THE LODGE

Royaume-Uni, Canada, États-Unis – 2019
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Severin Fiala, Veronika Franz
Acteurs : Riley Keough, Richard Armitage, Jaeden Lieberher, Lia Mchugh, Alicia Silverstone…
Musique : Danny Bensi, Saunder Jurriaans
Durée : 108 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Éditeur : Metropolitan Film & Vidéo
Date de sortie : 15 juillet 2020
LE PITCH
Peu avant Noël, un frère et sa sœur sont envoyés dans un chalet isolé en montagne avec leur nouvelle belle-mère au passé inquiétant. Entre les enfants et la jeune femme s’installe un climat de suspicion réciproque. Un matin, tous trois découvrent le chalet totalement vidé : plus de nourriture, de téléphone, de vêtements. Bloqués par la neige au milieu de nulle part, ils vont être le jouet de forces obscures.
Dernier Noël en famille
Chaudement remarqué par leur premier long métrage Goodnight Mommy ! le duo de réalisateurs autrichiens Severin Fiala et Veronika Franz répondent aux sirènes de la production internationale pour un second essai toujours aussi troublé et écrasant. Mais avec ce petit effet de déjà vu en plus.
Une certaine constante d’ailleurs dans les filmographies de jeunes réalisateur européens qui finalement s’efforcent dans leur première marche vers la gloire américaine de rejouer avec des codes plus standards de mêmes thématiques, de mêmes obsessions visuelles. Et pourquoi pas. Si on attendait le duo sur une production A24 (The Witch, Midsommar…) ce n’était sans doute pas pour rien tant leur obsession formaliste aux élans kubrickiens et les réflexions douloureuses sur la cellule familiale s’y seraient prêter facilement. En l’occurrence The Lodge est peut-être une coproduction moins identifiée (avec tout de même la présence de la moderne Hammer au second plan), mais il reste certainement dans la mouvance des films d’horreur sophistiqués et intellectualisés d’Ari Aster. En particulier du terrifiant Hérédité auquel il ressemble beaucoup. Peut-être même parfois un peu trop. Cela n’empêche pas cependant l’exercice d’être particulièrement prenant (dans une certaine mesure du moins) en rejouant à sa façon un grand classique du genre – l’enfermement dans une demeure en bois en plein cœur d’un désert de neige – qui sert de catharsis, d’ultime crispation, à la relation impossible entre une belle-mère et ses deux beaux-enfants qui lui reprochent le suicide de leur mère (Alicia Silverstone, inattendue).
La Classe de neige
La disparition de tous les objets personnels et de la nourriture en une nuit, les étranges voix qui résonnent dans le bois, la tempête de neige et les crises de somnambulisme d’une Riley Keough (Under The Silver Lake, Mad Max Fury Road) rescapée du suicide collectif d’une secte évangéliste, ajoutent forcément autant au mystère qu’à l’atmosphère oppressante et inquiétante. Le décor de huis-clos, constamment souligné par des cadres oppressants et de très gros plans obstruants jouent alors sur la symétrie avec une maison de poupées qui annonce régulièrement la catastrophe domestique à venir. A la fois moderne dans son implication psychologique et classiquement gothique dans sa réalisation, The Lodge est un film élégant, souvent efficace dans sa mise en place d’une angoissante croissante, son glissement vers une folie glacée, mais qui justement ne compense pas sa froideur par une terreur viscérale sous-jacente ou une variation malsaine, qui viendrait la tempérer. En particulier dans son dernier tiers où les fils tendus révèlent un nœud que le spectateur suspectait depuis bien longtemps, sorte d’arroseur arrosé en beaucoup moins drôle, sans qu’un ingrédient perturbant ne vienne ébranler la leçon finale. Quand on cite ouvertement The Thing c’est tout de même un peu dommage… mais c’était aussi s’attaquer à un très gros morceau et de ce coté là The Lodge a juste eu un peu les yeux plus gros que le ventre.
Image
Tourné sur pellicule 35mm, The Lodge apporte en Bluray une matière tout à fait réjouissante avec son léger grain marqué sur les arrières plans et sa précision chirurgicale sur les gros plans ou les décors aux contrastes tranchés. Les couleurs ont beau travailler une certaine homogénéité de gris, la palette reste riche de variations et détails. Les reflets argentiques apportent d’ailleurs une évidente aura aux constructions et aux intérieurs. On regrettera cependant quelques apparitions de macroblocking dans les séquences les plus sombres qui viennent non pas de l’éditeur mais bien de la copie source.
Son
Plutôt fins et subtils les mixages DTS HD Master Audio 5.1 savent jouer eux aussi sur la montée en tension avec une mise en avant des dialogues et une certaine frontalité dans un premier temps, qui sera progressivement étoffée par des effets d’ambiances bien amenés et de plus en plus enveloppants. Pas de gros sons et de gros effets, mais une atmosphère bien lourde.
Liste des bonus
Aucun.







