COMMANDO NINJA I & II

Commando Ninja, Commando Ninja 2 : Invasion America – France – 2018 / 2024
Support : Bluray
Genre : Action
Réalisateur : Benjamin Combes
Acteurs : Eric Carlesi, Philippe Allier, Stéphane Asensio, Anaëlle Rincent, Charlotte Poncin, Thyra Hann Phonephet…
Musique : Thomas Cappeau
Durée : 68 et 167 minutes
Image : 1.77 16/9
Son : Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Aucun
Editeur : Le Chat Qui Fume
Date de sortie : 1 octobre 2025
LE PITCH
Une coalition anti-américaine, dissimulée dans les égouts des villes de Los Angeles, Miami et New York, lance une attaque meurtrière à l’occasion de la fête nationale du 4 juillet. Trois anciens bérets verts, vétérans de la guerre du Vietnam, organisent la riposte…
Action Force Z
Hommage enthousiaste au cinéma de la Cannon et aux blockbusters musclés des années 80 et 90, Commando Ninja 2 : Invasion America n’est pas une série Z comme les autres. Produit en indépendance totale par une poignée de passionnés et avec le budget raclette d’un village de la Creuse, ce pastiche foutraque d’Invasion USA de Joseph Zito oscille entre mauvais goût revendiqué, nostalgie déviante, boulimie cinéphilique et une bonne humeur souvent contagieuse. Cerise sur le Big Mac, cet OVNI du terroir est édité avec tous les honneurs par nul autre que Le Chat Qui Fume. Dans le bis, la solidarité c’est sacré !
Dans le long making-of qui accompagne Commando Ninja premier du nom (généreusement inclus dans cette édition), le réalisateur, scénariste, directeur de photographie et producteur Benjamin Combes – notre équivalent du sud de la France d’un Robert Rodriguez – nous confie une obsession peu commune : fan absolu d’American Ninja de Sam Firstenberg, il enchaînait en effet les visionnages de ce chef d’œuvre incompris, jusqu’au record tout bonnement inhumain de cinq fois par jour !!! De tels exploits laissant forcément des séquelles irréversibles, le señor Combes s’est donc mis en tête de réaliser l’hommage ultime au cinoche de Mémé & Yoyo, rassemblant ses potes sur la base d’un vague synopsis pour concrétiser son rêve.
Financé via la plateforme Kickstarter, tourné au long cours, au gré des saisons et de la disponibilité des décors et des comédiens, Commando Ninja affirme d’emblée sa rivalité avec le Kung Fury de David Sandberg, impayable carton sur Youtube. À l’instar de son compère suédois, Benjamin Combes ne se refuse rien (et rate presque tout) et orchestre, comme promis par son titre, la rencontre contre-nature entre le Commando de Mark Lester et American Ninja, avec des bouts de Platoon, Full Metal Jacket, Predator, Terminator, Jurassic Park (!) et Mad Max 2 dedans. Bande-son synthwave, image retouché avec du grain artificiel façon « grindhouse », gore outrancier, boobs, vannes foireuses, post-synchro atroce, casting amateur en roue libre, … Commando Ninja coche toutes les cases du pastiche de rat de vidéo-club mais parvient assez miraculeusement à susciter une vraie sympathie en raison de son énergie et d’une sincérité à toute épreuve. Dans le genre très spécifique de la « fan fiction Z », cet essai de Benjamin Combes ne se défend pas trop mal, bien aidé par une durée maîtrisée de 68 minutes. Pour sa suite, c’est un petit peu différend.
Maxi Best-Of
On dit que le succès donne des ailes et les retours positifs qui font suite aux premières projections de Commando Ninja encourage le cinéaste en herbe à redoubler d’ambition pour un Commando Ninja 2 bigger, better and louder. Retour sur Kickstarter, tournage étalé sur trois ans, encore plus de citations et d’effets spéciaux, scénario « épique » et durée à l’avenant. Combes en profite également pour réaliser un court-métrage centré sur le personnage de Leeroy Hopkins (Phillipe Allier), inspiré par Taxi Driver, Rolling Thunder et Exterminator et qui sert en réalité de teaser pour Commando Ninja 2.
Baptisé en toute simplicité Commando Ninja 2 : Invasion America, ce nouvel opus réunit le trio Eric Carlesi (moitié Jason Momoa, moitié Arnold Schwarzenegger), Philippe Allier (le Shane Black à moustache de la bande) et Stéphane Asensio (sosie involontaire de Ron Jeremy) et les lance aux trousses d’une bande de terroristes internationaux dirigés par un émule du Dr Gang de L’Inspecteur Gadget. Cette traque les mènera du désert de Mojave à un monde perdu peuplé de dinosaures, de zombies et de mutants en passant par le centre de la Terre. Ajoutez à cela des attentats au journal piégé, des plages truffés de mines anti personnelles pour choper les joggeuses en spandex fluo, les expériences d’un savant fou au croisement des koopas du film Super Mario Bros de 1993 et du Blanka version Street Fighter avec JCVD, un gamin qui se verrait bien en parent lointain du Demi-Lune d’Indiana Jones et le Temple Maudit, un personnage féminin bad ass entre Ripley et Sarah Connor (forcément!) et un duel final qui rejoue Highlander sans qu’on sache trop pourquoi et vous vous retrouvez avec un menu particulièrement copieux. Beaucoup trop copieux, même. Benjamin Combes a fait des progrès dans sa mise en image et, toutes proportions gardées, le spectacle tient la route. Mais la gestion du rythme lui fait défaut et son bébé dure trop longtemps pour ne pas provoquer une vraie lassitude. Émaillé de scènes qui n’en finissent plus (les déambulations dans la jungle, notamment) et trop Z et caricatural pour jouer dans le registre de l’émotion (les scènes au coin du feu, aïe!), Commando Ninja 2 souffre d’une boulimie mal canalisée.
Malgré ces gros défauts qui en font l’équivalent filmique d’une pizza-tartiflette avec double ration de frites au cheddar, Commando Ninja 2 a le mérite d’attirer l’attention sur un débutant et un passionné qui, s’il persiste dans cette voie, pourrait fort bien nous ramener à l’époque bénie des nanars de Richard J. Thomson (Time Demons et sa suite), les actrices X en moins. Ah, que le temps passe !
Image
Un tournage en 2K très efficacement passé à la moulinette d’un grain numérique qui ne crie pas trop son artificialité. Contrastes et définition sont au top avec une copie impeccable quand bien même on ne s’empêchera pas de noter des écarts de colorimétrie d’une scène à l’autre (et parfois d’un plan à l’autre) en raison de l’utilisation de sources multiples. Même constat pour le premier Commando Ninja qui jouit de surcroît d’une compression plus équilibrée.
Son
Le mixage a tendance à privilégier la musique et les effets sonores au détriment des dialogues et, faute de moyen, l’ensemble manque de finesse. Mais c’est propre, c’est clair, c’est dynamique et ça fait très largement le taf.
Interactivité
Comme nous vous le disions plus haut, Le Chat Qui Fume a mis les petits plats dans les grands et offre une belle plateforme de visibilité à une œuvre somme toute confidentielle, presque destinée à un cercle d’intimes. À chaque film sa galette et ses bonus avec une paire de making-of très complets, riches en anecdotes et en instantané de tournage et qui réussissent l’essentiel, à savoir donner l’envie de s’emparer d’une caméra et d’aller tourner la suite de Bloodsport dans son jardin ou un remake de Terminator dans sa buanderie. Les deux films ont également droit à une bande-annonce chacun et qui tentent de nous faire passer des vessies pour des lanternes. On retrouve enfin le court-métrage Hopkins, vigilante crasseux et fauché. Petite particularité, il est possible de configurer son menu (et donc la langue du métrage) en anglais motherfucker ou en français « d’enfoiré ». Un gadget qui ne sert à rien mais qui donne le ton.
Liste des bonus
Making-Of de Commando Ninja 2 (48’), Court-métrage « Hopkins » (18’), Bande-annonces, Livret de photos du tournage.







