MAGNUM COP

Poliziotto senza paura – Italie, Autriche – 1978
Support : Bluray & DVD
Genre : Policier
Réalisateur : Stelvio Massi
Acteurs : Maurizio Merli, Joan Collins, Franco Ressel, Werner Pochath, Annarita Grapputo, Alexander Trojan…
Musique : Stelvio Cipriani
Image : 1.85 16/9
Son : Italien et Français LPCM 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 97 minutes
Editeur : Artus Films
Date de sortie : 2 septembre 2025
LE PITCH
Ancien flic devenu détective privé à cause de ses méthodes expéditives, Walter Spada se voit confier par un riche homme d’affaires australien la mission de retrouver sa fille, enlevée récemment. Il va se retrouver dans Vienne, au cœur d’un réseau de prostitution impliquant plusieurs notables.
Gros Calibre (mais pas que)
Dans le poliziottesco, ce fameux polar sec et cru (comme le jambon) à l’italienne, il y essentiellement deux versants : le dur, politique et violent, et le détendu du jean, maniant l’humour populaire et la décontraction. Servi par deux spécialistes du genre, le réalisateur Stelvio Massi et la star Maurizio Merli, Magnum Cop mélange les deux pour un divertissement trépident et sacrément efficace.
Sans doute parce qu’ils venaient tout juste de collaborer sur la comédie policière SOS Jaguar opération casse-gueule, les deux compères débutent ce Poliziotto senza paura avec l’œil qui frise. Maurizio Merli y interprète un privé un peu fauché et magouilleur qui se trimbale débonnaire en salopette pas de première jeunesse et préfère mater un match de foot dans son appartement recouvert d’affiches de film policiers (on y reconnait Peur sur la ville, Belmondo étant avec France Nero l’autre modèle de l’acteur) plutôt que de surveiller son contrat. Un peu la caricature du mâle rital qui ne peut s’empêcher de draguer tout ce qui bouge et jouer les fiers à bras. Mais ce qui débute comme une simple mission pour retrouver une jeune fille disparue (enrôlée chez les Krishna pour faire suer le paternel), puis kidnappée, finit par se déporter du coté de la capitale autrichienne. Changement de cadre, changement de ton, après une visite de l’entreprise tenue par le collègue Gaston Moschin, excellent en professionnel à la ramasse mais sympa, la musique de Stelvio Cipriani (excellente) s’emballe, Walter Spada se redresse et cesse de sourire à tous les vents. L’enquête commence à se rapprocher dangereusement d’un réseau de prostitution infantile, le scénario se complexifie et le ton du film devient alors nettement plus sombre, inquiet et brutal.
Les mains dans le cambouis
Le héros ne perd pas son sens de la provocation et lâchera bien quelques vannes à la volée, mais le traitement rejoint plus volontiers celui des polars âpres et sans pitié. La preuve ? Même le héros en sera quitte pour quelques mises à l’amende, figure nettement moins infaillible que le tout-venant. On sent vraiment qu’il y a ici une envie de sortir des sentiers battus, de détonner un peu dans la tradition déjà bien rodée des poliziottesco en déstabilisant régulièrement le spectateur et le personnage. Le rythme se veut trépidant, les séances de castagnes ou de poursuites en moto apparaissent avec un timing calculé, l’érotisme ne manque pas, mais les échos malsains de l’histoire, les conséquences terribles qui s’abattent sur certains personnages et la vision générale de la haute société viennoise (corrompue et vicieuse) rapproche clairement le film des polars les plus sérieux de l’époque. Un mélange des genres où on s’étonne forcément de croiser l’actrice américaine Joan Collins, guest de luxe largement mise en avant dans la promotion internationale, et qui joue qui plus est une effeuilleuse peu farouche tout autant qu’une corruptrice perverse et intéressée. Constamment sur la pente glissante, Magnum Cop profite clairement du savoir-faire indéniable de l’artisan Stelvio Massi, chef opérateur réputé (L’alibi, Texas, Lanky, Les rendez-vous de Satan…) et petit prince du polar sec et bourrin (Un flic voir rouge, Magnum 44 Spécial, La Cité du crime…) trouve même le temps au cœur de sa mise en scène bien nerveuse et percutante, de livrer quelques jolis moments, sans pathos, entre le protagoniste et l’une des très jeunes victimes du trafic.
Une réussite du genre, solide et étonnante. On retrouvera le même duo à peine quelques mois plus tard avec le toujours très sympathique Un Flic explosif (dispo aussi chez Artus Films), même si beaucoup plus classique en l’occurrence.
Image
Magnum Cop s’offre tout de même un très beau master. Une nouvelle copie 2K qui a profité manifestement d’une restauration très solide et appuyée affichant des cadres particulièrement propres et stables, un niveau de détail savoureux et surtout un traitement généreux des couleurs (en particulier le vert éclatant de la porche). Le plus appréciable ici reste sans doute cet effort constant pour préserver le grain très marqué de la pellicule, organique, vibrant, parfois limite neigeux, mais so 70’s jusque dans ses argentiques.
Son
Version originale italienne et française préservent leurs petits monos d’origines. Mais des petits monos tout à fait agréables, clairs, nets et efficacement frontaux. La version italienne est forcément plus naturelle dans ses intentions et ses ambiances, mais le doublage hexagonal est plutôt de bonne qualité.
Interactivité
Et hop, un nouveau polar italien pour la collection Artus Films avec Magnum Cop qui reprend l’incontournable digipack deux volets (avec le visuel de l’étonnante affiche allemande) et le fourreau cartonné qui fait bien. A l’intérieur Bluray et DVD contiennent une nouvelle présentation de l’incontournable Curd Ridel qui se livre à nouveau à une exploration générale des filmographies mais en mettant clairement l’accent sur celle de Maurizio Merli. L’occasion de rappeler qu’il vaut beaucoup mieux qu’une simple copie de Franco Nero et de délivrer une sacrée anecdote sur son début de carrière et son arrestation pour braquage !
On trouve aussi outre l’habituelle galerie d’affiches et de photos, une rencontre avec Danila Massi, fils du réalisateur et souvent assistant sur les tournages de son père, qui se remémore la volonté de changement voulu sur l’opus, le tournage de quelques scènes clefs, les cascades de Merli, la venue de Joan Collins et la musique de Stelvio Cipriani.
Liste des bonus
« Man on Fire » : Présentation du film par Curd Ridel (27’), « Flic en feu » : Entretien avec Danilo Massi (33’), Diaporama d’affiches et photos (2’).







