ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

Alice in Wonderland – Etats-Unis – 1951
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Animation, Conte
Réalisateur : Clyde Geronimi, Hamilton Luske, Wilfred Jackson
Acteurs : Kathryn Beaumont, Ed Wynn, Richard Haydn, Sterling Holloway, Jerry Colonna…
Musique : Oliver G. Wallace
Image : 1.37 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais et japonais, Dolby Digital 5.1 Français, Espagnol…
Sous-titres : Français, Anglais, Espagnol, Japonais…
Durée : 73 minutes
Editeur : Walt Disney France
Date de sortie : 2 septembre 2026
LE PITCH
Alice écoute sa leçon d’histoire et se laisse aller à la rêverie. Elle voit passer un lapin blanc qui sort une montre de son gilet. A la poursuite de l’animal, elle pénètre dans son terrier, tombe dans un puits interminable et se retrouve propulsée dans un monde peuplé d’insolites créatures. Elle rencontre tour à tour deux jumeaux qui racontent des histoires abracadabrantes, des fleurs chantantes, une chenille aux propos déroutants et un chat qui apparaît et disparaît à volonté. Elle visite ensuite le domaine de la reine de cœur…
« Tout le monde est fou ici ! »
13eme long métrage officiel de la maison Disney, Alice au pays des merveilles fait souvent un peu office de trublions au milieu des grands classiques finalement bien sages et raisonnables. Si la critique et les spectateurs n’apprécièrent que peu l’essai à sa sortie en 1951, jugé trop éloigné de l’univers insaisissable de Lewis Caroll, l’opus a finalement trouvé peu à peu sa place parmi les incontournables… en grande partie grâce à la génération hippie des 60’s.
Une idée qui n’aurait sans doute pas ravie ce brave Walt Disney qui n’était effectivement pas un grand progressiste, mais on ne peut certainement pas lui retirer une réelle passion pour les deux romans de Lewis Caroll, Les aventures d’Alice au pays des merveilles et De L’autre côté du miroir qu’il n’eut de cesse de vouloir transposer à l’écran tout au long de sa carrière. Dès ses débuts dans le cinéma muet avec les Alice Comedies croisant prises de vue réelles et animation, avec un cartoon très célèbre de Mickey en 1936, sans compter sur de nombreuses versions de long métrages abandonnées, dont une façon Mary Poppins avec l’actrice Mary Pickford. Quelques poignées de tentatives car, comme le sait toute personne ayant plongé directement dans les textes originaux, le matériaux de base n’a rien d’un conte linéaire à la structure facilement abordable et aux personnages limités. Ça pullule de créatures plus ou moins délirantes, de dialogues non-sensiques, de jeux de mots purement britishs et d’une liberté totale de ton qui renvoient le réalisme dans ses pénates. Brefs, Disney avouera longtemps avoir eu bien du mal à aboutir à la version cinéma que l’on connait aujourd’hui, se raccrochant sans doute à une petite chanson délicate en ouverture « Dans le monde de mes rêves » pour donner à la blondinette des petits airs de princesse Disney et à quelques dialogues qui viennent fustiger, mais sans grande conviction, la terrible curiosité de la demoiselle.
Smash the mirror !
Personne n’y croit, et surtout pas elle, gamine brillamment incarnée et animée, qui renvoient presque à certaines demoiselles des textes de la Comtesse de Ségur, toute proprette, délicate, bien éduquée mais faussement sage. Elle regarde avec de grands yeux écarquillés et une certaine naïveté qui ne manque pas d’esprit, un monde totalement halluciné, que certains le qualifierait de rêve fiévreux, ou de trip psychédélique. Si l’impasse à dû être fait sur de nombreux caractères des romans, on y reconnait tout de même quelques icônes de Lewis Caroll comme le Chat du Cheshire et sa fâcheuse tendance à disparaitre, un lapin toujours en retards, Twindle Dee et son frère en conteur cruels, une reine totalement sociopathe adepte des après-midi croquet et décapitation et bien entendu le chapelier fou et son copain le Lièvre de mars toujours prompt à partager une tasse de thé en plein chaos. Le film n’a pas réellement de progression dramatique mais enchaine plutôt les rencontres, sidérantes, hilarantes et poétiques où pointe cet esprit totalement absurde et cette grammaire du cartoon que les studios avaient presque totalement délaissé sur grand écran. Le plus amusant est d’observer aussi comment la charge irrévérencieuse et anti-establishment de Lewis Caroll survie joyeusement dans l’habillage élégant du studio d’animation américain. Bourré initialement d’allusions, de moqueries et de parodies de la belle haute société victorienne (la reine de cœur « is not amuse »), décrite comme un ramassis d’hurluberlus déconnectés, pompeux et délirants, les aventures d’Alice deviennent au cinéma une fable qui égratigne joyeusement la normalité vantée par le monde des adultes et le pouvoir sous toutes ses formes.
Presque une œuvre politique, habillée des oripeaux majestueux du grand cinéma d’animation (décors, personnages, animation… tout est superbe), qui continue d’émerveiller les spectateurs les plus prompts à se perdre dans les imaginaires, et sans doute aussi les cultures parallèles.
Image
Si déjà l’ancien Bluray (disponible dans l’édition) avait fait son petit effet à sa sortie, cette nouvelle proposition 4K l’écrase sans vergogne. La copie n’est pas une simple amélioration de la source vidéo déjà disponible mais bien le résultat d’un nouveau scan 4K des négatifs nitrates et d’une restauration éprouvée de plusieurs mois. L’occasion d’ailleurs de retrouver enfin le véritable ratio image du film (1.37 et non 1.33) pour offrir un cadre un poil plus large, mais aussi d’assurer une netteté impitoyable et une restitution impériale de couleurs. Aidée par le combo HDR / Dolby Vision la galette explore en effet des gammes de teintes inédites, variées, riches et naturelles, loin des aplats d’autrefois. C’est une pure merveille… forcément.
Son
Pas de changement cependant du coté des pistes sonores où un Dolby Atmos aurait sans doute bien trouvé sa place. Le DTS HD Master Audio 5.1 Anglais offre un confort indéniable avec un mixage très équilibré, jouant habilement sur la clarté des voix et l’énergie des dialogues tout en développant quelques ambiances plus enveloppantes et bien placées. Rien de renversant mais une prestation nette et assez ample. Le doublage français d’époque est lui disposé dans un Dolby Digital 5.1 un peu moins large et généreux mais tout à fait efficace.
Interactivité
Le disque UHD ne contient aucun bonus, ni nouveau ni ancien, l’éditeur s’étant contenté ici de glisser dans le boitier le Bluray précédent. On pourrait rouspéter, mais ce serait sans rappeler le déluge assez ahurissant de documents regroupés sur celui-ci. Parfois récupérés sur un ancien DVD collector parfois retrouvés dans des archives oubliées, les nombreux items vidéo passent allègrement du grand making of rétrospectif à la scène coupée miraculée, en passant par les démos de chansons inédites ou pas, les galeries de croquis et les prises lives ayant servies de références visuelles. Tout y est abordé, des projets abandonnés au travail d’adaptation tout en passant par la composition des chansons et la réception du film. Il ne faudrait pas non plus y oublier quelques petits trésors made in Disney comme le court métrage de Mickey produit quelques quinze ans plus tôt et qui délivre quelques idées qui seront reprises pour le célèbre long-métrage, le film muet mêlant prise de vue réelle et animation avec une certaine Alice et l’émission tv « Une heure au Pays des Merveilles » permettant de voir Walt Disney et certains de ses hôtes plus ou moins célèbres (la jeune interprète d’Alice, un ventriloque célèbre que l’on retrouve dans certaines anthologies cinéma…) présenter les studios, des extraits de classiques maisons et annoncer l’arrivée de cet Alice au pays des merveilles. En tout cas, y a de quoi faire.
Liste des bonus
Mode d’affichage Disney View : cette édition Blu-ray respecte le format original 1.33:1 du film et propose un visionnage avec un fond qui couvre les bandes noires latérales, « Par le trou de la serrure » : coulisses de la production, prises de vue de référence et test crayonné (76′), Prise de vue de référence : « Alice et la poignée de porte » avec commentaire audio optionnel (VOST) de Kathryn Beaumont (1′), Test crayonné : Alice rétrécit (1’), Présentation en couleurs de Walt Disney à la télévision (1959, 1′), Jeu & activités : « Repeignons les roses en rouge », « Réflexions sur Alice » (13′), « Opération Pays des Merveilles » : documentaire d’époque (11′), « I’m Odd » : chanson récemment retrouvée du chat de Cheshire (4’), Court métrage Mickey : « De l’autre côté du miroir » (9′), « Une heure au Pays des Merveilles » : documentaire d’époque (59′), « Une comédie d’Alice : Alice au Pays des Merveilles » : court métrage muet (8′), Bandes-annonces originales 1951 (2′) & 1974 (2’), Présentations de Walt Disney à la télévision 1954 (1′) & 1964 (1′), Extrait du « Fred Waring Show » (30′), Scène coupée : « Cochon et poivre » (3′), « Du Pays des Merveilles au Pays Imaginaire : L’évolution d’une chanson » (7′), Version préliminaire storyboard abandonné : Alice rêve dans le parc (2′), Démos des chansons originales, Galerie interactive, Bandes-annonces Disney.







