RENTAL FAMILY

États-Unis, Japon – 2025
Support : Bluray
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Hikari
Acteurs : Brendan Fraser, Mari Yamamoto, Takehiro Hira, Shinji Ozeki, Shannon Mahina Gorman, Takao Kin, Akira Emoto, Risa Kameda…
Musique : Jon Thor Birgisson, Alex Somers
Image : 2.00 16/9
Son : DTS Master Audio 5.1 anglais, Dolby Digital 5.1 Français, Allemand, Italien…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Italien…
Durée : 110 minutes
Éditeur : 20th Century Studios
Date de sortie : 10 juin 2026
LE PITCH
Tokyo, de nos jours. Un acteur américain qui peine à trouver un sens à sa vie décroche un contrat pour le moins insolite : jouer le rôle de proches de substitution pour de parfaits inconnus, en travaillant pour une agence japonaise de « familles à louer ». En s’immisçant dans l’intimité de ses clients, il commence à tisser d’authentiques relations qui brouillent peu à peu les frontières entre son travail et la réalité. Confronté aux complexités morales de sa mission, il redécouvre progressivement un but, un sentiment d’appartenance et la beauté sereine des relations humaines.
Le jeu des autres
Révélée par le drame 37 Seconds puis croisée sur les séries Tokyo Vice et Acharnés, la réalisatrice japonaise Hikari (Mitsuyo Miyazaki de son vrai nom) revient avec un nouveau joli film plein de tendresse et d’émotions, où Brendan Fraser poursuit son voyage retour d’acteur miraculé.
Par sa masse toujours impressionnante (mais moins maladive que dans The Whale) et la sincérité qu’il semble constamment exhaler, Brendan Fraser est le point d’encrage du film. Un corps qui occupe l’espace, souvent maladroitement, figure de l’américaine dans un pays, le Japon, qui est loin du paysage cosmopolite. Un esprit aussi puisque ce portrait tout en sensibilités d’un acteur en mal de carrière, cherchant sa place et son personnage, peut offrir à plus d’une occasion quelques parallèles avec sa propre trajectoire. Étonnant d’ailleurs de découvrir que l’une des scènes coupées, témoignage vibrant d’une collègue qui avoue s’être retrouvée tétanisée face aux harcèlements de producteurs pervers, fait directement écho aux révélations tragiques qu’avait faites Fraser. Mais même sans ce reflet, il y a constamment cette idée omniprésente d’un homme au besoin de se réinventer. Il va d’ailleurs se découvrir une connexion particulièrement touchante avec un vieil acteur, joué par l’immense Akira Emoto (Docteur Akagi, Shin Godzilla, Zatoichi…), persuadé d’être tombé dans l’oubli et s’efforçant avec mélancolie de renouer avec son passé.
Lost in Translation
Ce Phillip Vanderploeg est donc un homme qui travail pour une agence fournissant des « acteurs » de remplacement, venant remplir des vides dans la vie des uns et des autres, mais naturellement ces rapprochements au départ falsifiés, glissent progressivement vers une nouvelle forme de rapprochement et un outil personnel pour se redécouvrir. Ce sera en particulier le cas avec la petite Mia, dont il doit se faire passer pour le père afin de lui permettre d’obtenir l’accès à une grande école. La douleur des deux personnages et la tendresse qui affleure peu à peu dans leurs rendez-vous et rencontres, renvoient inévitablement le protagoniste à sa propre solitude, son manque de contact avec son propre père et son désir, inexprimé, d’avoir lui-même des enfants. Le talent de Rental Family est de réussir à aborder ce petit drame presque joyeux sans jamais tomber dans le misérabilisme ou les excès de pathos. Les personnages, principaux ou secondaires, sont toujours très bien écris, multi-facettes et émouvants, profitant d’une interprétation générale de très haute tenue, menée par un Brendan Fraser qui retrouve véritablement toute la subtilité qui était la sienne, au-delà des comédies La Momie ou George de la jungle, soit le versant Ni dieux ni démons, avec un nouveau regard plein de pudeur. Avec une mise en scène épurée qui se veut là aussi pleine de tact, mettant en avant l’humain et l’émotion, Hikari construit un « feel good moovie » plein de lumière, presque solaire, ou in fine tout le monde gagne à l’expérience et avance dans le bon sens.
C’est sans doute là la petite limite du métrage qui ne veut jamais vraiment creuser dans la douleur et préfère les résolutions simples et douces plutôt que la véritable complexité de l’existence. Mia accepte bien généreusement le mensonge dont elle a été victime, Phillip se sort un peu trop facilement du quiproquo judiciaire dans lequel il s’est mis, les collègues sont rapidement en adéquation avec sa remise en cause de leur mission… Choix et conséquences ne portent jamais vraiment à préjudice ici. Rental Family est au moins un petit film qui fait beaucoup de bien.
Image
Rental Family a été capturé en source 4K sur des caméra Arri Alexa et on reconnait autant l’imposante netteté que les textures lumineuses et pointues parfaitement numériques. L’image est donc on ne peut plus contemporaine avec ses lumières le plus souvent assez crues, mais toujours teintées d’une légère douceur. En dehors de quelques intérieurs plus sombres (et un poil plus laiteux) et des visites amoureuses baignant dans un rose naïf, l’esthétique du film est assez égale et s’appuie sur une source HD d’excellente tenue, solide et précise.
Son
On n’en attendait pas forcément des merveilles de dynamisme et d’impact, mais le DTS HD Master Audio 5.1 attaché à la vo croisant dialogues anglais et japonais, permet une écoute confortable avec un son clair, équilibré et surtout doté d’un naturel bien agréable. Les ambiances ne sont pas en reste avec des environnements urbains ou champêtres qui s’installent délicatement sur les enceintes. Rien à redire. La version doublée française Dolby Digital 5.1 avec ses changements de voix pour les passages en japonais vo et un mixage plus restreint semble alors anecdotique.
Interactivité
Deux segments seulement dont un making of d’une dizaine de minutes qui a tendance forcément à passer très rapidement sur tous les sujets. On profite tout de même de quelques interviews très agréables, de petits retours sur les acteurs et leurs personnages et sur le ton délicat du métrage. Peut-être un peu plus intéressantes, les scènes coupées donnent plus de présence à certains personnages secondaires (celui de Aiko en particulier), créent quelques parallèles avec des scènes gardées dans le métrage (l’idée du miroir, l’appel du père…) et plus généralement ont des petites pointes dramatiques plus prononcées. A se demander si certaines n’auraient pas dû être préservées…
Liste des bonus
« Les Secrets de « Rental Family – Dans la vie des autres' » : Coulisses du film avec Brendan Fraser, Hikari et le casting japonais (10′), 9 scènes coupées / rallongées (17′).







