LE BLOB

The Blob – États-Unis – 1988
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : Chuck Russell
Acteurs : Kevin Dillon, Shawnee Smith, Donovan Leitch Jr., Jeffrey DeMunn, Candy Clark Jack Nance, Paul McCrane…
Musique : Michael Hoening
Durée : 95 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Éditeur : ESC Films
Date de sortie : 19 août 2020
LE PITCH
Une météorite percute la Terre. Une masse informe s’en extrait et grandit en ingérant un à un les habitants d’une ville des Etats-Unis. Le Blob se glisse partout pour traquer ses proies et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Dans cette ambiance d’enfer, Meg Penny et Brian Flagg, tentent de survivre, alors qu’une mystérieuse équipe gouvernementale met la ville en quarantaine.
La vie en rose
Remake d’un petit classique de la série B des années 50, ce Blob « nouvelle génération » fait partie de ces rares reprises qui ont réussi à totalement dépasser leur matériau d’origine et à s’inscrire dans les mémoires. Immanquablement pour ses effets spéciaux incroyables et aujourd’hui encore impressionnants, mais aussi pour sa rigueur et son efficacité.
Du coté de ces remakes fructueux, on pense bien entendu au contemporains The Thing de John Carpenter (pas que pour cela d’ailleurs) dans cette manière assez maline d’extraire le concept de sa métaphore appuyée d’une invasion communiste (sale rouge !) pour revenir à une exploration plus directe de la créature elle-même et du massacre qu’elle va perpétrer. Le fait que la masse mouvante du film de 88 soit finalement le résultat d’une expérience foireuse fomentée par l’armée américaine ressemble d’ailleurs plus à une boutade ironique qu’à autre chose. Sur une voie royale après la mise en boite du scénario de Dreamscape et surtout la relance de la franchise Freddy avec un troisième épisode inventif et généreux en diable, Chuck Russell (qui connaîtra son plus gros succès avec le phénomène The Mask) et son acolyte coscénariste Frank Darabont (depuis largement plébiscité pour Les Évadés, The Mist ou la première saison de The Walking Dead) voient leur projet initial validé : un remake de Danger Planétaire, surtout connu pour être l’un des premiers rôles de Steve Mcqueen. Ce n’est donc pas une commande mais bien un film personnel qui est constamment marqué par leur amour et leur respect du genre horrifique aussi bien dans ses ambiances que ses excès. Sans en faire des tonnes, le script est d’ailleurs un petit bijou de justesse qui sait aussi bien manier les atours de la teen comedy (très présents dans la première partie du film), que les dérapages noirs et franchement cruels (le choix des victimes est osé) et les codes du film de monstres géants.
Un gros truc en plus
Si la trame reprend quelques passages « culte » de l’original, et en particulier une excellente attaque dans un cinéma fasciné par une parodie irrésistible de Vendredi 13, on y aperçoit surtout l’influence aussi surprenante que finalement logique du Aliens de James Cameron (toute la séquence dans les égouts) et la description d’une petite communauté américaine à la Stephen King. Entre ses deux mamelles (si j’ose dire) Le Blob embrasse aussi bien toutes les facettes de ses personnages (Kevin Dillon en délinquant victime du regard des autres, Shawnee Smith pom-pom girl jamais quiche, Paul McCrane en adjoint un peu con mais pas que…) que tout le potentiel de son amibe géante et rose bonbon. Elle n’est clairement plus une simple masse qui avance et fait disparaître ses repas d’un simple bruit du sussions, mais un mélange impressionnant de techniques et de trouvailles (slime, bassins colorés, stop-motion, marionnettes, animatronics, toiles de soie, bouts de ficelles…) qui lui donne une présence absolument unique à l’écran. Des prouesses menées par l’équipe de Tony Gardner (Cabal, L’Armée des ténèbres, Hocus Pocus, Les Valeurs de la famille Addams, Le Fils de Chucky…) et qui culminent dans les détails absolument scabreux et révulsant des restes à moitiés digérés, et pas totalement morts, que laisse derrière lui le blob. On n’est jamais très loin de la débauche d’effets physiques, gores et sanglants de l’école Screaming Mad George (Society…) mais sans les épanchements outranciers, voir burlesques.
Reflet d’une très belle époque pour le cinéma d’horreur et certainement l’un des meilleurs rejetons de cette décennie déjà bien fournie, Le Blob vieillit particulièrement bien.
Image
Si les sources ayant servi à restaurer le film restent assez mystérieuses (pas de nouveau scan du négatif mais…) le résultat est franchement emballant. On ne cachera pas que quelques plans composites souffrent un peu plus, que quelques scories traversent parfois le cadre et qu’on a pu noter un ou deux artefacts surs des arrière-plans sombres, mais le master HD est en grande majorité marqué par une netteté tout simplement inédite et une colorimétrie plus vive et nourrie que jamais. Les conditions sont optimales pour observer avec délectation toutes les variations de mauves et de roses du blob parsemé de restes humains à moitié digérés. Merci.
Son
Pas de surprise du coté des deux pistes anglaise et française DTS HD Master Audio 2.0 qui ont connu une petite restauration de circonstance et assurent une transmission simple soit, mais tout à fait efficace avec un petit surplus de dynamisme et de naturel sur la VO. La bonne surprise vient du nouveau mix DTS HD Master Audio 5.1 qui donne une ampleur nouvelle au film grâce à des ambiances maîtrisées et un dynamisme bien musclé, sans jamais se perdre dans la surenchère artificielle.
Interactivité
Disponible en édition collector en exclusivité sur le site d’ESC avec quelques goodies et le Bluray du film de 58 en prime, Le Blob est aussi proposé à l’unité, mais toujours avec la copie DVD dans le boitier. Et pour cause, pour des raisons de place et de compression les bonus proposés sont répartis sur les deux disques. Un programme plutôt large qui pourtant ne reprend pas l’intégralité des suppléments du collector de Shout Factory ! Quelques interviews manquent à l’appel, les deux commentaires audios sont restés au font de l’atlantique, mais heureusement les survivants sont particulièrement intéressants avec d’excellent segments sur la confection des effets spéciaux (interview récente de Tony Gardner et images d’époques), un détour du coté du chef opérateur Mark Irwin pour quelques considérations technique et une interview en deux parties du réalisateur. Sur sa carrière en général tout d’abord où il évoque sa lente progression dans le milieu du cinéma, sa rencontre avec Darabont et le tournage du Freddy, puis enfin Le Blob proprement dit. Des interventions très intéressantes, détendues et didactiques qui font paraitre la présentation d’Olivier Père, pour une fois pas très inspiré, plus anecdotique encore.
Liste des bonus
Entretien autour du film avec Olivier Père (Journaliste et directeur de la programmation d’Arte) (20’), Entretien autour du tournage de The Blob avec le réalisateur Chuck Russell (24’), Entretien avec le chef opérateur Mark Irwin (18’), Entretien avec le créateur des effets spéciaux Tony Gardner (22’), Entretien autour de la naissance de The Blob avec le réalisateur Chuck Russell (25’), Coulisses du tournage avec le créateur des effets spéciaux Tony Gardner et son équipe (28’).







