CONFESSION À UN CADAVRE

The Nanny – Royaume-Unis – 1965
Support : Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Seth Holt
Acteurs : Bette Davis, Wendy Craig, Jill Bennett, William Dix, Pamela Franklin
Musique : Richard Rodney-Bennett
Durée : 91 min
Image : 1.33 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : France
Éditeur : ESC Films
Date de sortie : 24 juillet 2020
LE PITCH
Au terme d’un traitement de deux ans dans un institut spécialisé, le jeune Joey rejoint ses parents au domicile familial. Le petit garçon de dix ans manifeste aussitôt une grande hostilité envers sa nounou, refusant jusqu’aux repas qu’elle lui prépare et l’accusant même d’avoir, deux ans plus tôt, provoqué la mort par noyage de sa petite sœur. Une disparition dont Joey porte toujours le poids de la culpabilité. Constamment sur la défensive, il jure que, maintenant, c’est à son tour. Que sa nounou chercherait à le tuer…
Pièce rapportée
Lorsque l’une des plus grandes stars du cinéma hollywoodien rencontre le mythique studio anglais de la Hammer en 1965 cela fait de sacrées étincelles. Un thriller impeccable et perturbant, cruel et forcément porté par une interprétation puissante et flippante. Un petit bijou sans doute trop méconnu.
Toujours avide de nouvelles têtes d’affiches et de contrats plus juteux avec les distributeurs américains, la Hammer a le nez creux lorsqu’elle réussit à convaincre la grande Bette Davis de collaborer avec eux. Une actrice à la longévité impressionnante (elle a débutée en 1931 !) qui vient de se découvrir un second souffle dans la confrontation hystérique avec sa meilleure ennemie Joan Crawford dans Qu’est-il arrivée à Baby Jane ? Une icône qui a vieilli certes mais qui ne cherche pas à le dissimuler et s’engouffre même plus que jamais dans des rôles de « méchantes » ou en tout cas de créatures inquiétantes, loin du glamour d’autrefois. En nounou de famille bourgeoise installée depuis deux générations au moins, les cheveux tirés, la robe droite et grise, le visage indescriptible, Davis est parfaite dans The Nanny (devenue de façon improbable Confession à un cadavre en France), curieux drame familial qui l’oppose à un gamin d’une dizaine d’année, William Dix (revu dans le Dr Dolittle original) accusé de la mort accidentelle de sa petite sœur. L’une a la main mise sur une famille qu’elle ne cesse d’infantiliser, de rendre dépendante, l’autre a ses airs des sales gosses contre lui et un âge qui provoque, forcément, une certaine méfiance concernant ses accusations de plus en plus claires. Intégré à la collection de thrillers psychologiques de la Hammer, prônant fièrement un noir et blanc marqué et un maniérisme citant directement le Psychose d’Alfred Hitchcock, The Nanny sait intelligemment ménager ses effets, construisant lentement mais surement une tension palpable, un malaise puis enfin une authentique angoisse lorsque la folie s’empare définitivement du prédateur aux manières pourtant si douce.
Presque un membre de la famille
Pas de regards excessifs, de grimaces ou de masques caricaturaux, l’interprétation de Davis est tout en fausse douceur, en ambigüité, déstabilisante par cette voix de « petit fille » tout fragile, ses avancées autoritaires et quelques glissements définitivement malsains. En particulier envers la mère de Joey, victime presque consentante, femme au foyer ne gérant plus le foyer et subissant les colères froides de son maris absent. Si le rare réalisateur Seth Holt a prouvé à de multiples reprises qu’il était un artisan solide, déjà pour la Hammer avec Hurler de peur ou à la télévision avec Destination Danger, il se découvre ici des capacités inconnues dans son utilisation impressionnante de la profondeur de champs (la fameuse scène de la salle de bain) et sa gestion d’un espace réduit le plus souvent à l’appartement familial. Mais définitivement The Nanny porte surtout la signature de son producteur et scénariste Jimmy Sangster, pilier de la Hammer responsable des scripts de Frankenstein s’est échappé et Le Cauchemar de Dracula (entre autres), qui réussit une nouvelle fois à marier production d’horreur avec réflexion sociale et sociétale. Les figures bourgeoises et paternalistes de l’empire british d’autrefois semblent s’effondrer devant les yeux du spectateur alors que le jeune héros, et sa voisine du dessus un poil délurée, prennent les choses en mains avec une décontraction étonnante. Victime plus que bourreau, la Nanny, dont c’est le seul nom, se révèle ainsi dans un flashback final d’une violence morale imposante, et fait définitivement de cette créature monolithique, une figure tragique, aux faiblesses déchirantes.
Un essai remarquable qui sera reconduit trois ans plus tard avec l’inédit (chez nous) The Anniversary, farce beaucoup plus grandiloquente et rôle plus machiavélique encore pour Bette Davis, mais tout aussi savoureux.
Image
Distribué il y a deux ans sous la forme d’un DVD par le même éditeur, Confession à un cadavre gagne des galons en atteignant l’étape HD. Le master vidéo reste cependant identique avec quelques taches et griffures encore présentes et surtout une remasterisation plus évidente désormais. Les soucis de compression, les petits amas neigeux sont largement moins marqués en Bluray, mais on remarque encore un léger bruit et quelques artefacts malheureux. Heureusement ce genre de choses se cache souvent très facilement dans les cadres noirs et blancs.
Son
On notera ici la disparition du doublage français d’époque. Ne reste plus que la version originale en mono d’origine légèrement rehaussé. Le son est clair et direct et ne se laisse agresser que par de rares petits effets de saturation.
Liste des bonus
Aucun.





