BUGONIA

Etats-Unis, Corée du Sud – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Drame, Science-Fiction
Réalisateur : Yorgos Lanthimos
Acteurs : Jesse Piemons, Aidan Delbis, Emma Stone, J. Carmen Galindez Barrera, Marc T. Lewis…
Musique : Jerskin Fendrix
Image : 1.50 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais et Dolby Digital 5.1 Français, Allemand, Italien et Espagnol
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Italien et Espagnol
Durée : 118 minutes
Editeur : Universal Pictures Home Entertainment
Date de sortie : 8 avril 2026
LE PITCH
Deux hommes obsédés par la conspiration kidnappent une grande PDG, convaincus qu’elle est un extraterrestre qui a l’intention de détruire la Terre.
Save The Poor Planet
Le Yorgos Lanthinos nouveau est arrivé ! Et après l’explosion Pauvres créatures, le cinéaste continue de resserrer son objectif, ramenant son cinéma à une peinture de l’absurdité intime. Ici, le face à face entre une chef d’entreprise imbuvable et ses deux kidnappeurs, pauvres complotistes à la masse, pour l’essentiel enfermés dans une cave et leurs folies respectives.
C’est plutôt rare que Yorgos Lanthimos soit attiré par un scénario qui n’est pas le sien. Rédigé par Will Tracy (The Menu déjà en forme de confrontation de classe) et prévu au départ pour Arri Aster (Midsommar, Eddington) comme une variation américaine autour du délire Save the green planet ! du coréen Jang Joon-hwan, ce dernier comporte cependant déjà tout ce qui fait plus ou moins le cinéma du cinéaste. Un point de départ délirant mais un drame se déroulant dans un monde réel ; une proximité constamment avec la comédie, noire de préférence, où en tout cas un sens assumé du ridicule ; , mais surtout un regard pointu, acéré, porté sur la condition humaine, pathétique de préférence. Ici pas vraiment un personnage pour en rattraper un autre, si les deux cousin Teddy (Jesse Plemons) et Don (Aidan Delbis) affichent des motivations plus qu’honorable et veulent combattre l’effondrement du vivant en s’attaquant à l’un des symboles du capitalisme, leur stupidité, leur paranoïa totale et des raisons nettement plus égoïstes, empêchent que l’on se prennent véritablement d’affection pour eux. De la compassion à la rigueur. Elle, est un authentique monstre, dirigeante au sourire complaisant et au verbe af0fecté, mais à la main de fer et à la logique carnassière, elle manie le politiquement correct et la stratégie économique sans une once de pitié.
L’esprit de la ruche
La direction d’acteur est comme toujours exceptionnelle mais c’est une nouvelle fois Emma Stone qui dévore l’écran, passant du tailleur impeccable à la captive au teint blanchâtre et au crâne rasé sans se départir de son magnétisme ou de son inquiétante assurance. Elle est une femme, ils sont des hommes. Elle est indécemment riche, ils sont issus d’un milieu des plus pauvres. Elle est éduquée et sait parler, ils sont abreuvés de stupidités dangereuses lues sur le net… Chacun s’accroche à sa posture, à son identité, à sa contre-vérité et le film qui travaille une esthétique extrêmement fouillée, profitant d’une pellicule très haute définition pour assener le moindre détail à l’écran, construit et resserre les cadres avec sadisme comme pour écraser la vision du monde. Étriqué, le spectateur se sent presque enfermé en leur compagnie, représentants de deux pôles opposés d’un environnement malade et autodestructeur.
C’est un exercice une nouvelle fois assez brillant auquel se livre Yorgos Lanthimos, peut-être pas aussi éclatant que Pauvres créatures ou La Favorite, mais sans doute sa proposition la plus accessible. Et ce même si le cinéaste n’hésite pas à faire glisser son métrage vers le pur délire fantastique où la psychose des protagonistes finit par s’emparer du récit lui-même. Les ultimes visions échappées d’un vieux trip SF des 60’s et son apocalypse plus tragi-comique que véritablement douloureuse replace l’humanité à sa petite place parasite : bruyante, omniprésente, mais très accessoire.
Image
Les premiers plans du film placent la barre très haute : une habille pollinise une fleur violette en très gros plan. Les couleurs explosent à l’écran, les moindres détails sont impeccablement dessinés, ultra nets. Le film a été capturé pour l’essentiel des plans avec une camera VistaVision 35 mm 8-perfs au format 1.50. Soit un monstre de définition repoussant les limites de l’affichage avec une précision imposante, extrêmement creusée et presque sans limite. Ici tout est visible dans le moindre détail, tout existe, tout est palpable provoquant une sensation étrange de surréalisme. Techniquement c’est imparable et impressionnant de finesses. La colorimétrie affiche des contrastes aiguisés et tranchants, des teintes riches et pleines et des noirs d’encre. Parfait.
Son
La Maestria technique se poursuit avec une piste Dolby Atmos particulièrement riche, large et enveloppante, constamment habitée par le bruissement des abeilles, la nature mais aussi les échos de l’enfermement dans la cave. C’est fin, minutieux et sans excès. Les dialogues s’y placent parfaitement, dynamiques et équilibrés pour une proximité rare. A coté les versions doublées cantonnées à des prestations Dolby Digital 5.1, soit des mixages de DVD, font pâle figure. C’est propre et efficient soit, mais nettement plus basique.
Interactivité
L’interactivité chez Yorgos Lanthimos c’est souvent un peu succinct. Ici un petit making de taille moyenne qui évoque brièvement la découverte du script et l’implication presque immédiate d’Emma Stone. Quelques images de tournages, les interviews d’une partie de l’équipe sur le plateau et le « sacrifice » des cheveux de l’actrice constituent les grands moments de ces petites coulisses.
Liste des bonus
La Naissance et les abeilles : le making of de Bugonia (23’).






