MUSHOKU TENSEI : LE MAGICIEN DÉCHU T.1

無職転生 ~異世界行ったら本気だす~ 失意の魔術師編 – Japon – 2021
Genre : Fantastique
Dessinateur et scénariste : Kazusa Yoneda
Nombre de pages : 224 pages
Éditeur : Doki-Doki
Date de sortie : 9 septembre 2026
LE PITCH
Rudeus sombre dans la dépression à la suite de sa séparation avec Eris. Toujours à la recherche de Zenith, sa mère disparue, il visite la deuxième plus grande ville de la principauté de Bashrant, Rosenberg. Il décide aussi de se frotter à des missions particulièrement ardues pour se faire un nom et attirer l’attention sur lui. Bien qu’il souhaite dans un premier temps privilégier les aventures en solitaire, il rejoint bientôt un groupe d’aventuriers de rang B, “Counter Arrow”…
Magie parallèle
Le manga Mushoku Tensei est considéré par les connaisseurs et les nombreux lecteurs comme l’un des mangas de type Isekai (soit réincarnation dans un autre monde, le plus souvent type Fantasy) les plus réussis du genre. Il ne faut pas alors s’étonner de lui découvrir en plus d’une version animée, quelques titres spin-off comme ce Magicien déchu prévu en trois tomes.
Lancé en 2012 par Rifujin na Magonote sous la forme d’une websérie littéraire avant d’être remodelé en light novel (avec illustrations), Mushoku Tensei fait partie des sagas précurseurs dans ce qui est devenu désormais un genre à part entière, le Isekai. Ici donc c’est un pauvre garçon de 34 ans, chômeur et puceau, qui après s’être fait percuter par un camion se réveille dans le corps d’un bébé au beau milieu d’un monde d’Heroic Fantasy fonctionnant comme un authentique RPG. En grandissant il prend l’identité de Rudeus Greyrat et gravit peu à peu les échelons pour devenir l’un des magiciens les plus puissants de sa génération et même connaitre enfin les plaisirs de la chair dans les bras de la belle d’Eris. Malheureusement après cette belle nuit d’amour celle-ci disparait et laisse notre héros esseulé et franchement déprimé. Un évènement quelque-peu pris à la légère dans le manga principal, vite embarqué dans de nouvelles aventures rigolardes et fantaisistes, s’attardant plus sur ses problèmes d’érection (oui c’est ecchi tout ça) que sur de vrais questionnements amoureux.
Les mois retrouvés
En se glissant discrètement juste avant l’arrivée de Rudeus à l’Université de magie et en prenant largement plus son temps Le Magicien déchu marque sa différence par un ton général relativement plus sérieux et surtout psychologiquement (toutes proportions gardées) nettement plus creusé. Le héros accuse sérieusement le coup et s’il reprend sa quête de sa mère disparue (tout est très bien introduit en deux pages d’introduction), on voit bien que souvent le cœur n’y est plus. Mais en voulant se faire remarquer par quelques quêtes héroïques, il attire le regard d’une troupe d’aventuriers qui va peu à peu l’intégrer à la bande et trouver ne lui un allier de taille. De quoi peu à peu lui redonner foi en lui-même, lui permettre de se remettre et pourquoi pas de tomber sous le charme d’une très jolie archère blonde au mauvais caractère forcément irrésistible. L’histoire en elle-même se veut très classique construisant ses épisodes autour de quelques missions à haut risque incluant un affrontement contre un troupeau de grizzlys bien énervés ou la récupération d’écailles de dragon des glaces, mais le rythme se veut plein d’entrain, mélangeant action et douce comédie avec une certaine efficacité. Inconnu au bataillon par chez nous, le dessinateur Kazusa Yoneda emballe le tout avec un savoir-faire évident, proposant des designs tout à fait dans le ton, presque déjà apte à se transformer en anime, jouant des expressions et des attitudes avec précision et offrant de séquences d’action parfaitement découpées (grand cases, sorties de bordures, perspectives bien marqués…) et savamment amenées.
Rien ne dépasse, rien ne trébuche, Mushoku Tensei Le Magicien déchu est un manga à licence venant compléter une œuvre déjà bien généreuse (la série principale se poursuit au-delà de son 25eme tome) mais réussit à trouver sa place et à offrir un angle légèrement inédit et une finition plus qu’agréable. Il est aussi étonnement accessible à tous, même aux néophytes qui peuvent y trouver une porte d’entrée bien sympathique.




