CANDYMAN 2

Candyman : Farewell to the Flesh – Etats-Unis – 1995
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : Bill Condon
Acteurs : Tony Todd, Kelly Rowan, William O’Leary, Bill Nunn, Matt Clark, Veronica Cartwright…
Musique : Philip Glass
Durée : 97 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Éditeur : ESC Éditions
Date de sortie : 02 septembre 2020
LE PITCH
La liaison illicite et tragique d’un jeune artiste noir, fils d’esclaves et d’une jeune fille blanche fit naitre, au lendemain de la guerre de Sécession, la légende de Candyman. Aujourd’hui à La Nouvelle-Orléans une jeune institutrice, orpheline de père, va de nouveau être au coeur de cette terrible légende.
You Know The Name
Entré avec classe dans le petit monde bien fermé des croquemitaines modernes, le poétique et troublant Candyman devait comme ses congénères devenir une licence lucrative. Boudée pour son approche trop classique, sa suite est-elle vraiment la trahison stérile si souvent clamée ?
Film profondément original dans le paysage du cinéma d’horreur des années 90, Candyman était certainement marqué autant par le concept brillant de Clive Barker exploré dans la nouvelle The Forbidden, que par l’approche personnelle d’un Bernard Rose fasciné par la portée sociale d’une légende urbaine répondant à une tragique réalité historique et raciale. L’homme noir torturé et assassiné pour avoir osé s’être élevé au niveau des maitres esclavagistes et d’avoir connu une romance avec la femme blanche. Une portée fascinante et un cadre, les quartiers hermétiques de Chicago, qui imposaient une atmosphère unique. Même si la production ne gouttait déjà que peu aux ambitions de Rose, il se tourna tout de même vers lui pour imaginer une possible suite. Une préquelle en forme de drame historique ? Un glissement vers la nouvelle malédiction d’Helen devenue Bloody Marry ? Une transfiguration du concept vers une nouvelle version de Jack L’éventreur ? Dans tous les cas les approches trop ambitieuses, et peu commerciales, du bonhomme finissent par fatiguer les décideurs qui préfèrent opter pour la suite bien classique et sans risque. Le Candyman revient… et il n’est pas content.
Le Pacte
Aujourd’hui surtout connu pour une carrière de yes-man sans impact (La Belle et la Bête, Dreamgirls, deux Twilight), Bill Condon était beaucoup plus intéressant lorsqu’il fut approché pour mettre en boite ce projet. S’il n’a pas encore signé le très émouvant Ni Dieux ni démons évoquant les dernières heures du réalisateur des Frankenstein d’Universal, il est déjà réputé pour Sister, Sister, étrange thriller aux relents gothiques se déroulant dans la moiteur étouffante du bayou. Une atmosphère, un paysage, une culture qui va à nouveau mettre en avant dans Candyman 2 inscrivant cette transposition dans une Nouvelle Orléans entre carnaval aux airs d’orgies organisées, et opposition toujours vivace entre l’aristocratie blanches et une population noire reléguée dans les quartiers défavorisés. L’esthétique beaucoup moins réaliste, les rapprochements un peu trop forcés avec les accessoires du simple slasher, des personnages (et acteurs) qui manquent d’intensité et quelques facilités scénaristiques gâchent sérieusement la fête, mais ce retour aux sources, presque vaudou, du personnage ne manque certainement pas de charme et de logique. La tragédie vécue par Daniel Robitaille y devient centrale, accentuant encore l’aspect romantique de sa légende et la position de force d’un Tony Todd aussi charismatique que flippant.
Enveloppé dans une atmosphère plus ensorcelée qu’ethnologique, Candyman 2 reste un petit film d’horreur aux charmes certains, encore une fois totalement sublimé par la mélancolie funeste de la bande originale toujours signée Philip Glass.
Image
En ressortant l’année dernière une édition de Candyman enfin honorable, ESC avait déjà rendu un grand service aux amateurs du film et à la mini saga du croquemitaine. Peut-être un peu moins soigné et sans doute restauré avec un peu moins d’investissement, le master HD du second opus se montre des plus satisfaisants. Tout d’abord grâce à un sacré nettoyage qui évacue tous les défauts d’autrefois. Puis par le respect de l’objet en limitant au maximum les filtres lissants (visibles à une ou deux reprises dans des plans sombres) au profit d’une définition maitrisée et solide. Les séquences de flashbacks, lumineuses et vives, sont celles qui y gagnent le plus, mais l’ensemble du métrage n’a de toute façon jamais été visible dans des conditions aussi confortables.
Son
Pas forcément indispensable, le nouveau DTS HD Master Audio 5.1 délivre quelques ambiances plus amples soit, mais semble surtout se concentrer sur les jump-scares et quelques effets horrifiques. Clairement les compositions de Philip Glass sont bien mieux mixées sur le plus sobre DTS HD Master Audio 2.0 au dialogues clairs et nets.
Interactivité
Bon manifestement ESC doit être fâché avec les commentaires audios et nous prive ici de celui de Bill Condon, présent sur la galette US de Shout Factory, dans lequel le metteur en scène délivrait quelques anecdotes intéressantes, racontait sa collaboration avec Glass et commentait quelques critiques savoureuses dégottées sur internet. Reste tout de même les deux interviews enregistrées pour la même édition. Une plutôt courte et peu enthousiaste avec une Veronica Cartwright pas forcément grande fan du film, et une autre beaucoup plus généreuse et intéressante avec Tony Todd. Sans langue de bois il revient sur la « trilogie » Candyman (le 3ème est évacué d’un coup de latte), sa vision du personnage et son étonnement devant sa stature d’icône de la pop-culture, son admiration pour Bernard Rose et sa sympathie pour les efforts de Condon ou plus largement son métier d’acteur. Seul ajout franco-français, la présentation du film par Christophe Lemaire se montre assez complète et étonnamment sobre…pour du Lemaire.
Liste des bonus
Entretien autour du film avec Christophe Lemaire (8’), « L’héritage Candyman » : entretien avec Tony Todd (26’), Interview de Veronica Cartwright (11’), Bande-annonce.






