28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS

28 Years Later : The Bone Temple – Etats-Unis, Royaume-Uni – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Nia DaCosta
Acteurs : Ralph Fiennes, Alfie Williams, Jack O’Connell, Emma Laird, Erin Kellyman Chi Lewis-Parry, Cilian Murphy…
Musique : Hildur Guðnadóttir
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, DTS HD Master Audio 5.1 Français, Anglais, Espagnol…
Sous-titres : Français, Espagnol, Mandarin…
Durée : 109 minutes
Editeur : Sony Pictures
Date de sortie : 20 mai 2026
LE PITCH
Dans ce nouveau volet de la saga, le docteur Kelson noue une relation aussi troublante qu’inattendue dont les répercussions sont susceptibles de bouleverser notre monde. De l’autre côté, la rencontre entre Spike et Jimmy Crystal tourne au cauchemar. Ce ne sont plus les infectés qui représentent la plus grande menace pour la survie de l’espèce humaine – c’est l’absence d’humanité des rescapés qui se révèle être le danger le plus terrifiant…
Variant
Moins d’un an après le film choc et furieux de Danny Boyle, c’est au tour de la réalisatrice Nia DaCosta (Candyman, Hedda) de plonger dans ce monde d’après, 28 ans plus tard. Et si Alex Garland est toujours à l’écriture et propose une suite directe au film précédent, la rupture est marquante.
Inattendu, furieux et novateur, 28 ans plus tard restera sans doute un modèle dans sa volonté de perturber, de déformer, l’idée même de suite. A l’instar de 28 semaines plus tard qui déviait lui aussi de l’histoire attendu, cette drôle de saga horrifique aura donc pris un malin plaisir à constamment prendre à rebrousse-poil les amateurs de films de zombies ou autres, ne leur donnant jamais exactement ce qu’ils sont venus chercher. Nouvelle preuve donc avec Le Temple des morts qui au récit de survie en surtension, baroque et chaotique répond par une tonalité nettement plus contemplative, lente et distendue. L’horreur en elle-même passe totalement au second plan, ne jaillissant réellement que pour quelques scènes gores très rapides, et les infectés sont plus que jamais un élément incrusté dans le décor plutôt qu’une menace en soit. Le film de Nia DaCosta transforme ainsi le monde post-apocalyptique en environnement quasi-mythologique où vont s’affronter deux figures antithétiques et symboliques. D’un côté le docteur Ian Kelson (Ralph Fiennes en très grande forme) homme brisé mais toujours porté par la beauté du monde et une certaine poésie, est construit comme une incarnation de la science et de la main tendue vers l’autre. De l’autre côté Jimmy Crystal (Jack O’Connell), gourou sataniste et sociopathe de sa propre milice de sataniste, s’appuie sur la foi et la peur pour imposer son régime de terreur. La première rencontre ne tourne pas au combat sanglant mais à une étrange discussion, calme et posée, où seule la tension des évènements précédents donne véritablement la mesure de ce qui se joue, assis sur l’herbe et baignés par un doux soleil britannique. L’enjeu est bien entendu l’âme du jeune Spike, toujours perdu entre un monde et l’autre, mais dans une certaine mesure de l’avenir de l’humanité.
Le temps passe…
Plus classique dans sa mise en scène, voire délicate ou presque apaisée même parfois, avec la volonté de livrer une photographie léchée, Ni DaCosta souligne les lignes philosophiques et politiques qui nourrissent les « 28 » depuis le premier film, avec d’ailleurs ce rapprochement attendu entre le docteur et l’un des infectés, un Alpha, qui comme un lointain voisin du Bub du Jour des morts-vivants de Romero, va peu à peu s’extraire de sa monstruosité. Comme l’idée d’une aube nouvelle qui perce peu à peu dans un film qui reste intensément sombre et désespéré, cruel et violent, parfois perturbant et même spectaculairement théâtrale. D’une torture sordide dans une grange à un rituel endiablée orchestré par un Ralph Fiennes grimé en cénobite sur le Number of the Beast d’Iron Maiden, Le Temple des morts n’hésite jamais à jouer avec la mort et ses représentations les plus ténébreuses. Danny Boyle est toujours à la production, mais surtout Alex Garland poursuit directement les évènements mis en place dans le premier 28 ans après, faisant de celui-ci un film d’étape vers une hypothétique conclusion de trilogie. Le Temple des morts a ainsi parfois des airs de film de transition, laissant certain personnage de côté, étudiant la transformation du jeune héros et annonçant un retour très attendu dans un épilogue plein de promesse.
Malheureusement à l’image d’un 28 mois plus tard qui ne vit jamais le jour, 28 ans plus tard risque bien de devenir à son tour une trilogie inachevée puisque ce second opus est loin d’avoir rencontré le succès escompté en salle. Film à nouveau trop radical, sortie trop vite après l’opus de Boyle ? Simple malchance de calendrier ? Espérons vraiment que Boyle et Garland réussissent à trouver les financements pour conclure ce voyage qui ne cesse de nous surprendre.
Image
Délaissant les expérimentations techniques du premier volet (mélange de caméras numériques diverses et de téléphones derniers cris), ce second volet s’engouffre plus volontiers dans la pureté technique d’une captation numérique 4K dernier cris. Son transfert est donc forcément pointu, creusé, précis et intensément net avec une richesse de teintes maitrisée. Le HDR10 et le Dolby Vision ajoutent des noirs plus profonds et des contrastes toujours plus marqués et dégradés. Rien à reprocher ici : il n’y a bien entendu aucun souci de compression ou d’affichage quelconque.
Son
Tétanisant, imposant, le Dolby Atmos de la version originale est particulièrement impressionnant dans son travail constant sur les environnements sonores enveloppants. Une grande importance y est donnée à la nature, mais aussi aux divers grognements d’infectés puis aux hurlements de victimes des Jimmy. De la contemplation à l’horreur, la spatialisation est toujours présente et dynamique avec forcément une démonstration de force décoiffante lors de la fameuse cérémonie sataniste avec une musique qui va et vient d’une enceinte à l’autre tout en restant parfaitement claire. Le DTS HD Master Audio 5.1 de la version française n’a pas la même amplitude, mais reste tout à fait efficace.
Interactivité
Comme pour le précédent film, les suppléments prennent la forme de trois featurettes thématiques s’attardant sur les deux antagonistes du film, la figure de l’infecté alpha et sa relation avec le docteur, ainsi que sur le regard de la réalisatrice. C’est assez basique et jamais bien long, restant inévitablement en surface. Heureusement Nia DaCosta se fend d’un commentaire audio beaucoup plus complet où elle aborde à nouveau sa relation avec la franchise, son arrivée sur le projet, le scénario, le tournage, les questions techniques et l’approche volontairement différentes de celle de Dany Boyle, mais avec bien entendu beaucoup plus de temps pour développer ses réflexions.
Le disque s’achève par une courte scène coupée anecdotique et un bêtisier sympa.
Liste des bonus
Commentaire audio de la réalisatrice, The Doctor and the Devil (6’), New Blood (6’), Beneath the Rage (5’), Infected Takes : Bêtisier (3’), Scène coupée (1’), Bandes-Annonces.






