THE MIST

Etats-Unis – 2007
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Frank Darabont
Acteurs : Thomas Jane, Marcia Gay Harden, Laurie Holden, Andre Braugher, Toby Jones, William Sadler, Jeffrey DeMunn…
Musique : Mark Isham
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais Dolby Audio TrueHD 7.1 et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 126 minutes
Éditeur : L’Atelier d’images
Date de sortie : 2 décembre 2025
LE PITCH
David Drayton et son jeune fils Billy sont bloqués dans un supermarché, entourés par une étrange brume. Alors que tous les clients, enfermés, essayent de cohabiter dans le calme, David se rend compte à travers les vitres que le brouillard semble dangereusement habité… La seule façon de s’en sortir pour les « prisonniers » : s’unir…
Dans la nuit des temps
Dernier long métrage cinéma de Frank Darabont (Les Évadés) qui s’est depuis malheureusement mis très en retrait de l’industrie, The Mist est une autre démonstration de force du cinéaste et de sa faculté à adapter comme personnes la plume de Stephen King. Un film d’horreur unique et puissant qui a depuis peu à peu regagné ses galons d’incontournable.
En seulement quatre long métrage, Frank Darabont aura adapté par trois fois des œuvres de Stephen King. Ses drames carcéraux, Les Évadés et La Ligne verte ont abordé avec brio l’écriture profondément humaniste de l’auteur, mais The Mist est un projet qui tenait encore plus à cœur au cinéaste, qui en travaillait la version cinéma depuis plusieurs années avant d’en trouver enfin le financement, même modeste, car en plus de confirmer son amitié et sa compréhension du romancier, il lui permettait de renouer avec ses racines de scénariste (d’excellentes) séries B. A l’origine des scripts pour Les Griffes du cauchemar (Freddy 3), Le Blobet La Mouche 2, il revient ainsi sur les terres du cinéma d’horreur mais avec sans doute une approche moins exubérante et plus adulte qui fait écho à l’atmosphère lente et pesante de la nouvelle originale : Brume. Avec quelques libertés (en particulier sur la fin, supérieure ici), il donne ainsi corps à cette étrange invasion échappée d’une brume envahissante qui frappe brutalement une petite ville américaine isolée. Peu importe finalement l’origine du phénomène (quelques pistes sont laissées au spectateur), l’important est bien entendu l’impact que la situation va avoir sur quelques clients d’un supermarché, cloitrés derrières les vitres fragiles après que quelques passant ait disparu dans le brouillard, happés par des créatures venues d’ailleurs. Comme dans le pilote de The Walking Dead (réalisé aussi par Darabont et nettement au dessus du reste de la série), la menace n’est qu’un cadre qui permet d’exacerber l’étude de caractère en poussant les tensions et la nature humaine dans ses derniers retranchements.
Anti-brouillard
La partie la plus terrifiante du film sera donc toujours la rapide montée en puissance de Mrs. Carmody (Marcia Gay Harden), illuminée du coin dont les paroles apocalyptiques vont faire échos dans les craintes de ses voisins d’infortunes, faisant d’elle un gourou sectaire et dangereux en puissance. Par de légères touches, une belle justesse dans l’écriture et les dialogues, The Mist installe solidement une galerie de personnages simples et faillibles, lâches et courageux, survivant malgré eux et dont le spectateur assiste médusé au massacre progressif, reflet d’un fatalisme noir qui nourrit tout le métrage. Sans excès gores ou facilités démonstratives, Darabont resserre constamment la pression sur ses protagonistes et l’espace du film (une grande partie en huis clôt) et orchestre avec une méchanceté savante les multiples attaques terrifiantes des bestioles (tentacules, sortes de moustiques et d’araignées géantes, titans indéfinissables…) en laissant toujours entendre qu’il ne s’agit là que de la partie émergée de l’iceberg du cauchemar. De quoi assurer que les quelques effets en images de synthèses ne subissent pas trop les coups des années, mais aussi que The Mist soit certainement plus un thriller d’épouvante, écrasant, étouffant, haletant, qu’un simple film d’horreur reposant sur ses effets. Même le cheminement du « héros » du film, soit Thomas Jane touchant en père de famille qui tient le coup pour le fiston et fait surtout ce qu’il peut, n’aura rien de la résolution classique.
Nerveux, carré, terriblement efficace, insidieusement malaisant, The Mist s’élève définitivement dans son ultime échappée, transformant le dernier élan d’espoir entre virée crépusculaire dans un monde dévasté aux proportions lovecraftiennes. Presque entièrement montée sur le morceau culte The Host of the Seraphim du groupe Dead Can Dance, ces dernières minutes renversantes de beauté morbide et de férocités cynique sont tout simplement inoubliables. Le point d’orgue du film pour Darabont qui accepta de réduire considérablement le budget et la couverture médiatique du film afin de préserver sa vision. Il a clairement bien fait et Stephen King fut le premier à la reconnaitre.
Image
Cas relativement compliqué, The Mist a été capturé sur pellicule 35mm mais achevé en définition 2K pour les effets spéciaux et l’étalonnage, ce format restant alors la norme pour le film. C’est à partir de cette source là que la version 4K a été produite. Une copie upscallée donc mais largement remaniée, rééquilibrée et élégamment renforcée par un traitement Dolby Vision / HDR qui donne clairement un meilleur équilibre aux couleurs légèrement fanées, ou plus de fermeté au noir et blanc de la version alternative du film. Dans les deux cas, le grain presque 70’s, est toujours très présent, organique, vibrant mais aussi volontairement fluctuant (intérieurs vs extérieurs) et la définition générale bien plus poussé et détaillée, pour un résultat supérieur à l’ancien Bluray. On notera une patine légèrement plus douce sur la version noir et blanc avec pourtant des effets spéciaux numériques sensiblement plus détachés du reste.
Son
Bizarrement pas de Dolby Atmos pour l’édition française mais heureusement le Dolby Audio TrueHD 7.1, un tout petit cran en dessous, propose une dynamique soutenue, très naturelle et nerveuse qui appuie autant les atmosphères angoissantes du film que les quelques apparitions de créatures. Le caisson de basse accompagne avec force la masse de certains monstres, tandis que la voix de Lisa Gerrard s’élève magnifiquement pour la dernière bobine. La piste française DTS HD Master Audio 5.1 s’en sort tout à fait bien avec une amplitude des plus efficaces, seule l’interprétation pas toujours juste gâche un peu.
Interactivité
L’Atelier d’image rattrape ici largement les anciens manquements de l’édition Bluray de TF1 Vidéo en proposant enfin en France la version Noir et Blanc voulue par le réalisateur, le rapprochant alors d’expérience comme La Nuit des morts vivants, qui plus est désormais autant en 4K sur son disque UHD qu’en 2K sur son propre Bluray.
Bonne nouvelle aussi pour le commentaire audio réunissant le réalisateur, particulièrement loquace, et sa productrice, qui fait revivre toutes les étapes qui ont mené à la naissance du projet (adaptation de la nouvelle…) que le tournage lui-même et l’appréhension des nombreux effets spéciaux. Passionnant et proposé en version sous-titré SVP ! Pour le reste on retrouve les bonus déjà connus, mais toujours très intéressants avec un making of très complet, une conversation rayonnante entre Darabont et son pote Stephen King, quelques scènes coupées commentées par le cinéaste, un détour par le tournage de la séquence la plus spectaculaire du film ou par le travail de l’artiste Drew Struzan (responsable d’une des affiches et dont on observe surtout le travail dans la première scène du film) et quelques featurettes complètent le tableau.
Et comme souvent L’Atelier d’images y ajoute son petit grain de sel avec une présentation inédite du film par Julien Dupuy. Un journaliste toujours aussi volubile qui résume très efficacement presque toutes les informations contenues dans les autres bonus (proximité entre Darabont et King, fin remaniée, budget limité, difficulté de production, choix esthétiques…) tout en l’agrémentant d’un regard plus complet sur la carrière du cinéaste et la grande réussite que reste The Mist, peu à peu redécouvert loin de sa sortie trop confidentielle.
Liste des bonus
L’UHD et le Bluray de la version noir et blanc, Commentaire audio avec Frank Darabont et Denise Huth (prod.) (VOST), « Concilier série B et film d’auteur » : Présentation du film par Julien Dupuy (48’), « Quand viennent les ténèbres » : Making of (37’), Conversation entre Stephen King et Frank Darabont (12’), Scènes supprimées avec commentaire audio optionnel de Frank Darabont (14’), « Apprivoiser la bête » : Making of de la scène 35 (12’), « Appréciation d’un artiste » : Commentaires de Drew Struzan (7’), « Les Monstres sont parmi nous » : Les effets spéciaux et les créatures (12’), « L’Horreur en grand » : Les effets visuels (16’), Webisodes (10’), Bandes-annonces du film (7’).







