L’ARMÉE DES TÉNÈBRES : EVIL DEAD 3

Army of Darkness – Etats-Unis – 1992
Support : Bluray
Genre : Fantastique
Réalisateur : Sam Raimi
Acteurs : Bruce Campbell, Embeth Davidtz, Marcus Gilbert, Ian Abercrombie, Bridget Fonda, Richard Grove…
Musique : Joseph LoDuca, Danny Elfman
Durée : 88 minutes
Image : 1.78 16/9
Son : Français DTS-HD Master Audio 2.0 & Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Éditeur : L’Atelier d’Images
Date de sortie : 24 juin 2020
LE PITCH
Pensant vaincre les entités démoniaques qui le harcèlent dans une cabane au fond des bois, Ash ouvre un portail dimensionnel qui le transporte au Moyen-Âge où il devra retrouver le Necronomicon, un livre maudit …
Un beauf à la cour du Roi Arthur
Pour le plus grand mépris de nos porte-monnaie, la valse des éditions d’Evil Dead 3 se poursuit avec ce disque simple à destination des quelques irréductibles qui auraient rechigné à se procurer les coffrets trilogie parus au mois de janvier. Le film, lui, reste le même, mélange de comédie, d’héroïc fantasy désuète et d’horreur (light).
Dans l’esprit de Sam Raimi, ce troisième volet aurait dû être le point culminant de la franchise, un feu d’artifice à la hauteur de l’épilogue aussi délirant que prometteur d’Evil Dead 2. Rechignant à financer les rêves du cinéaste avec la générosité nécessaire, Dino de Laurentiis et Universal lui ont en réalité pourri l’existence, plongeant le tournage dans la frustration et l’improvisation. Effets spéciaux problématiques (malgré quelques jolis plans en stop-motion), décors cheap, tournage à proximité d’une autoroute d’une poursuite à cheval censé se dérouler en … forêt, figuration réduite au strict minimum, on en passe et des meilleurs. Un calvaire qui se poursuit en post-production avec un montage international qui taille dans les gags et l’abandon de la fin originale au profit d’un nouvel épilogue tourné dans la précipitation.
Bien qu’il rentre largement dans la catégorie des accidents industriels et autres films défigurés, Evil Dead 3 a pourtant survécu à sa conception chaotique pour s’inscrire au fil du temps dans le cœur des fans. Parce qu’à défaut de pouvoir offrir du grand spectacle et de la belle image, Sam Raimi aura eu l’intelligence de construire son film autour de son anti-héros : Ashley Williams, « Ash » pour les intimes, forcément incarné par l’hilarant et intrépide Bruce Campbell. Un choix plus que payant.
Ash vs Ash
Personnage prétexte auquel Sam Raimi fait endurer les pires tourments dans les deux premiers films, Ash s’étoffe ici un peu plus tout en devenant un parfait abruti, lâche, inculte, misogyne et roublard mais qui, une fois au pied du mur, sait parfaitement encaisser les coups et sauver le monde. Une figure héroïque parfaitement contradictoire, au burlesque prononcé, et qui déclenche l’hilarité lorsqu’il impressionne les « bouseux » du Moyen-Âge en agitant son fusil à canon scié (rebaptisé boomstick en vo) ou qu’il oublie une formule magique et tente de gruger les forces des ténèbres. Mais le gag le plus tordant, on le retrouve dans le director’s cut et sa fin alternative où Ash se trompe dans le dosage de la potion magique qui doit lui permettre de revenir à son époque et se réveille dans un Londres post-apocalyptique, se désespérant d’avoir « dormi trop longtemps ». Et puisqu’un seul Ash ne suffit pas, Raimi et sa bande développent son double maléfique et en font le grand méchant d’un film qui sonne comme un hommage hilare, sincère et réjouissant aux productions de Charles H. Schneer et Ray Harryhausen, avec armées de squelettes, créatures ailées et lilliputiens farceurs et coriaces. Même le très beau score, composé à quatre mains par Joseph LoDuca et Danny Elfman évoquent sans détour les compositions de Bernard Herrmann.
Qu’on le considère comme un opus précieux mais un peu à part ou comme le vilain petit canard de la franchise (ce n’est évidemment pas notre cas), Evil Dead 3 force le respect par la folie et la virtuosité scénique de ses morceaux de bravoure et s’affiche comme le véritable précurseur de l’excellente série Ash vs Evil Dead. Qui dit mieux ?
Image
L’encodage est nouveau mais pas la copie qui combine les qualités et les défauts qu’on lui connaît depuis longtemps. Soit des plans abîmés ou à la définition moindre côtoyant des scènes lumineuses à la profondeur de champ plus que satisfaisantes. Les scènes de nuit et les plans à effets spéciaux sont les plus problématiques mais le plan final composite de la version director’s cut n’a jamais été aussi propre. Une impression mi-figue, mi-raisin donc mais on ne peut que féliciter L’Atelier d’Images d’avoir mis un point d’honneur à nous offrir les meilleures conditions de visionnage possibles.
Son
Le 5.1 s’élève quelques crans au dessus de la stéréo avec un espace sonore un peu moins brouillon et des basses plus rondes lors de la longue bataille contre l’armée des ténèbres et quelques explosions feront plaisir aux amateurs d’acoustique à grand spectacle. L’excellente version française n’est pas en reste avec un très bon équilibre entre les voix et la musique et des effets un peu en retrait mais pas totalement effacés.
Interactivité
La crainte concernant l’édition simple concernait la présence ou non du director’s cut. Crainte rapidement éteinte puisqu’elle est bel et bien là, accompagnée de son commentaire audio qui remonte aux premières heures du DVD mais qui n’a rien perdu de sa valeur informative et de son humour. Derrières les anecdotes et les vannes, Bruce Campbell et Sam Raimi dessinent en creux un tournage et une post-production pour le moins frustrante, du moins en termes de budget et de restrictions sur la violence et le gore. Impayable !
Liste des bonus
Version director’s cut (96’), Commentaires audio de Sam Raimi, Bruce Campbell et Ivan Raimi, Promos et spots tv, Bande annonces.







