GRAINE DE YAKUZA

極道戦国志 不動 – Japon – 1996
Support : Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Takashi Miike
Acteurs : Shosuke Tanihara, Miho Nomoto, Tamaki Kenmochi, Marie Jinno, Kenji Takano, Takeshi Caesar…
Musique : Chu Ishikawa
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 99 minutes
Editeur : Carlotta Films
Date de sortie : 20 janvier 2026
LE PITCH
Un yakuza, père de deux garçons, échoue lors d’une mission et doit payer un tribut afin de prouver sa loyauté envers les autres familles de yakuzas. Pour cela, il doit tuer son fils aîné. Dix ans plus tard, le jeune frère, devenu l’élève le plus intelligent et le plus populaire de son lycée, rassemble ses amis et décide de prendre sa revanche sur son père et tous les autres chefs yakuzas. Mais les méthodes de ces jeunes gens n’ont rien à envier à celles de leurs aînés…
Yakuza : Nouvelle Génération
Retour au milieu des années 90 alors qu’un curieux film de gangster fait sensation dans divers festival et finit par trouver un écho certain jusqu’en France : Fudoh. C’est loin d’être le premier film de Takashi Miike (Audition, Ichi The Killer, Dead or Alive…), mais c’est certainement le premier choc pour beaucoup et la révélation d’une vision de mercenaire et d’un style qui ne tolère que bien peu de limites.
Entamant sa carrière de réalisateur au début des années 90 sur le marché du V-Cinema, Takashi Miike démontre déjà d’une énergie sans commune mesure et d’une fébrilité de stakhanoviste qui lui permet d’enquiller les projets. Six ans plus tard, il n’est déjà pas loin des 20 longs métrages crédités, et sa petite légende se fait de plus en plus solide auprès des amateurs, marqués par son approche inédite du petit monde des yakuzas. Une vision désenchantée, violente, absurde souvent et où les personnages, souvent jeunes, font plus que jamais figure d’outcast, de déréglés et d’inadaptés comme dans le réussi Les Affranchis de Shinjuku et ses yakuza homosexuels. Prévu au départ comme une nouvelle production pour ce marché restant limité et donc accompagné d’un budget réduit, Graine de Yakuza, ou Fufoh : The New Generation, s’inscrit plus ou moins dans cette veine-là, scrutant peut-être plus ouvertement encore le fossé qui s’est creusé entre les générations. Il y s’agit bel et bien de tuer les anciens chefs de gangs sous la forme d’une vengeance sanglante et plus directement d’éliminer le père qui dans un acte de docilité aveugle au code d’honneur, accepta de décapiter son fils ainé. Un acte que ne lui a jamais pardonné le cadet, Fudoh qui a monté son propre gang de lycéens et lance une opération d’envergure pour renverser définitivement le statuquo.
Vent de fraicheur…
Le sujet aurait pu donner naissance à une autre chronique violente et fataliste sur les arcanes de la mafia nippone, mais Fudoh est à l’origine un manga seinen d’Hitoshi Tanimura au ton ultra violent, bourré de débordements gratuits, de figures ultra-viriles, de filles instrumentalisées et de personnages délirants et caricaturaux à souhait. Comme un sésame pour Miike qui se laisse alors aller à quelques-uns de ces premiers délires dont il deviendra coutumier par la suite, transformant des gamins de dix ans en tueurs armés comme dans un John Woo, cachant une armure à glace gigantesque et brutalement maladroite au milieu des ados, décrivant le lycée comme un coupe-gorge où même les profs sont des agents doubles ou ont des dettes de drogues auprès du héros, ce dernier étant naturellement beau à tomber, ultra-charismatique, brillant et imparable au sabres. Le point culminant du film restant le personnage de Mika, créature que l’on découvrira hermaphrodite lors d’une étreinte saphique avec une prof yakuza, et dont l’arme de prédilection est la sarbacane aux fléchettes empoissées, propulsés par l’air contenu… dans son vagin ! Sur un scénario franchement basique et qui, comme parfois chez Miike, sert juste de passe-plat d’un morceau de bravoure à l’autre, Graine de yakuza et ses contours très manga justement, souvent WTF ?, use de ses multiples scènes d’exécutions pour souligner l’idée d’un monde à part, en marge et totalement fantasque.
Limité par un budget anémique et un tournage express, l’essai ne brille pas toujours par son efficacité, la solidité de son montage ou l’inspiration de sa réalisation, mais la folie et l’efficacité de quelques scènes sortent véritablement du lot (dont cet ultime duel au sobre en huis clos) et l’irrévérence du cinéma du bonhomme fait toujours plaisir à voir.
Image
La copie HD présentée ici semble provenir, comme la très récente édition US, d’une restauration 4K à la source. C’est particulièrement notable sur le niveau de définition et la présence délicate du grain d’origine. Production assez modeste, le film est parfois rattrapé par ses origines avec des segments moins définis, légèrement moins stables, mais le master est d’une excellente qualité, extrayant le film de son image de DTV fané pour retrouver une vraie énergie dans les couleurs et une belle intensité dans les noirs.
Son
Le film est disponible dans son mono d’origine, déployé avec un DTS HD Master Audio 2.0 plus large et clair. Aucun souci non plus du coté de la nouvelle piste DTS HD Master Audio 5.1, un peu roublarde, pas toujours très naturelle, mais qui correspond parfaitement au spectacle lui-même, accompagnant assez généreusement ses petits excès… et ses flèches de sarbacane.
Interactivité
Carlotta propose pour cette édition deux interviews enregistrées en 2003 soit à l’époque des premiers DVD du film. L’acteur Shosuke Tanijhara raconte quelques anecdotes de tournage, sa collaboration avec le cinéaste et son regard sur un film pour le moins curieux. Takashi Miike lui s’étend nettement plus généreusement (40 minutes d’interviews tout de même) sur son arrivée sur le projet, l’angle choisi pour l’adaptation, le choix de chacun des acteurs, les difficultés du tournage et plus généralement son état d’esprit durant cette première période, déjà bien chargée, de sa carrière. Même si le ton est toujours aussi laconique, la rencontre ne manque pas d’intérêt.
Liste des bonus
Entretien avec Takashi Miike (41’), Entretien avec Shosuke Tanijhara (15’).







