LA BELLE DE SAN FRANCISCO

Flame Of Barbary Coast – États-Unis – 1945
Support : Bluray & DVD
Genre : Western
Réalisateur : Joseph Kane
Acteurs : John Wayne, Ann Dvorak, Joseph Schildkraut, William Frawley, Virginia Grey…
Musique : R. Dale Butts, Mort Glickman
Durée : 91 minutes
Image : 1.31 16/9
Son : Anglais & Français DTS-HD Master Audio 2.0 Mono
Sous-titres : Français
Éditeur : Sidonis Calysta
Date de sortie : 10 août 2020
LE PITCH
1906. Éleveur dans le Montana, Duke Fergus débarque à San Francisco pour collecter une dette et en profite pour goûter aux charmes de la ville et aux cabarets de nuit. Il rencontre la chanteuse Flaxen Terry et en tombe aussitôt amoureux…
Duke in Love
Drôle de western que La Belle de San Francisco. Un western qui n’en est d’ailleurs pas tout à fait un, le film de Joseph Kane mêlant comédie romantique, film de gangsters et … film catastrophe. Une curiosité pour laquelle John Wayne, le Duke en personne, tente de se la jouer amoureux transi courtisant la belle Ann Dvorak et tapant le carton avec un sourire malicieux.
Ce n’est pas tant le mélange des genres qui rend La Belle de San Francisco relativement inclassable mais bien le contre-emploi presque total dont hérite ici John Wayne. Pantalon remonté jusqu’aux genoux, la légende de l’Ouest, le Ringo Kid de La chevauchée fantastique de John Ford (excusez du peu), s’amuse donc à jeter des cailloux dans le Pacifique dès la scène d’ouverture, découvrant les joies de la plage avec le regard amusé d’un enfant de 5 ans. Donner une image puérile, immature même, du cow-boy quittant sa plaine et découvrant la civilisation est un choix un peu risqué et même si John Wayne fait de son mieux pour se montrer crédible, on sent bien que l’acteur n’est pas tout à fait à sa place. Il se fait facilement voler la vedette par Ann Dvorak (connue pour avoir été la « Cesca » du Scarface d’Howard Hawks), dont la voix grave et les regards coquins font merveille, mais aussi par Joseph Schildkraut qui, dans la peau de Tito Morell, patron de l’El Dorado (!), s’offre les meilleures scènes du film. Élégant, complexe, doué aux cartes, animé par un code d’honneur très personnel, cet antagoniste formidable aurait bien mérité d’occuper le premier plan de l’histoire. Premier regret à l’égard d’un scénario prometteur mais dont les nombreuses pistes dramatiques sont à peine exploitées.
Gangs of San Francisco
Passionné d’histoire et de western, écrivain prolifique et très conservateur, ami de John Wayne, le scénariste Borden Chase ne manque pas d’ambition avec le script de La Belle de San Francisco. La fin de la conquête de l’Ouest, l’exode vers les villes, les rapports entre le crime organisé et le monde du jeu et de la nuit et, pour finir, le tremblement de terre qui secoua toute la Californie en avril 1906, donnant ainsi à cette bluette un contexte historique bien précis. Hélas, trois fois hélas, la bluette domine, entrecoupée de nombreuses scènes musicales et d’un humour paresseux (deux ou trois running gags usés jusqu’à la corde). Quant aux amateurs de western, il leur faudra se contenter d’une courte scène en extérieur où John Wayne saute nonchalamment d’un train en marche pour retrouver sa monture, ses potes et son troupeau ainsi que d’un duel au poker qui se règle bien entendu Colt à la main.
La frustration de voir un matériau riche de tant de possibilités ramenées à sa plus simple expression est toutefois compensée par la mise en scène racée de Joseph Kane qui fait pencher la balance du bon côté. Modeste artisan ayant enchaîné avec zèle les films de cow-boys chantant (avec Roy Rogers, notamment), il sait tirer parti d’un budget modeste et imprime un rythme soutenu qui tient l’ennui à distance. S’appuyant sur des effets miniatures et grandeur nature très soignés, la scène du tremblement de terre produit même son petit effet. Avec les compliments de la maison.
Image
Quelques instabilités et griffures ont échappés à une restauration globalement surprenante, avec des noirs profonds, des contrastes vigoureux et une définition à la hauteur du support. Pour un film peu connu et vieux de près de 75 ans, le travail accompli mérite bien un petit « Yi-Ha ! » de circonstance.
Son
Sans s’attendre à une folie multicanale, la bande son est d’une propreté surprenante, sans aucune saturation et avec une restitution dynamique des voix. La scène du tremblement de terre provoque même un frémissement bienvenu des basses. Malheureusement, le constat est affreusement terni par une désynchronisation importante qui gâche totalement les vingt dernières minutes du film. Un faux pas majeur que l’on espère voir corriger par un nouveau pressage. Les moins indulgents seront donc forcés de se rabattre sur une version française fatiguée et mal doublée.
Interactivité
Jean-François Giré offre un peu plus de son temps et de sa bonne humeur qu’un Patrick Brion visiblement peu enchanté par le film qu’il commente. Reste que les deux érudits du western alignent suffisamment d’informations pertinentes pour rassasier le cinéphile curieux. Le tout en 15 minutes montre en main. Du travail de pro !
Liste des bonus
Présentation de Jean-François Giré, Présentation de Patrick Brion, Bande-annonce.






