BUMPKIN SOUP

ドレミファ娘の血は騒ぐ – Japon – 1985
Support : Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Kiyoshi Kurosawa
Acteurs : Yoriko Doguchi, Juzo Itami, Kenso Kato, Usagi Aso, Sozo Teruoka…
Musique : Harumi Sawaguchi, Tokyo Towers
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais DTS Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Durée : 83 minutes
Editeur : Carlotta Films
Date de sortie : 20 janvier 2026
LE PITCH
La jeune Akiko quitte sa campagne natale pour se rendre dans une université de Tokyo où est inscrit Minoru, le garçon dont elle est amoureuse depuis le lycée. Sur le campus, elle rencontre une galerie d’étranges personnages : des intellectuels blasés, des étudiants obsédés par le sexe et un professeur de psychologie à la recherche d’une théorie sur la honte…
Potages et sentiments
Consacré mondialement depuis le choc provoqué par Cure, Kiyoshi Kurosawa (Charisma, Kaïro…) est désormais considéré comme l’un des maitres du film d’horreur noir et psychologique japonais. Mais avant de trouver sa voie, le jeune réalisateur dû se plier à la mode du cinéma érotique nippon.
Une entré comme une autre dans l’industrie et que prirent de nombreux aspirateurs cinéastes de la même génération comme Hideo Nakata (Ring), surtout qu’en dehors du cahier des charges purement commercial (du sexe et de la nudité exposés à un bon rythme), un studio comme la Nikkatsu et ses Roman Porno, laissait les coudées assez franches à ses collaborateurs. Un terrain d’expérimentation sur fond de cinéma d’exploitation, auquel Kurosawa va plutôt docilement se plier pour Kandagawa Pervert Wars. Un mélange de romance douteuse et d’expérimentations sexuelles sur fond d’inceste dans un immeuble tout ce qu’il y a de plus moderne, dont les scènes corsées, généreuses vont convaincre le studio de laisser les coudées franches pour le projet suivant. Mais l’érotisme n’est pas ce qui intéresse vraiment le réalisateur qui dans Bumkin Soup va clairement jouer avec les attentes de l’amateur de friponneries, reléguant une masturbation féminine en arrière-plan, amenant les retrouvailles entre deux amants vers la comédie musicale plutôt que l’étreinte charnelle, où les transformant plus généralement en expériences étranges et peu excitantes imaginées par un professeur obsédé par la notion de « honte ».
Savant fou
De la nudité mais rarement de l’érotisme « consommable », Bumkin Soup ne ravie pas vraiment la Nikkatsu qui renvoie le réalisateur et annule la sortie du film… Jusqu’à ce que la Director’s Company ne rachète l’objet et permette au jeune artiste de l’achever comme il se doit. Il faut reconnaitre que Bumkin Soup correspond beaucoup plus à la politique des auteurs et à la curiosité cinématographique de cette jeune société de production à qui on doit aussi Typhoon Club ou La Vengeance de la sirène, qu’à la collection Roman Porno. Dans cette petite balade dans un milieu estudiantin totalement débridé et gentiment allumé en compagnie d’une jeune femme, naïve, échappée de sa campagne, le métrage ne fait pas de la sexualité l’argument principal, mais un sujet qui se marie avec la découverte des sentiments, le passage à l’âge adulte et la confrontation à la génération précédente. Très marquée par le cinéma libertaire japonais des années 60 et la Nouvelle Vague française, Kurosawa déconstruit totalement son petit film pop en successions de sketchs presque désarticulés, multiplie les traversés du quatrième mur, brasse les genres, croise comédie manga et considérations pseudo-philosophiques avec une énergie toute juvénile. Le réalisateur essaye, trébuche, s’amuse et prend en main l’outil cinéma, laissant affleurer à quelques reprise l’étrangeté et la prévision des plans qui seront siennes les années suivantes.
Un petit film, mais certainement rafraichissant, souvent amusant, parfois parsemé de flashs esthétiques revigorants et qui révéla au passage la jeune Yoriko Dôguchi, très convaincante et charmante dans son incarnation de l’innocence perdue au milieu de ce foutoir. Une actrice qui a connu depuis une belle carrière, de Tampopo à Silence en passant par Love Exposure, et que l’on retrouva bien entendu aussi régulièrement chez Kiyoshi Kurosawa.
Image
Sans être vraiment renversante, la copie HD de Bumpkin Soup s’avère tout de même une belle surprise, surtout pour un métrage aux origines très modestes, bricolé parfois et longtemps mis de coté dans la filmographie du cinéaste. Quelques restes de griffures et de rares points blancs persistent encore sur certains cadres, mais la remasterisation 2K assure tout de même une propreté satisfaisante et une stabilité adéquate. Le grain est légèrement fluctuant mais jamais gênant et sans doute que les couleurs auraient pu être plus généreusement rehaussées, mais les teintes chairs et réalistes ne manquent pas de finesse.
Son
La petite piste mono d’origine est glissée sur un DTS HD Master Audio assez clair et équilibré. Quelques petites saturations se laissent parfois entendre, mais il faut vraiment tendre l’oreille.
Interactivité
Comme pour Parfum d’un sortilège, les deux suppléments sont directement hérités de l’édition Bluray du collègue anglais Third Window. A commencer par la très sympathique rencontre avec l’actrice Yorijo Doguchi dont c’était la première apparition à l’écran. Elle se souvient avec amusement de ses hésitations, de quelques anecdotes de tournage et de sa découverte, gênée, du film terminé. Elle revient beaucoup sur sa rencontre avec Kurosawa et leur longue collaboration / amitié qui en a découlé. Le second segment est un essai du critique britannique Jerry White qui revient sur ce film et le précédent Kandagawa inran sensô. Deux films pinks abordés avec des angles totalement différents par Kurosawa, et l’émergence, discrète, de l’auteur à venir.
Liste des bonus
Entretien avec Yoriko Doguchi (15’), Essai vidéo de Jerry White, auteur du livre « Kiyoshi Kurosawa : Master of Fear » (12’).







