longue et complète analyse du film avec retour sur les origines du film, portraits du réalisateur et des actrices, réflexions sur le regard social, le portait féminin et l’esthétique particulière du métrage… mais aussi sur l’impact qu’il a eu sur les ventes de disques d’ABBA et les liens qu’il noue avec la naissance de la comédie musicale Mamma Mia !
Du coté des disques UHD et Bluray, le programme est bien chargé là aussi avec une petite sélection d’interviews, un peu promotionnelles mais très sympas, tournées sur le plateau de tournage (et en costume de mariée pour Toni Colette), suivies par les interventions de deux journalistes, Olivier Cachin qui livre une présentation plutôt globale du film avec un petit appuis sur la musique en particulier et Eithne O’Neill qui l’observe par le biais de la cohabitation entre la comédie et la tragédie dans le contexte d’un film de « mariage ». Le segment incontournable reste certainement l’interview en visio enregistrée par P.J. Hogan et sa compagne (coscénariste et productrice) Jocelyn Mooregouse, qui raconte vraiment de l’intérieur les contours biographiques du film, les années de vache maigre, les difficultés à rencontrer un producteur, à obtenir les musiques d’ABBA et plein d’autres anecdotes et réflexions avec une franchise et une sincérité rafraichissante.
Liste des bonus
Un livret rédigé par Rania Griffete (60 pages), « PJ Hogan et Jocelyn Moorehouse nous racontent » (30′), Interviews de Bill Hunter (2′), Interview de P.J. Hogan (6′), Interview de Toni Collette et Rachel Griffiths (6′), Interview de Eithne O’Neill, autrice et critique de cinéma (15′), Présentation du film par Olivier Cachin (14′), « Le Jour du mariage » (3′).







