SUPERMAN : UP IN THE SKY

Superman : Up in the Sky #1-6 – États-Unis – 2019 / 2020
Genre : Super-héros
Scénariste : Tom King
Illustrateur : Andy Kubert
Nombre de pages : 184
Éditeur : Urban Comics
Date de Sortie : 26 juin 2020
LE PITCH
Pour sauver une petite fille enlevée par des extraterrestres, Superman va devoir prendre l’une de ses plus graves décisions : rester auprès des siens et continuer à les protéger, ou bien parcourir l’univers à sa recherche et laisser Metropolis et la Terre à l’abandon. Mû par un optimisme et un sens du devoir infaillibles, l’Homme d’Acier ne tergiverse pas longtemps avant de s’envoler… là-haut dans le ciel.
Au dessus du lot
Agaçant pour son naturel boyscout pour les uns, fascinant par sa stature de modèle immuable pour les autres, Superman n’est jamais aussi intéressant que lorsqu’il est abordé justement par le biais de sa légende. Valeur montante de DC Comics, Tom King délivre l’un des portraits les plus éloquents du plus célèbre des immigrés clandestins.
A l’instar du volume Batman Universe traduit en parallèle par Urban Comics, Superman Up in the Sky était avant tout une opération publicitaire de l’éditeur américain vouée à draguer les clients des supermarchés américains Wallmart. Un récit inédit coincé entre quelques rééditions historiques pour constituer une introduction grand public, que là encore les auteurs vont largement transcender en refusant le blockbuster facile, bourré d’action et fan service, dans la mouvance des films Warner. Tom King (Mister Miracle, Omega Men) et Andy Kubert (Wolverine Origins, Flashpoint) ne sont pas des simples faiseurs, mais bien des valeurs sures de la BD américaine actuelle et le volume se prendrait presque alors des airs de one shot de luxe. Une sensation largement véhiculée par la mise en pages ample et spectaculaire de l’illustrateur qui délaisse souvent la frénésie de l’action au profit de poses iconiques en pleines pages et de quelques zooms accentuant non pas la puissance de Superman, mais tous ses accents humains. Cette dichotomie du brave gars qui a grandi au Kensas et de l’alien aux pouvoirs inaccessibles est totalement l’enjeu du texte imaginé par Tom King qui continue par ce biais son exploration constante et sensible de la figure du héros.
The Man… No Steel
De prime abord Up In The Sky semble d’ailleurs surdécoupé dans son chapitrage, enchaînant les mini-épisodes de quelques pages (douze au total) comme autant d’angles d’attaques pour mieux cerner le personnage. Un hommage vibrant au mythique Superman vs Muhammad Ali de Dennis O’Neil & Neal Adams avec un alien boxeur, un détour en pleine Seconde Guerre Mondial aux cotés du fameux Sgt. Rock, une rencontre avec un alien suicidaire, une séparation temporaire entre Sup’ et Kent, un pacte avec le diable Darkseid… Tout cela se dresse sur le chemin qui le sépare d’une simple petite fille emportée à l’autre bout du cosmos par une entité inconnue. Le sens du devoir, du sacrifice, l’espoir, la force de conviction… l’humanité du personnage rejaillit à chaque instant, à chaque page dans une toile qui se donne presque des airs de La Dernière tentation du Christ en collant. Cela n’empêche jamais Tom King de pratiquer son humour habituel en confrontant le surhomme à une dure réalité technologique et administrative lorsqu’il tente désespérément de simplement contacter Lois Lane par appel subspatial (imaginant au passage toutes ses morts possibles) mais le bougre rattrape toujours le lecteur par la fibre sensible, revisitant par exemple la fameuse course de vitesse entre Flash et Superman (question posée régulièrement depuis The Flash #175 de 1967) sous le biais de la fable morale grâce à un choix de narrateur déchirant. Qu’est-ce que cela signifie d’être Superman ? La question reste en suspend, avant d’être tout naturellement répondu par la petite Alice et dans une dernière planche qui risque de tirer quelques larmes. Simplement beau.



