TOKYO JOE

États-Unis – 1949
Support : Bluray & DVD
Genre : Policier
Réalisateur : Stuart Heisler
Acteurs : Humprey Bogart, Alexander Knox, Florence Marly, Sessue Hayakawa, Jerome Courtland, Gordon Jones…
Musique : George Antheil
Durée : 88 minutes
Image : 1.33 16/9
Son : Français et Anglais DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Editeur : Sidonis Calysta
Date de sortie : 16 juin 2020
LE PITCH
Joe Barrett revient à Tokyo après la guerre et retrouve la femme qu’il aimait et qu’il croyait morte. Pour donner un nom à l’enfant qu’elle attendait, Trina s’est mariée avec Mark Landis. Joe souhaite récupérer Trina. Celle-ci lui révèle que sa fille Anya est sa propre fille. Joe va alors accepter de travailler pour le compte du baron Kimura, un baron de la pègre locale…
Play It Again
Humphrey Bogart imper impeccable, chapeau vissé sur la tête. Bogart gérant d’un tripot dans une ville loin de son pays, Humphrey enfin, attendant seul un avion sur une piste d’aérodrome. Non, nous ne sommes pas à la fin de Casablanca mais bien au début de Tokyo Joe, déclinaison à peine cachée du chef-d’œuvre impérissable de Michael Curtiz.
Les années 40 ont été un véritable tournant dans la carrière de l’acteur. Figure déjà emblématique du cinéma américain, immortalisé par son rôle de Samuel Spade dans le non moins iconique Faucon Maltais de John Huston. Il avait su donner ses lettres de noblesse aux films noirs. Continuant de travailler son image au fil des films, il n’allait pas tarder à pousser son concept de dur au cœur tendre au sommet en lui insufflant une image romantique face à Ingrid Bergman dans le susnommé Casablanca. Cette marque de fabrique, il la peaufinera avec plus ou moins de bonheur au gré des années. Ce Tokyo Joe au scénario à l’air de déjà-vu en est un bon exemple dans la carrière de l’acteur ici producteur. Jugez plutôt. Bogart débarque non plus au Maroc mais au Japon où jadis il y tenait un cabaret : le Tokyo Joe (en lieu et place du célèbre Rick’s café). Il y retrouvera sa dulcinée. Celle-ci à présent mariée roucoule de bonheur. Mais l’arrivée de Bogart refera vivre de vieux souvenirs qui risquent de bouleverser ce bonheur. Arrivera-t-il à s’effacer pour le bien de tous ? Toute ressemblance ne serait donc pas tout à fait fortuite et nous serions vite tentés de jouer aux jeux des ressemblances durant toute la vision du film.
Tokyo fist
Le côté anecdotique avec ce film mais qui a son importance est qu’il fut le premier à avoir été tourné dans le Japon d’après-guerre. Ce qui lui confère encore aujourd’hui une valeur quasi-documentaire bien que daté. Idée renforcée par ses propos sous-jacents mais historiques avec la présence de l’armée américaine au pays du soleil couchant pour soi-disant aider le pays à se relever (après l’avoir atomisé). Cette partie non négligeable du tournage incomba comme l’on se doute à la seconde équipe chargée de s’occuper de ses extérieurs. Le réalisateur ayant d’autres chats bien plus gros à traiter. Il va avoir la lourde charge d’orchestrer tous les impondérables du tournage. Entre conflits avec ses scénaristes qui n’en faisaient qu’à leur tête et des choix pas toujours judicieux dans le casting ; Stuart Heisler a fort à faire. L’actrice Florence Marly n’a pas le charisme suédois de la divine Ingrid Bergman et le scénario ne brille pas par son originalité. A force de couper en salle de montage, son film sera trop étriqué pour le format long-métrage. Heureusement pour le réal, le montage est son premier métier et il sait comment y remédier. Avec l’aval de Bogart, ils vont repartir en campagne avec pour objectif de trouver des scènes additionnelles. La plus belle d’entres toutes sera incontestablement celle d’incorporer une scène de bagarre mettant en scène son acteur principal. Comme l’action est censée se dérouler aux pays des arts martiaux, Tokyo Joe va nous offre une scène anthologique où Humphrey Bogart se la joue karateka (enfin, sa doublure) à faire pâlir ce saumon sauvage de Steven Seagal. Inénarrable. D’ailleurs, pour s’excuser d’avoir embarqué son réalisateur dans cette galère, celui-ci fera amende honorable en faisant de nouveau appel à lui pour le diriger dans son prochain film : Pilote du diable.
Alors même si le film semble plutôt bien ficelé malgré son manque flagrant d’imagination et même si l’ombre menaçante de Casablanca plane d’un bout à l’autre du métrage, retrouver Bogart en bad boy dans les bas fonds de Tokyo reste l’argument numéro pour visionner le film. Banzai !
Image
Contrairement à son habitude, l’éditeur n’a certainement pas été en mesure de nous proposer une copie restaurée récemment. Bien que travaillée, celle-ci se trouve souvent être granuleuse, argentique oblige. Les contrastes, quant à eux sont parfaitement maitrisés et c’est là l’essentiel.
Son
En mono DTS, la balance est plus que correcte. Nette et audible sur la VO comme sur la VF (bien qu’un peu plus sourde), celle-ci n’a rien d’embarrassante lors de la vision du film.
Interactivité
Fidèle à son habitude, Maître Tavernier nous livre avec délectation des anecdotes de tournage que sa mémoire encyclopédique aime nous rappeler. De son coté, son copain Guerif préfère s’attarder sur les nombreux parallèles entre ce film et le classique de Curtiz Casablanca.
Liste des bonus
Présentation de Bertrand Tavernier (32’), Présentation de François Guérif (7’).






