MARQUISE

France – 1997
Support : Bluray
Genre : Comédie dramatique
Réalisatrice : Véra Belmont
Acteurs : Sophie Marceau, Lambert Wilson, Patrick Timsit, Bernard Giraudeau, Thierry Lhermitte, Anémone…
Musique : Jordi Savalli
Durée : 116 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Aucun
Éditeur : BQHL Éditions
Date de sortie : 24 juillet 2020
LE PITCH
Écumant les planches de province, Molière et sa troupe croisent la route de Marquise, une jeune danseuse qui hypnotise les foules et que son père prostitue aux plus offrants. Ils la soustraient à son destin misérable en lui proposant de devenir comédienne…
Une femme d’exception
Passé un peu inaperçu à la fin des années 90, Marquise renaît aujourd’hui à la faveur d’une réédition en haute-définition minimaliste mais où transparaît la modernité et l’intelligence d’un biopic féministe à la mise en scène pourtant imparfaite.
L’histoire de Marquise-Thérèse de Gorla, dite Marquise du Parc, méritait bien un long-métrage. De 1653, année de sa « découverte » à Lyon, jusqu’à sa mort prématurée en 1668, cette fille d’un bonimenteur de foire fut au centre des révolutions théâtrales menées par Molière et Racine et inspira à ce dernier l’une de ses tragédies les plus célèbres, Andromaque. Manquant d’imagination, il serait aisé de la qualifier de muse et de romancer une existence rythmée par les feux de la rampe, les intrigues de cour et une ribambelle d’amants parfois prestigieux.
Coscénariste, réalisatrice et productrice, la très rare (du moins au cinéma) et très éclectique Véra Belmont fait le choix délicat de mélanger l’Histoire et la légende, brouillant les pistes quant à la nature même de ce personnage haut en couleurs auquel Sophie Marceau prête ses traits avec une grande justesse, se laissant aller à une mise en abîme de sa propre carrière, partagée entre succès populaires et cinéma d’auteur. Quand bien même l’actrice gâchera la promotion du film en tirant à boulets rouges sur sa réalisatrice, impossible de nier que le sujet était taillé sur mesure pour sa personnalité et son image. Avec une intelligence remarquable et à mille lieux d’un féminisme binaire, Véra Belmont évite l’hagiographie convenue d’une pionnière de la scène pour mieux constater l’incapacité des hommes à envisager une belle jeune femme talentueuse autrement que par les fantasmes et les ambitions qu’ils projettent sur elle. Autrement dit, Marquise est avant tout un film sur les hommes ayant entouré la comédienne, chacun ayant une idée bien précise et finalement très limitée (à une exception près) de la case dans laquelle il convenait de l’enfermer.
Ce que les hommes veulent
Pour Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, brillamment incarné par le regretté Bernard Giraudeau, Marquise est une addition de plus dans sa troupe, maîtresse désirable et désirée, mais aussi un objet brut de décoffrage, utile lorsqu’il s’agit de distraire les foules mais dont il ne sait que faire dans son théâtre moderne et provocateur mais également trop calibré. Pour Jean Racine, le tragédien ambitieux, à qui Lambert Wilson confère avec une certaine raideur une image de dandy se compromettant pour s’attirer les faveurs du Roi et de la cour, Marquise est LA muse et son tremplin vers la gloire. Pour Louis XIV et Monsieur, son frère, Marquise est une attraction éphémère, une simple lubie pour une monarchie capricieuse et libidineuse. Pour Gros-René, enfin, campé avec bonheur par un Patrick Timsit pathétique et éperdument amoureux, à mille lieux de ses one-man show pas drôles, Marquise est juste … Marquise, l’épouse défendue, aimée et respectée quoi qu’il arrive, en dépit des infidélités.
La variété de ces points de vue constitue le point fort d’un film à la mise en image bien trop sage, ayant souvent du mal à doser la grivoiserie et la gravité. En dehors d’une poignée d’effets de style soulignant maladroitement un propos admirable, Véra Belmont se repose sur le savoir-faire de ses costumiers et décorateurs et cadre mollement, dans une série de champ-contre-champs figés et télévisuels, un casting qui trouve toujours le ton juste. Une faiblesse qui n’est jamais rédhibitoire mais qui vole à cette Marquise révolutionnaire la virtuosité que son aura ensorcelante appelait pourtant de tous ses vœux.
Image
Comparé à l’édition antédiluvienne proposée par Fox Pathé Europa en 2002, l’amélioration de ce blu-ray double couche est bien évidemment flagrante. Le piqué est un peu instable et la colorimétrie varie selon les scènes, allant d’un ensemble un peu terne à quelques moments d’éclats, mais le gain en termes de définition et de profondeur de champ est inestimable, mettant en valeur l’impeccable direction artistique d’une équipe italienne rompue aux reconstitutions historiques de qualité.
Son
Des ambiances naturelles éteintes (même lors des grandes représentations théâtrales) cèdent la place à des dialogues clairs et dynamiques et à une sélection musicale à la stéréo détaillée et dynamique. Propre mais sans surprise.
Liste des bonus
Aucun.






