DEATH WARMED UP

Nouvelle-Zélande – 1984
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : David Blyth
Acteurs : Michael Hurst, Margaret Umbers, William Upjohn, Norelle Scott, David Letch…
Musique : Mark Nicholas
Durée : 85 minutes
Image : 1.81 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Éditeur : Extralucid Films
Date de sortie : 05 août 2020
LE PITCH
MICHAEL TUCKER a été programmé par le chirurgien ARCHER HOWELL pour assassiner ses parents. Suite au massacre, il est incarcéré dans un asile psychiatrique. Des années plus tard, MICHAEL et ses amis voyagent sur une île isolée sur laquelle HOWELL mène des expérimentations sur des humains pour les transformer en des machines à tuer. MICHAEL doit se venger d’HOWELL pour le meurtre de ses parents mais aussi l’arrêter pour le bien de l’humanité.
Un kiwi dans le micro-onde
Auréolé d’une Licorne d’Or au festival du film fantastique du Rex en 1984, et largement connu pour sa distribution fructueuse en VHS sous les bons soins de René Château Vidéo, Death Warmed Up fait partie de ces fleurons de la belle époque des délires trashs & gores qu’on se refilait sous le manteau.
Des pépites du genre toujours un peu méconnues, souvent oubliées, parfois largement fantasmées avec les années, mais qui reviennent abimer nos rétines à fréquences régulières. Vraie petite curiosité échappée de l’ère glorieuse des vidéoclubs de quartier, Death Warmed UP reste aujourd’hui encore un objet atypique, en particulier par sa provenance géographique. Trois ans avant le généreusement foutrak Bad Taste d’un certain Peter Jackson (mais qu’est-il devenu ?), voici qu’apparaissait un authentique film d’horreur bisseux, plongeant les deux bras dans l’esthétique sanglante sur le territoire néozélandais. Pas forcément une grande terre de cinéma, mais l’objet fut pourtant l’une des premières productions à profiter de l’aide à la création d’état, et l’on croisa même dans ses coulisses (photos, décors, productions…) quelques figures de la culture artistique du pays, montrant un engouement certain pour cette œuvre hors norme. Hors norme car le jeune metteur en scène David Blyth, qui avait entamé sa carrière avec un trip arty punk (Angel Mine) et un grand drame en costume (A Woman of Good Character), opère un virage à 180 degré en s’embarquant pour un ride improbable, débutant comme un psycho-killer crypto-gay (la scène de douche à la Revanche de Freddy) avant de débarquer sur une île isolée en faisant glisser irrémédiablement la tonalité du survival teen vers les déviances rednecks, le films de zombie et le post-apo sauvage australien.
Réchauffé comme la mort
Joyeux bordel pour sûr où l’on peine à reconnaitre la plume atmosphérique et sinueuse de Micheal Heath (L’Epouvantail de mort, Next of Kin) dans cette obscure affaire de revanche qui tourne au mauvais remake de L’île du Docteur Moreau mâtiné de Re-Animator pour ses joyeuses expérimentations sur la vie après la mort et un duo de trépanations pleins cadres du meilleur effet. Héros blond peroxydé comme un Billie Idole en slip, érotisme gratuit, poursuites en moto dans des tunnels labyrinthiques éclairés comme un Bava, séquences « humour » embarrassantes avec patron de superette indien, mutants dégénérés, assauts nocturnes et tripailles à l’air… Death Warmed Up part dans tous les sens mais réussit à se contenir (à peu près) grâce à sa solidité formelle, ses emprunts affirmés à Sam Raimi (en particulier dans l’utilisation d’une steadycam bien agitée), sa très jolie photo, mais aussi avant tout son jusqu’au-boutisme forcené qui ne tolère aucune échappés cartoonesques et autres second degré salvateur. De ses vivisections en gros plans éclairés au néon blafard jusqu’à l’anti-happy end final, le film est parcouru par un chaos nihiliste sans retour, par une sensation de mort radicale.
Un versant plus scabreux, qui loin des sales blagues de Braindead ou Black Sheep et donne une autre vision de la folie horrifique néozélandaise.
Image
Produit en 2018 par Umbrella Entertainment en Australie sous le regard du réalisateur David Blyth en personne, ce premier vrai transfert HD du film a dû faire face à quelques problèmes de sources. En effet il semblerait que le négatif original ait été détruit depuis des lustres et les techniciens ont dû composer avec une copie positive 35mm et quelques inserts récupérés d’un workprint VHS. L’ensemble affiche donc une rugosité constante avec un grain très marqué et un piqué qui fait au mieux de ses possibilités. Pourtant, malgré cet aspect un peu brut, la copie est très séduisante avec sa colorimétrie chaude et contrastée, une restauration finalement assez harmonieuse et poussée, mais qui préserve une sensation « film d’exploitation » qui lui va parfaitement.
Son
Seule piste anglaise disponible, le mix DTS HD Master Audio 5.1 n’a heureusement rien du bidouillage moderniste et sans en faire trop ni se disperser dans des effets vains permet à la fois d’offrir une restitution claire et propre et de déployer quelques effets d’ambiances aux bons moments. Pas trop mal pour un film de cet acabit, et le petit surplus de dynamisme est clairement bienvenu.
Plus sobre, le doublage français, relativement honorable, reste en DTS HD Master Audio 2.0 pour un rendu mono.
Interactivité
Proposé sous la forme d’un Digipack trois disques (1 bluray + 2 DVD) l’édition française de Death Warmed Up ne propose malheureusement pas la pléthore de suppléments australiens et américains (commentaire audio, interviews, scènes coupées, montage uncut en SD…) mais s’efforce tout de même de compenser les manques. On invoque ainsi le journaliste Julien Sévéon qui se fend d’une présentation vidéo et surtout d’un livret d’une vingtaine de page sur le cinéma fantastique Néozélandais. Pour le reste c’est clairement le réalisateur David Blyth qui est à l’honneur avec une introduction inédite du film et deux autres créations assez inattendues. D’un coté un petit documentaire, French Connection, dans lequel il rend hommage à son grand-père, héros de la Seconde Guerre Mondiale ayant activement participé à la libération de villages français, de l’autre Wound un autre film d’horreur datant de 2010. On y retrouve ses élans assez malsains et ses atmosphères poisseuses avec un film un peu fauché qui ressemble surtout à un cauchemar éveillé mêlant fantasmes SM, inceste et meurtres sanglants.
Liste des bonus
Livret de Julien Sévéon : Le Cinéma d’horreur en Nouvelle-Zélande, Introduction exceptionnelle par David Blyth (4’), Entretien avec Julien Sévéon (18’), WOUND réalisé par David Blyth en 2010 (76’), FRENCH CONNECTION, documentaire réalisé par David Blyth en 2011 (21’).






