GHOST IN THE SHELL

攻殻機動隊 – Japon – 1995
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Science-Fiction, Animation
Réalisateur : Mamoru Oshii
Acteurs : Atsuko Tanaka, Akio Otsuka, Tamio Oki, Iemasa Kayumi…
Musique : Kenji Kawai
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais Dolby Atmos, DTS Master Audio 6.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 83 minutes
Editeur : All The Anime
Date de sortie : 15 juillet 2026
LE PITCH
La Section 9 est une unité hautement professionnelle, impliquée dans les affaires d’espionnage les plus sales. Une mystérieuse cyber-pirate pénètre les réseaux les mieux protégés. Elle est recherchée pour terrorisme, manipulation de la bourse et détournement de données. Kusanagi suspecte le ministère des affaires étrangères et surtout un programme top secret : le Projet 2501. Mais alors qu’elle enquête, Kusanagi expérimente des sentiments étranges sur sa propre humanité…
Cogito Ergo Sum
Tout autant que la découverte d’Akira en 88, Ghost in the Shell aura été un choc mondial lors de ses sorties au cinéma dans la continuité de la japonaise de 1995. Un spectacle extrêmement mature, exigeant, qui imposait un spectacle animé colossal rapidement devenu culte et qui frappe plus que jamais par son esthétique et ses réflexions visionnaires.
Réalisateur assez docile pendant de longues années (La Bataille des planètes, Nils Holgersson) Mamoru Oshii se sera révélé lors de deux expérimentations fascinantes : le détournement du second film consacré à Lamu (Beautiful Dreamer) et un délire métaphysique incroyable concocté avec Yoshitaka Amano, L’œuf de l’ange, sans doute l’œuvre séminal. Séquences contemplatives, monologues atones mais poétiques sur la nature de la vie, animations poussant à un certain réalisme, foisonnement des détails dans le cadre, réalisation ambitieuses… Un style souvent brillant, en tout cas unique que l’on trouve à son apogée pendant la vingtaine d’années qui séparent le film dePatlabor de Ghost in the Shell 2: Innocence, et au milieu duquel trône inévitablement le premier Ghost in the Shell. Inspiré très librement du formidable manga de Masamune Shirow, le long métrage est tout d’abord une prouesse technique qui repose non pas sur des mouvements hypertrophiés, mais bien sur le pointillisme de ceux-ci, s’approchant constamment au plus près du jeu de véritables acteurs, de petites attitudes discrètes et naturelles. Presque du minimalisme mais dont l’immobilisme laisse justement le temps et l’espace à l’humain d’apparaitre.
Floating Museum
Un premier pas vers un certain naturalisme en somme qui installe avec discernement le rapport étrange que nourrissent les personnages avec leurs origines mécaniques (le Major Kusunagi est une androïde) et les bribes de cellules humaines intégrées dans leurs systèmes. L’excellent Kazunori Itô (Avalon, Gamera 3) réinterprète dans son scénario l’univers ultra pointu du manga, et réinvente presque la mythologie complète de l’anticipation, reliant les créatures symbiotiques avec leur personnalité en installant le concept de « Ghost ». Une âme, ou un fantôme crée par un bug de la machine, en tout cas une présence qui semble leur souffler leurs émotions, les pousser à l’introspection. Un angle qu’a toujours privilégié Oshii qui se montre certes terriblement efficace dans la construction de son polar futuriste, dans les gunfights et poursuites qui viennent émailler l’œuvre, mais qui s’en empare constamment en les orchestrant autour d’images, de visions (l’arbre des espèces, l’équipement permettant de disparaitre…), qui viennent creuser immanquablement l’impeccable réflexion sur la nature de l’être, ce qui en fait l’individualité, ce qui est la preuve de son existante. Qu’il soit humain ou née d’un océan d’informations comme le dit Le Marionnettistes. Si certains tremblent devant l’avènement de l’AI, Oshii lui y a toujours vu un chemin possible, un nouveau seuil de l’évolution.
Spectaculaire, ébouriffant dans ses passages les plus musclés, mais surtout puissant dans sa facultés a embarquer dialogues (et absences de dialogues), plans fixes et mouvements planants vers une expérience aussi réflective qu’hypnotique, Ghost in the Shell est un chef d’oeuvre du genre. « Je pense donc je suis » hurlent en silence les personnages. « Je film donc je crée » chante Mamoru Oshii, rebondissant sur les imprécations à la fois électroniques et tribales de l’immense Kenji Kawai.
Image
On essaye toujours d’effacer de nos mémoires la première sortie HD du film sous le titre Ghost in the Shell 2.0 avec ses images de synthèses et son esthétique entièrement revues pour une version révisée à la George Lucas. Déjà le Bluray suivant, déjà proposé chez nous par All The Anime, revenait au montage originale (le seul) et une copie technique nettement plus convaincante et homogène. On franchit encore ici un sacré niveau avec cette restauration 4K approfondie et puissante qui affirme une copie plus nette et précise que jamais. Les détails sautent aux yeux, la profondeur des peintures d’arrière-plans est manifeste et l’apport de l’HDR / Dolby Vision revitalise totalement la palette de couleurs. Les déambulations dans la cité tentaculaire font rejaillir les rouges, les bleus, les verts comme jamais et affirment plus que jamais la grande beauté plastique du film. Les lignes sont parfaitement dessinées, les noirs pleins, le grain admirablement préservé et seuls, forcément, les séquences à effets spéciaux (trucages optiques, images de synthèse, visions virtuelles…) marquent un peu le coup avec des sources upscallées 4K légèrement plus floues et diffuses.
Son
Outre les prestations 5.1 et 2.0, la version originale se fend d’une toute nouvelle prestation Dolby Atmos qui sans jamais dénaturer le film, lui offre une dynamique et surtout une amplitude inédite. Pas de gros effets même si les séquences d’actions et les impacts de balles sont plus percutants que jamais, mais surtout une forme d’élévation étendue autour des musiques de Kinji Kawai, des passages les plus flottants ou des ambiances urbaines qui jouent sur la profondeur mais aussi la verticalité. Superbe. On notera étrangement un changement de musique du générique de fin, plus électro et rythmé sans que cela soit expliqué ou signalé.
Le doublage français en DTS HD Master Audio 5.1 reste fidèle aux perceptions précédentes avec une dynamique assez présente mais plus classique et un doublage consciencieux.
Interactivité
L’édition se présente sous la forme d’un superbe steelbook contenant les disques UHD et Bluray du film, accompagné seulement de deux bandes annonces et un disque Bluray supplémentaire consacré aux bonus. Jusque-là les sections bonus de Ghost in the Shell restaient assez mince même si en son temps le DVD de Pathé proposait le making of très officiel conçu pour le marché international : Production Report. On le retrouve ici avec son découpage et son habillage très marqué, mélangeant questions très techniques et évocations des thématiques du film. Il est accolé à l’autre making of, purement japonais et inédit par chez nous, « Digital Works » qui se tourne là vers de pures questions d’animations, soulignant la confrontation entre techniques traditionnelles et avènements du numériques, avec beaucoup de précision et de nombreuses images des coulisses. A ces deux segments d’archives, l’éditeur ajoute deux sujets produits aux USA pour la ressortie du film chez Lionsgate avec une réflexion par quelques « spécialiste » sur l’impact du film dans la perception de l’anime et de la SF dans la culture occidentale et la reprise directe de certains codes esthétiques. Il est suivi par un segment peut-être plus original, et plus intéressant, sur l’esthétique et les particularités des décors (sublimes) avec la présentation de nombreux arrière-plans juste aperçus durant le métrage.
Liste des bonus
« Accéder à la Section 9 : 25 ans dans le futur » (19’), « Landscapes & Dreamscapes : L’art et l’architecture de Ghost in the Shell » (11′), « Production Report » : Making of (27’), « Digital Works » (28′), Bandes-annonces.








